Martyrs de Casamari
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Décès | |
|---|---|
| Activité |
| Ordre religieux | |
|---|---|
| Étape de canonisation | |
| Fête |
Les martyrs de Casamari sont six moines, Siméon Cardon et ses compagnons, religieux cisterciens, tués par des soldats français en dans l'abbaye de Casamari.
Ils sont reconnus martyrs par l'Église catholique, leur béatification a lieu le . Leur fête est le .
Pendant les guerres napoléoniennes, début 1799, les troupes françaises occupent le royaume de Naples. Attaquées par l'Autriche, elles font retraite vers le nord, et se livrent alors à diverses exactions, notamment à l'encontre des abbayes, des monastères[1]. Après avoir pillé l'abbaye du Mont-Cassin, les soldats français investissent le l'abbaye de Casamari[1], peu avant les complies.
Ayant entendu parler des ravages effectués, la plupart des religieux préfèrent s'échapper[2]. Six choisissent de rester : le prieur Siméon Cardon, les frères Mathurin Pitri, Domenico Zawrel, Modeste Burgen, Albertino Maisonade et Zosimo Brambat[2].
Les religieux restants accueillent les soldats[2] et les nourrissent[3]. Mais les soldats recherchent les objets précieux comme les ciboires et les calices[1], démolissent le tabernacle pour les trouver, et répandent les hosties à terre.
Les moines veulent défendre l'eucharistie de la profanation, et récupérer les hosties tombées à terre, mais ils sont attaqués par les soldats, et sont blessés mortellement, au sabre et à la baïonnette[1],[2]. La plupart meurent de leurs blessures le soir même ou dans la nuit, un autre le lendemain, et le sixième trois jours plus tard[2]
Martyrs
- Ignace Alexandre Joseph Cardon nait à Cambrai le . Moine bénédictin à l’abbaye de Saint-Faron de Meaux depuis , il est ordonné prêtre à Paris en 1787. Lorsqu’éclate la Révolution, il enseigne les sciences humaines à l’abbaye de Saint-Denis[1]. Dès 1791, il prête le serment à la Constitution civile du clergé. Il est élu curé constitutionnel de Sommières, le . Le , il épouse civilement Marie Théodore Legrand-Féréol, native de Paris et religieuse ursuline sortie du couvent de Sommières[1]. Il démissionne de ses fonctions de curé le pour se consacrer pleinement à une carrière politique qui avait débuté dès . Il est élu le officier public, et le agent national[1]. Il est aussi président de la société des sans-culottes de Sommières[1]. Le , il quitte Sommières comme capitaine de convoi. Il est alors employé dans les transports militaires à Nice, en Ligurie, à Finale et à Albenga[1]. Tombé malade pendant l’été 1795 à Laigueglia, il y reste immobilisé près de trois mois. C’est de là qu’il se rend à Rome en pénitent. En , ayant confessé son passé révolutionnaire, il demande à reprendre une activité monastique. Pardonné, il entre en , à l’abbaye de Casamari, en tant que novice, sous le nom de Simeone-Marie. Sans doute pour éviter des tensions avec les autres moines dont certains avaient fui la France révolutionnaire, son passé n’est pas rendu public[4]. Il prononce ses vœux solennels le . Il est nommé économe, puis prieur de la communauté. Le , un groupe de soldats français qui se retiraient de Naples fait irruption dans l’abbaye et massacre six moines, dont Siméon. Blessé, il agonise jusqu’au matin du . Le Général Thiébault, arrivé dans la nuit, recueille ses dernières paroles, dans lesquelles il pardonne à ses bourreaux[5]. Dans l’église Saint-Pons de Sommières, une chapelle contenant des reliques du Bienheureux Siméon Cardon, ainsi qu’une icône, a été bénie par Mgr Brouwet, évêque de Nîmes, en présence du Père Pierdomenico Volpi, moine de Casamari et postulateur des cisterciens, le .
- Domenico Maria Zawrel naît en 1725 à Cadovio (Chodov)[1], originaire de la Bohême[2], et devient dominicain avant d'opter pour la vie monastique, entrant à l'abbaye de Casamari en 1776 où il prononce ses vœux en 1777[1]. Il est tué le soir du [1].
- Albert Marie Maison est d'origine bordelaise. Il quitte la France pendant la Révolution, et entre en 1792 à l'abbaye de Casamari, où il fait profession le . Il est tué le de deux coups de pistolet, devant le Saint-Sacrement.
- Zosimo Maria Brambat, Milanais, entre en 1792 à l'abbaye de Casamari et y fait sa profession simple en 1795. Gravement blessé le , il meurt le en essayant de rejoindre la ville de Boville Ernica pour y recevoir les derniers sacrements[1].
- Modeste Marie Burgen est bourguignon et devient trappiste à l'abbaye de Sept-Fons, qu'il quitte au début de la Révolution pour rejoindre l'abbaye de Casamari en . Il y prononce ses vœux l'année suivante. Il est tué par les soldats français le [1].
- Maturin Pitré est né à Fontainebleau. Enrôlé dans l'Armée française pour la Campagne d'Italie, il y tombe malade. Guéri, il entre en à l'abbaye de Casamari pour se consacrer à Dieu. Il est tué le soir du [1].