Maryse Vuillermet
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Saint-Claude
| Naissance |
Saint-Claude |
|---|---|
| Activité principale |
Auteure, écrivaine |
| Distinctions |
Docteur es lettres, Agrégée de lettres modernes |
| Langue d’écriture | Français |
|---|---|
| Genres |
Romans, récits, articles universitaires |
Maryse Vuillermet est une écrivaine française née en 1955 à Saint-Claude (Jura).
Elle a publié douze ouvrages, récits et romans. Pour la période 2016-2018, son récit Pendulaires frontaliers, les ouvriers du temps[1], Éditions la rumeur libre, 2016, a figuré dans la première sélection du prix Lettres frontière[réf. nécessaire]. Son dernier livre paru en 2025 aux Editions du Rouergue est un roman noir dont l’action se situe au cœur du Haut-Jura.
Jeunesse
Maryse Vuillermet est née à Saint-Claude dans le Jura en 1955. Elle a enseigné le français en Algérie, puis à Dunkerque, Saint-Etienne, Givors et Lyon. Agrégée de lettres modernes, elle a très vite constaté que dans les livres qu’elle lisait, on ne parlait jamais de son monde, d’une petite ville industrielle de montagne qui se vide peu à peu de ses industries et de ses habitants. Elle a continué à chercher dans la littérature jusqu’à passer en 1998 une thèse de doctorat de lettres portant sur Claire Etcherelli qui, dans Élise ou la vraie vie, fut la première à parler de l’usine de l’intérieur[2]. Ses recherches universitaires, (elle a publié de nombreux articles sur le roman prolétarien, le néopolar, le roman paysan), comme son œuvre romanesque sont toute entières tournées vers le monde ouvrier, et les migrations du travail.
Ecriture
Elle publie en 2002 chez L’Harmattan, Mémoires d’immigrés valdotains, en 2006 Et toi, ton pays, il est où ?, en 2010 Retour vers les Hautes Combes et Naven, parcours de bonnes lyonnaises, et en 2012 George Besson, vendeur de pipes, ami des grands peintres.
Peu à peu, son univers d’écriture se précise : un récit qui doit à la fois à une recherche documentaire sur une réalité du monde du travail et à une recherche formelle pour dire ce réel.
C’est ainsi que Pars ! Travaille ! publié en 2012, à la Rumeur Libre, décrit l’écartèlement entre deux mondes, la faille béante où naissent ensemble la tristesse et l’écriture. Voici ce qu'en dit Lucien Waselin dans le n°1033 de la revue Europe « Mais ce qu’il faut retenir de ce récit, c’est avant tout qu’on vit toujours dans « le Temps du rêve », qu’on n’arrête jamais d’y voyager. L’immigré est un Aborigène, et réciproquement. Retenir aussi ces mots situés à la fin du livre : « la pierre, c’est d’arriver à dire les ouvriers, qu’ils ont perdu l’espoir, qu’ils font patrie de moi, que je les ai toujours avec moi, qu’on revient toujours à sa classe sociale, qu’on franchit toutes les barrières sans jamais lâcher le fil… » Tout est dit (ou presque) reste alors à lire Pars ! Travaille ! »[3].
Pendulaires frontaliers, les ouvriers du temps est publié en 2014 à la Rumeur libre[4]. A propos de cet essai, la chroniqueuse Elmone Treppoz dit qu’elle invente un nouveau genre: « Aux confins de plusieurs genres, roman, document, récit, surgit ici un genre nouveau, riche de tous les autres. Il faudrait pouvoir le nommer"[5]. Pour Corinne Grenouillet sur le site Nonfiction : " le livre de Maryse Vuillermet, paru lui aussi dans une maison d’édition modeste publiant des ouvrages soignés (La Rumeur libre), témoigne de la vitalité non encore démentie des écritures soucieuses du monde ouvrier, malgré les nuages qui assombrissent ce dernier aujourd’hui et les stigmates qui l’accablent. Ses Frontaliers pendulaires proposent la traversée sensible d’une condition laborieuse méconnue »[6]. Ce récit a fait partie de la présélection pour le Prix Lettres Frontières en 2017, et a fait l'objet d'une émission de radio chez R.C.F.. Avec Pars travaille paru aussi aux éditions la rumeur libre, il est cité dans une émission de France-Culture consacrée aux travailleurs italiens frontaliers.
Patrick Laupin dit d'elle que de livres en livres, « elle confie son peuple à l’oreille. Elle écrit sa fresque, sa légende »[7].
Après 2016, son écriture se diversifie, des textes brefs dans 50 bonheurs à portée de main publié chez Chronique sociale en 2019, un premier roman noir, Des oiseaux sur un livre chez L’Harmattan en 2020 situé dans le monde des bouquinistes et un recueil de témoignages de femmes dont le prénom est Françoise, Le livre des Françoise, L’harmattan 2021. Le vain combat paru à La rumeur libre en 2021 est un récit intime, un ami d’une victime de pédophilie confie ses remords de « n’avoir rien vu, rien entendu », ce roman est écrit d’après plusieurs faits divers. En 2022, son premier récit Mémoires d’immigrés valdotains est traduit en italien sous le titre Della fame al paradiso, par Claudio Panella et Silvia Nugara, aux éditions Fusta.
Mais c’est avec Lapiaz paru en 2025 aux Editions du Rouergue qu’elle accède à la reconnaissance du milieu littéraire. Salué par de nombreux articles dans La libre Belgique[8], Ouest France[9], Les échos[10], Libération[11] et sur France inter[12], ce roman retrace la rencontre d’une famille paysanne vivant dans un hameau isolé dans les montagnes du Jura et un couple de jeunes vite appelés les hippies qui rêvent de s’y installer, croyant trouver là le paradis perdu. De leur confrontation, naît une tension qui va tourner au drame. La critique salue la singularité du milieu décrit « Dans Lapiaz, Maryse Vuillermet s’intéresse aux gens de peu »[8]. « Avec « Lapiaz », Maryse Vuillermet livre un roman noir, rempli de personnages tourmentés. Le Jura, ses forêts, sa nature, ses fermes isolées sont au cœur du dernier roman de Maryse Vuillermet, « Lapiaz », situé dans les années 70.»[9]