María Teresa Uribe
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Guillermo Hincapié Orozco (en) |
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María Teresa Uribe de Hincapié, née le à Pereira et morte le à Medellín est une sociologue colombienne. Elle est connue pour ses recherches sur la construction de l'État colombien, les conflits armés et la violence que le pays a subi et l'étude du processus de post-conflit.
María Teresa Uribe naît le à Pereira[1]. Son enfance est marquée par la violence qui arrive régulièrement aux portes du cabinet de son père, médecin libéral et socialiste, qu'elle aide pour soigner les personnes blessées[2]. Cet épisode est marquant dans la suite de son parcours professionnel et elle y fait régulièrement référence dans ses choix intellectuels[1]. A 19 ans, María Teresa Uribe se marie avec l'ingénieur Guillermo Hincapié Orozco (es) et le couple déménage à Medellín (dont son mari est un temps maire) où ils ont trois enfants[3],[4]. Elle reprend des études de sociologie à l'Université pontificale bolivarienne et obtient une maîtrise en urbanisme à l’Université nationale de Colombie[1].
Elle travaille ensuite à l'Université pontificale bolivarienne de Medellín puis à l'Université d’Antioquia[1],[5]. Pendant plusieurs années, elle publie tous les dimanches une chronique humaniste dans le journal El Colombiano[6]. En 1998, elle doit quitter la Colombie pour l'Espagne durant six mois afin de fuir des menaces de mort[7]. Elle est ensuite revenue dans son pays pour continuer ses travaux[8].
María Teresa Uribe meurt le à Medellín ; la presse rend hommage à « l'une des intellectuelles en sciences sociales les plus importantes des dernières décennies »[8].
Travaux
Les recherches de María Teresa Uribe portent sur la violence, les conflits et la situation de post-conflit[8]. Elle s'appuie sur un travail de terrain avec une approche interdisciplinaire (historiographie, sociologie, philosophie politique, anthropologie...) qui rend difficile la catégorisation de son métier[1].
Elle montre, à travers sa reconstitution de la construction de l’État en Colombie à partir du 18e siècle, que s'applique le concept de « souveraineté violente »[1]. L’État colombien, en ne parvenant pas à assoir sa souveraineté, a conduit à une contestation de son monopole de la force par plusieurs groupes de populations, d'autant plus que le pouvoir, dans un contexte de droits humains, ne peut agir avec impunité[9]. Ses recherches pointent l'importance de la mémoire, mythique et réelle sur l'histoire, l'imaginaire et les conflits[10].
Elle étudie la violence à Medellín qu'elle relit aux inégalités et à l'exclusion de groupes sociaux dans la ville[11],[3].
Elle travaille également sur le post-conflit, montrant l'importance des récits collectifs, des auteurs comme des victimes, afin d'éclairer les actes des uns et des autres et construire une histoire nationale[7].
Engagement
Elle s'est à plusieurs reprises engagée pour une refonte des universités colombiennes[12].
Sa connaissance de la situation politique colombienne l'a conduite à participer au processus de concertation avec le Mouvement du 19 avril démilitarisé, à celui avec les milices populaires de Medellín et à l'assemblée nationale constituante[2].
Hommages et distinctions
- Antioqueña de Oro qui récompense le leadership[3]
- Doctorat honoris causa de l'Université d’Antioquia en 2015[1] ;
- Mérite universitaire Francisco Antonio Zea en 2004[8]
- Prix de la Recherche de l’Université d’Antioquia en 1999[8]