Massacre de Baena
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Le massacre de Baena se produisit à la fin du mois de juillet 1936, durant les premiers jours de la guerre civile espagnole. Des centaines de personnes perdirent la vie dans les affrontements, puis la répression, provoquées par les nationalistes.
En 1936, dans la petite ville andalouse de Baena, les tensions sociales sont vives. L'échec des tentatives de réformes agraires a laissé d'immenses tensions entre grands propriétaires et ouvriers agricoles engagés dans le mouvement social.
Déroulement des violences
Les violences commencent dès le 18 juillet 1936, jour du déclenchement du coup d’État nationaliste. Le commandant local de la garde civile, Sanchez Ramirez, prend le contrôle de la ville au nom des rebelles.
Le lendemain, 19 juillet 1936, des ouvriers agricoles de la CNT, venus des grandes plantations d’oliviers qui entourent la ville tentent de reprendre le contrôle de la ville. Mais, ils sont repoussés par les gardes civiles, aidés par des phalangistes et des propriétaires terriens. Dans l'affrontement du 19 juillet, un garde civil et onze ouvriers agricoles sont tués.
Le surlendemain, 20 juillet 1936, les ouvriers agricoles reviennent et parviennent cette fois ci à reprendre le contrôle de la ville. Ils instaurent une commune libertaire. Onze personnes, liées au camp nationaliste sont tués dans la ville les jours suivants. Les partisans du coup d’État réussissent cependant à garder le contrôle de quelques bâtiments où ils se retrouvent assiégés avec des otages.
Le 28 juillet, une colonne nationaliste, dirigée par Eduardo Sáenz de Buruaga refait basculer Baena et libère les partisans du coup d’État. Leur chef (Sanchez Ramirez, le lieutenant des gardes civiles) exécute immédiatement cinq de ces anciens otages, puis de nombreux hommes capturés par les soldats de la colonne rebelle , sur la place de la mairie.
Le même jour, les nationalistes prennent d'assaut l'hospice où se sont réfugiés des anarchistes avec des dizaines d'otages. Les nationalistes s'imposent après un bref affrontement. 81 otages sont retrouvés morts (certains tués dans l'affrontement, d'autres exécutés par les anarchistes[1]).
Sanchez Ramirez et Eduardo Sáenz de Buruaga déclenchent alors un nouveau massacre, accompagné de nombreuses violences contre les habitantes (nombreux cas de femmes violées et tondues). La violence se poursuit les semaines suivantes. Le principal propriétaire terrien de la région, Manuel Cubillo Jimenez, dont la femme et les trois fils faisaient parties des 81 otages retrouvés morts, est nommé juge militaire. Il mène une répression violente contre ceux qu'il estime hostile aux idées des nouvelles autorités. Au total, la répression nationaliste tue 700 personnes[1].
- 1 2 Paul Preston, Laurent Bury et Patrick Hersant, Une guerre d'extermination: Espagne 1936-1945, Belin, coll. « Contemporaines », (ISBN 978-2-7011-9621-3), chap. 5 (« La terreur de Queipo, les purges du Sud »)