Massif du Kemberg
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| Kemberg | |
Roche de la Pierre Percée (alt. 724 m) vue de sa base. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Altitude | 761 m[1] |
| Massif | Vosges |
| Coordonnées | 48° 15′ 15″ nord, 6° 55′ 44″ est[1] |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Département | Vosges |
| modifier |
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Le massif du Kemberg[2] est un alignement de modestes hauteurs boisées des Vosges, bordant à l'ouest la vallée de la Meurthe dans sa partie comprise entre Saulcy-sur-Meurthe et Saint-Dié-des-Vosges. D'un point de vue traditionnel, il ne comprend pas son avancée septentrionale, nommée la ou les roche(s) Saint-Martin.
Le toponyme désigne initialement l'endroit où la vallée de la Meurthe se courbe depuis le sud vers l'est, il provient de l'évolution des termes celtes cambo « courbe », cumbria « vallée », ber(g) « mont » et ola « lieu peut-être avec un qualificatif sous-entendu d'observation »[3]. La pratique vernaculaire gauloise continentale pourrait expliquer la simplification du terme final qui n'est plus que le produit de l'adjonction du terme gaulois polyvalent kamm, « courbe, changement », voire « torsion, lovement pour un corps défini et continu » à la racine principale ber(go), signifiant « montagne, élévation notable ». Les patois romans disparus de Saulcy et de Saint-Dié, comme ceux encore vivants de la vallée de la Haute Meurthe et de la Fave ont gardé le produit de cette lente évolution phonétique, à savoir le mot kébè pour désigner l'ensemble du massif forestier visible depuis les lieux habités des vallées et collines.
La ligne de faîte du bloc principal est en effet la hauteur clef de la haute vallée de la Meurthe avant qu'elle ne se cambre brusquement vers l'occident, rejetée par les vastes éboulements collinaires de l'Ormont qui repoussent aussi la Fave affluente de la Meurthe. Elle est isolée par des combes profondes et surtout par la boucle de la grande vallée de la Meurthe.
Les manuscrits des archives locales ne témoignent que de différences orthographiques et phonétiques mineures : Kemberg (1588), Camberg (1599), Montagne de Camberg (1737), Forêt de Cambert (1771), Kambert (XIXe siècle).
Le Kemberg, regarde c'est là où se courbe la vallée, affirmait encore la tradition orale des habitants de l'Ormont ou les familiers des hauteurs du chemin Saint-Dié vers l'Alsace. Il est encore remarquable que le massif du Kemberg délimité par la tradition et en partie caché aux regards des montagnards de Coinches ou des hauteurs de Mandray paraisse comme éventré en son cœur par le vallon surcreusé de Grandrupt, confirmant un autre sens précis possible, de lieu de hauteur évasée par la courbure d'une vallée.
Son versant nord surplombe le petit-Saint-Dié. Il est encore souvent dénommé à part montagne ou roche Saint-Martin. Le ou les roche(s) Saint-Martin, séparées par le col homonyme, apparaissent à l'occident de la ligne de faîte du Kemberg[4]. Le pouvoir militaire, aspect du politique quand la justice est perdue, s'est installé très tôt au lieu-dit du Petit-Saint-Dié. On le connaît justement comme le premier lieu de fondation du ban de cette vallée en amont, dénommée plus tardivement « Val de Galilée ».
Géographie

Le massif est un bloc gréseux, fortement raviné, au cœur du bassin permien de Saint-Dié. Il s'affaisse dans sa partie principale du sud vers le nord, la ligne de faite passant de 761 à 715 mètres d'altitude. L'étroitesse de sa ligne de faîte, par ailleurs dentelée, est remarquable. Son profil oriental, descendant vers la passe d'Anozel, rappelle le relief lorrain typique de cuesta. La pointe occidentale en forme de casque guerrier antique, surmonté d'une pointe de roches, a pris le nom de saint Martin.

Ce massif gréseux, constellé de roches de conglomérats gréseux sur ces sommets aux lignes courbes et dentelées, est partagé entre les communes de Taintrux, Saulcy et Saint-Dié-des-Vosges. Le sommet le plus élevé est composé des roches d'Anozel à 761 mètres d'altitude : il appartient à la ligne de faîte orientale légèrement curviligne en forme de S inversé, qui décline insensiblement vers le nord tout en restant souvent au-dessus de 700 mètres d'altitude. Les principales roches en corniche sont : la roche Saint-Martin, la roche de l'Enclume, la roche d'Anozel qui possède sur sa face méridionale une exceptionnelle diaclase courbe.
Le massif principal est équipé de sentiers balisés par la société des promenades ou Club vosgien. Un sentier nommé « tour du Kemberg » le ceinture.
Néanmoins, pour comprendre ce massif dissymétrique en partie effondré à l'est et au sud, il est nécessaire de lui adjoindre les deux monticules jumeaux détachés à l'occident, aujourd'hui forêt de Chaumont et Pierre de Laitre, dont les bouts sommitaux culminent vers 620 mètres d'altitude. Entre les hauteurs de la ligne de faîte principale et ses deux monticules s'évase une vallée remarquable, dénommée aujourd'hui Grandrupt. Son ruisseau homonyme rejoint le Taintroué entre le vieux hameau de Chaumont et les Moîtresses.
Voici une liste des roches ou hauteurs, des fontaines et autres points remarquables du vaste massif du Kemberg avec mention, lorsqu'elle est répertoriée sur la carte, leur altitude :
- Roches : la Pierre de Laitre (627 mètres d'altitude), la Pierre Percée (701 m), la roche des Bûcherons (600 m), la roche du Champignon (733 m), les roches Saint-Martin (599 m), la roche d'Anozel (712 m), la roche de l'Enclume (650 m), la roche du Kiosque (715 m), la roche de la Reine (près de la roche du Kiosque) ;
- Fontaines : la Froide Fontaine (550 m), le Sapin qui pisse, la Fontaine des Chevaux, les Trois Fauteuils (460 m) ;
- Autres lieux : le Château d'eau, la Croix Saint-Georges (450 m).


