Massoufa
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les Massoufa, Massufa, Masufa (en Tamazight : Imassufa, Imassufen, Inassufen, en tifinagh traditionnel : ⵉⵎⴰⵙⵓⴼⵏ / ⵉⵏⴰⵙⵓⴼⵏ) sont une tribu berbère médiévale essentiellement saharienne.
| Régions d’origine | Afrique du Nord |
|---|---|
| Langues | Berbère |
| Religions | Islam |
| Ethnies liées | Sanhadja |
L'épigraphie d'époque romaine indique que la région d'origine des Massoufa pourrait se situer en Maurétanie césarienne. Un bilâd Masûfa est ainsi attesté dans le Titteri par la toponymie.
Tout au cours de l'Histoire ils sont mentionnés dans divers territoires. La première mention à la période islamique serait au delà du Souss au VIIIe siècle, où une expédition arabe va jusqu'au « pays des Massufa ». El-Bekri au XIe siècle les situe dans le grand désert qui « mène de Sijilmassa à Ghana, dans le pays des Noirs ».
Au Xe siècle, les Massoufa occupaient les zones d’Azzuki, d’Awdaghost, de Taghaza — située à vingt-cinq jours de marche de Sijilmassa — ainsi que d’Iwalatan (Oualata) et de Takeda, proches des confins du Soudan. D’après al-Tabari et Ibn al-Kelbi, ils vivaient en nomades sous la tente et habitaient les régions désertiques.
Au XIVe siècle Mohammed ben Ibrahim ben Yahia Ançari Kotobi signale leur présence : « c’est par Siǧilmassa qu’on pénètre dans le Soudan après deux mois de marche à travers un désert où l’on ne trouve d’autres habitants que des bandes de Berbères, savoir des Lamtouna, des Djodala et des Masufa... ».
Origine
Les Messoufas remonterait aux Branès ou berr selon Ibn Khaldoun[1], ils font partie plus précisément de la branche des Sanhadja voilés ou de seconde race.Les Branès comportent dix branches, parmi lesquelles en plus des Sanhadja on peut citer les Azdagia, Aureba, Agisa, Kutama, et Sanhadja[2].Les Massoufa descendraient, d’après Ibn Abd el-Barr, cité par Ibn Khaldun, de Masuf Ibn Nu‛man[3].
Les Moletthemîn ou les « Porteurs de voile », un groupe de la confédération sanhadja, vivaient dans la région désertique au sud du Désert sablonneux depuis des temps immémoriaux, bien avant l'avènement de l'islam. Ils parcouraient cette région où ils trouvaient tout ce dont ils avaient besoin pour survivre, évitant ainsi les régions cultivées et peuplées. Ils se nourrissaient principalement du lait et de la viande de leurs chameaux, substituant ainsi aux produits agricoles. Leur mode de vie isolé les avait rendus habitués à la solitude, et malgré leur bravoure, ils refusaient toute domination étrangère. Ils occupaient les territoires du Draa et du rîf de l'Abyssinie et la zone entre les terres des Berbères et celles des Noirs. Pour se distinguer, ils couvraient leur visage d'un litham, un vêtement spécifique. Leur population croissante dans ces vastes plaines avait donné naissance à plusieurs tribus telles que les Guedala, les Lemtouna, les Messoufa, les Outzîla, les Targa, les Zegaoua et les Lamta. Ces peuples sont tous frères de Sanhadja et demeurent entre l'Océan Atlantique, du côté de l'ouest et à l'est jusqu'à Ghadamès[1].
Histoire
Aux données fournies par les sources médiévales s’ajoutent les indications issues de la carte de répartition des porteurs du nom Masof et de ses dérivés, présents dans les anthroponymes et toponymes attestés par l’épigraphie de l’époque romaine. Il apparaît ainsi que le territoire d’origine des Massoufa, occupé au XIIᵉ siècle par de nombreuses tribus de la confédération sanhadja, aurait pu relever dans l’Antiquité de la province romaine de Maurétanie Césarienne[4]. À l’instar des autres groupes voisins, la communauté masûfa disposait de son propre territoire dans le Djebel Titteri, plus précisément dans la zone désignée sous le nom de bilad Masûfa[4].
L'émir arabe Ubayd Allah ibn al-Habhab al-Saluli les rencontra aussi lors de son expédition au delà du Souss en 734, Ibn Khaldoun écrit à ce propos "Cet émir avait envahi le Sous afin d'y châtier les Berbères, et ayant fait sur eux un grand butin et une foule de prisonniers , il s'était porté en avant jusqu'au pays des Messoufa où il tua beaucoup de monde et fit encore des prisonniers"[5].
Selon al-Yaqûbî, le bilâd Masûfa se situait à l’ouest du territoire zénète occupé par les Bani Birzal, eux-mêmes établis dans la région du Djebel Salat, à l’ouest du Chott el-Hodna[6].
Ibn al-Faqih, écrivant vers 903, nous fournit quelques détails intéressants. Selon ce géographe, dont les informations sur l'Afrique du Nord datent du milieu du IXe siècle, le pays Anbiya faisait partie du Sus al-Aqsa, dans l'extrême sud du Maroc actuel. Il s'étendait sur une distance de soixante-dix nuits de marche à travers les plaines et les déserts. Ainsi, il s'agissait d'une fédération englobant la plupart des tribus berbères nomades du Sahara occidental, et qui existait aux VIIIe et IXe siècles. D'après Joseph Marquart, les tribus Massoufa, Lemtouna et Goudala faisaient partie de la fédération Anbiya, et vivaient en nomades dans le Sahara occidental[7].
Au Xe siècle, leur territoire s'étendait depuis la bordure nord du grand désert, près de Oued Drâa, jusqu'au Bilad al-Soudan. Ils occupaient, aux côtés d'autres branches Sanhadja dont ils faisaient partie, les régions d’Azougui, Aoudaghost, Teghazza, à 25 jours de marche de Sijilmassa, ainsi que Iwalatan (Oualata) et Takeda, à proximité du Soudan[3].
Au XVIe siècle Mohammed ben Ibrahim ben Yahia Ançari Kotobi signale leur présence : « c’est par Siǧilmassa qu’on pénètre dans le Soudan après deux mois de marche à travers un désert où l’on ne trouve d’autres habitants que des bandes de Berbères, savoir des Lamtouna, des Djodala et des Masufa... ». Toujours au XVIe siècle Ibn Fadl-Allah el-Omari ajoute que Azoggi est dans le pays des Lamta et Massoufa[3].
Culture
Dans cette société, en plus de la familiarité des femmes avec le surnaturel, un autre aspect lié au traitement des genres a attiré l'attention des auteurs sur les Sanhâja. Il s'agit du port masculin du voile, similaire à celui des Touaregs actuels appelé tagalmust, qui a pour fonction de masquer la bouche et de retenir le souffle. Bien que la manière exacte de porter le voile chez les Sanhâja soit inconnue, il est considéré comme une caractéristique ancienne de ces populations. Des auteurs tels que al-Ya qûbi et Ibn Hawqal mentionnent le port du voile chez les Sanhâja, suggérant que cette pratique existait avant l'islam. Le port du voile est devenu un attribut des murâbitûn, également appelés mulaththamin, qui sont ceux qui portent le lithâm. Ibn 'Idhâri, auteur d'al-Bayân, évoque également cette tradition aux XIIIe – XIVe siècles et la considère comme une pratique ancienne justifiant l'appellation mulaththamûn. Il mentionne également son utilité en réponse aux conditions climatiques et comme stratagème de guerre. Les récits expliquant cette tradition sont peu nombreux, mais on peut mentionner un texte yéménite appelé Tubba", déjà établi[8].
Personnalités notables
- Ali Ibn Yousuf Al-Massoufi, un des chefs les plus braves et les plus influants de la cour de Youssef ben Tachfine[1].
- Berraz Ibn Mohammed El-Messoufi, chef almoravide puis almohade[1].
- Mohammed ibn Ali ibn Yusuf 1126-1165 (déposé)
- Ishaq ibn Mohammed (fils) 1165-1183
- Muhammad ibn Ishaq (fils) 1183-1184
- Ali ben Ishaq (connu sous le nom d'Ali ibn Ghaniya) 1184-1188, émir (par conquête) de Bougie (1185-1186) Alger (1186) et Gafsa (1186-1187), seigneur de guerre à Tunis 1187-1188
- Tahsfin ibn Ishaq, émir de Majorque (en opposition d'Ali) 1185-1187
- Abdallah ibn Ishaq (connu sous le nom d'Abdallah ibn Ghaniya), émir de Majorque 1187-1203
- Yahya ibn Ishaq (connu sous le nom de Yahya ibn Ghaniya) 1188-1202/1203 seigneur de la guerre à Tunis 1188-1212