Master Race
From Wikipedia, the free encyclopedia
| La Grande Course | |
| One shot | |
|---|---|
| Scénario | Al Feldstein |
| Dessin | Bernie Krigstein |
| Genre(s) | Comics (bande dessinée américaine) |
| Thèmes | nazisme et Shoah |
| Lieu de l’action | New York, États-Unis |
| Époque de l’action | années 1950 |
| Langue originale | anglais américain |
| Titre original | Master Race |
| Éditeur | Fantagraphics Books |
| Collection | The EC Comics Library |
| Première publication | 1955 |
| Nombre de pages | 8 |
| modifier |
|
Master Race est une bande dessinée américaine de Bernie Krigstein et d'Al Feldstein parue en dans le no 1 du comics Impact chez EC Comics. Elle compte huit planches en couleur. En 1974, elle est publiée en français sous le titre La Grande Course dans une anthologie, Horreur, parue aux éditions Williams.
Le récit « narre la rencontre fortuite dans le métro new-yorkais d'un ancien détenu juif avec l'un de ses bourreaux »[1]. Il s'agit de la première évocation de la Shoah dans la bande dessinée américaine. Elle a notamment inspiré Art Spiegelman pour son ouvrage Maus.
La narration suit le personnage de Carl Reissman, « Allemand réfugié aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale »[2]. Au fil du trajet en métro, Reissman passe en revue son parcours à l'ère du nazisme, notamment dans un camp d'extermination appelé Belsen. Un homme vêtu de noir arrive dans le wagon. Ayant été interné à Belsen, il reconnaît en Reissman le commandant du camp. Reissman se précipite pour fuir son adversaire et, dans sa course, il dérape et tombe sur les voies du métro. Une rame arrive dans la station, le heurte et l'écrase. Face aux questions des témoins, l'homme en noir prétend ne pas connaître l'accidenté.
Analyse
Le récit constitue « une leçon de bande dessinée par sa maîtrise narrative »[1]. Art Spiegelman, que cette œuvre a « fortement marqué dans sa jeunesse », en livre une lecture analytique[3]. L'originalité de Master Race repose, notamment, sur le découpage des séquences, qui exprime un tempo fondé sur le roulement des pensées dans l'esprit du personnage principal au lieu d'une linéarité objective. C'est ainsi que Reissman, dans sa fuite, accomplit « la plus longue représentation d'une chute en bande dessinée ». De l'avis de Spiegelman, Krigstein est « l'explorateur le plus audacieux du découpage que compta la bande dessinée »[2] et Master Race constitue son récit graphique « le plus sophistiqué ». La narration graphique puise largement dans les codes cinématographiques avec des plans atypiques et reprend des procédés employés par des peintres futuristes. Le motif des barreaux, évoquant la détention, est répété au fil du récit, tout comme le motif du crucifix. Tout au long de la narration, le trait souligne l'angoisse intense du personnage de Carl Reissman, hanté par son passé qui le plonge dans la terreur. L'encrage illustre le caractère « lugubre » du graphisme.