Mateni Tapueluelu est un journaliste puis homme politique tonguien.
Un temps correspondant pour Radio New Zealand[1], il devient le directeur du journal tonguien Keleʻa, publié par son épouse Laucala, fille du chef du mouvement pour la démocratie, ʻAkilisi Pohiva. En 2013, les époux sont condamnés chacun à une amende équivalant à près de 60 000euro pour diffamation, pour avoir publié une tribune libre accusant le gouvernement de corruption[2]. En amont des élections législatives de 2014, le couple utilise le Keleʻa pour attaquer les figures opposées à ʻAkilisi Pohiva au sein du Parti démocrate - dont le député Semisi Tapueluelu(en), le père de Mateni Tapueluelu, que ce dernier, dans les pages du journal, accuse à de multiples reprises et sans apporter de preuve d'avoir eu un enfant illégitime[3].
Aux élections de 2014, Mateni Tapueluelu est le candidat du Parti démocrate dans la circonscription Tongatapu 4, qu'il remporte en battant le député ‘Isileli Pulu, figure dissidente du parti[4]. Le parti remporte les élections et ʻAkilisi Pohiva devient Premier ministre. En , Mateni Tapueluelu publie un article dans le Keleʻa pour exhorter le gouvernement de renoncer à adopter la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Il accuse la Convention d'être contraire à la morale chrétienne et de mener à la légalisation des mariages lesbiens et de l'avortement[5]. Le , le roi Tupou VI et son Conseil privé interdisent la signature de la Convention par le gouvernement[6]. En , l'élection de Mateni Tapueluelu comme député est cassée par la justice en raison de ses dettes résultant de sa condamnation pour diffamation deux ans plus tôt[7]. Cette décision est toutefois à son tour cassée en appel, et il demeure député[8].
En , il entre au gouvernement de son beau-père comme ministre de la Police, du Tourisme, du Travail et du Commerce[9]. Largement réélu dans sa circonscription lors des élections législatives anticipées cette même année, il demeure ministre de la Police, et est fait conjointement ministre des Revenus et des Douanes[10],[11]. En , lors d'un débat télévisé, il s'oppose au projet de loi du gouvernement dont il est membre et qui vise à mieux protéger les victimes de violences familiales. Il accuse le projet d'être contraire à la culture des Tonga et à la Bible, qui exhortent les enfants à l'obéissance. Selon lui, le projet de loi encouragerait les enfants à dénoncer leurs parents pour violences, et les rendraient ainsi désobéissants et enclins à se droguer[12]. Le Premier ministre Pohiva meurt deux mois plus tard, et Mateni Tapueluelu n'est pas fait ministre dans le nouveau gouvernement qui s'ensuit[13],[14].