Issu d'une famille de la noblesse de robe originaire de Normandie qui est venu se fixer dans les environs de Carhaix au début du XVIIesiècle, son aïeul, qui porte le même nom que lui, signe en 1743 à l'acte de naissance de La Tour d'Auvergne, dont il est le parent et un très proche allié.
D'une branche peu fortunée, Guezno perd son père, négociant en grains, de bonne heure. Négociant à Audierne, il se livre au commerce des grains et du poisson.
Il manifeste des sympathies à l'égard des idées nouvelles, ce qui lui vaut d'être le rédacteur du cahier de doléances d'Audierne et d'être, choisi comme délégué par sa paroisse à l'assemblée de la sénéchaussée de Quimper pour l'élection des députés aux États généraux en 1789.
Élu administrateur du département du Finistère en juin 1790, il se charge des finances et parvient à faire rentrer dans les caisses du Trésor des sommes en souffrance.
Élu le député du Finistère à la Convention nationale, le 3e sur 8 avec 372 voix sur 453 votants, il rejoint avec ses collègues les bancs de la Montagne et, lors du procès de Louis XVI, vote en faveur de la mort.
De retour à la Convention, il intervient, le 7 brumairean III () dans le débat sur les dénonciations contre les députés pour demander l'établissement un délai de six mois au-delà duquel les comités ne peuvent refuser « communication à un représentant du peuple de la dénonciation qui avait été faite contre lui ».
Peu après, il est de nouveau envoyé en mission dans l'Ouest avec Jacques Guermeur. Ensemble, les deux représentants prennent à Lorient, le 4 nivôse (), un arrêté annulant tous les actes et arrêtés pris auparavant pour ordonner l'arrestation comme suspects des ecclésiastiques, dans le cadre d'une politique d'apaisement.
Choisi par ses collègues de la Convention pour intégrer le Conseil des Cinq-Cents le 4 brumairean IV (), il siège parmi les républicains modérés, sans se distinguer. Proche de Lazare Carnot, il demande une pension en faveur de La Tour d'Auvergne, qui souhaite, en raison de son grand âge, quitter l'armée. En réponse, Carnot lui offre une retraite de général, que La Tour d'Auvergne refuse.
De retour dans son pays natal en 1830, il devient conseiller municipal, s'occupant principalement de développer l'enseignement et meurt quelques années plus tard en 1839.
Il confie à Armand René du Châtellier les nombreux documents qu'il avait réuni sur la guerre de Vendée, qui servirent à son Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne[1].
Jean Savina, Le conventionnel Guezno du Finistère, 1763-1839, 1928, 157 p. (rééd. augmentée d'une introduction de Paul Cornec, et de nombreuses annexes, Editions du Cap-Sizun, Audierne, 2013, 306 p.)