Maurice Dior
industriel normand
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Alexandre Louis Maurice Dior est un industriel normand, né le à Neuville (Calvados)[1], mort le à Callian (Var). Il est le père du grand couturier Christian Dior et de la résistante Catherine Dior[2].
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Alexandre Dior (d) |
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Biographie
Jeunesse
Maurice Dior est issu d’une famille d’agriculteurs reconvertis dans l’industrie des engrais et originaires de Savigny-le-Vieux, à la lisière de la Manche et de la Mayenne [2].
Avec son cousin Lucien Dior, futur député et ministre, il prend la direction d’une entreprise chimique spécialisée dans l’engrais, fondée en 1832 par Louis-Jean Dior[2]. Elle est située à Saint-Nicolas, non loin de Granville.
En 1898, à vingt-six ans, il épouse Madeleine Martin, qui a alors dix-neuf ans. Ils auront cinq enfants : Raymond, en 1899, puis Christian en 1905, Jacqueline en 1909, Bernard en 1910, et Ginette, qui se fera appeler Catherine, en 1917[3].
Succès dans l'industrie
Avec Lucien Dior, il s’attache à faire prospérer l’entreprise familiale. En 1905, son capital s’élève ainsi à 1,5 million de francs[2]. Le choix d’établir le siège social de l’entreprise à Paris, au 7, rue d’Athènes[4], témoigne de cette prospérité. Une telle réussite est portée par des innovations et une diversification des activités de l’entreprise : les Dior sont ainsi les premiers à fabriquer de l’acide sulfurique pour le phosphate d’engrais. Dans la Meuse et dans les Ardennes, la famille est également propriétaire d’exploitations de phosphates[2].
En 1912, l’entreprise familiale prend le nom de « Dior Fils & Cie » et devient une société en commandite par actions[2]. Son capital s’élève alors à quatre millions de francs : c’est le début d’une époque faste qui va durer une vingtaine d’années[2]. Les Dior ouvrent des usines en Bretagne, à Landerneau, Rennes et Saint-Marc, commune située non loin de Brest et qui donnera son nom à la fameuse lessive créée quelques années plus tard. En 1923, l’entreprise de Maurice et Lucien Dior devient une société anonyme[2].
Ces succès dans les affaires ont des conséquences sur la vie personnelle de Maurice Dior. Dès 1905[5], la famille Dior quitte le centre-ville de Granville pour s’installer dans la villa Les Rhumbs, une maison que Madeleine Dior, la femme de Maurice, se chargera d’embellir en y cultivant un jardin à l’abri du vent et en la décorant selon la mode de l’époque[2]. Cette maison abrite aujourd’hui le musée Christian-Dior[6]. En 1910, la famille s’installe à Paris, dans le quartier de La Muette, rue Albéric-Magnard, rebaptisée depuis rue Richard-Wagner, conservant Les Rhumbs comme maison de vacances[7]. Après la guerre, que les Dior passent à l’abri dans leur villa de Granville, ils retournent à Paris en 1918, non loin de leur précédente adresse[7]. Ce nouvel appartement témoigne une fois encore de la réussite de Maurice Dior : décoré en style néo Louis XVI, il est agrémenté de deux tableaux de valeur, un Boucher et un Lépicié, deux toiles que Maurice Dior a acquises sur les conseils d’un ami[2].
La ruine
Désireux de faire fructifier les revenus générés par ses entreprises, Maurice Dior se lance dans la spéculation en 1923. Pour mieux se consacrer à ces opérations, et constatant que ses fils ne reprendront pas l’entreprise familiale, il délègue une partie de ses responsabilités à son cousin Lucien Dior[2].
En , la femme de Maurice Dior meurt[2]. Quelques mois plus tard, le contrecoup de la crise de 1929 se fait sentir en France et les actions de l’homme d’affaires ont perdu leur valeur[2]. Il se trouve alors incapable de rembourser l’emprunt qu’il a contracté dans le cadre d’opérations immobilières destinées à assurer sa fortune et celle de ses fils[2]. C’est la ruine, Maurice Dior est obligé de liquider tous ses biens. L’entreprise familiale est vendue, elle sera rebaptisée SOFO puis SOFERTI[8].
En 1932, il part alors vivre à Callian, dans le Var, où la vie est moins chère. Sa fille Catherine l’accompagne tandis que Christian, qui n’est pas encore le couturier reconnu qu’il deviendra, reste à Paris et leur envoie régulièrement de l’argent[2]. C’est à Callian, dans « Les Naÿssès », le petit mas qu’il a acheté en 1932, que Maurice Dior meurt en 1946, quelques mois seulement avant l’inauguration de la maison de couture de son fils et le triomphe retentissant de son premier défilé.