Maurice Lheyet Gaboka
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| Maurice Lheyet Gaboka | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député | |
| – (4 ans) |
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| Circonscription | Likouala-Mossaka |
| Législature | 1re |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Maurice Lheyet Gaboka |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Fort-Rousset (Owando) (république du Congo) |
| Date de décès | (à 43 ans) |
| Lieu de décès | Brazzaville (république du Congo) |
| Nationalité | Congolaise |
| Parti politique | Mouvement socialiste africain |
| Conjoint | Bondo Alphonsine |
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Maurice Lheyet Gaboka, né le à Fort-Rousset (actuelle Owando) et mort le à Brazzaville, est un enseignant, homme de lettres et homme politique congolais. En 1959, il est élu député lors de la première législature de la république du Congo. L'ancienne Grande école de Ouenzé porte son nom.
Naissance et famille
Maurice Lheyet Gaboka naît le à Fort-Rousset, devenu Owando, en république du Congo[1]. Issu d'une famille nombreuse, il est le fils de Lheyet, qui eut deux épouses. De son union avec Obe Cathérine naissent quatre enfants, dont Maurice Lheyet Gaboka, l'aîné[2].
Très tôt, Maurice Lheyet Gaboka quitte le cadre familial pour Moundou, au Tchad, où il est en compagnie de son oncle. Il revient ensuite à Owando afin de se présenter au certificat d'études primaires indigènes (CEPI) ainsi qu'au concours d'entrée à l'École supérieure du Moyen-Congo[2].
Il épouse Bondo Alphonsine le [1],[2]. Il est père de onze enfants[1].
Parcours académique
Maurice Lheyet Gaboka bénéficie d'une bourse d'études et est scolarisé à Mbounda (futur Collège moderne du Moyen-Congo) entre 1944 et 1948. À l'issue de cette formation, il obtient le diplôme des écoles supérieures et collèges modernes, sanctionné par le grade d'instituteur adjoint de premier échelon, faisant ainsi partie de la première vague d'instituteurs formés en [1].
Parcours professionnel
Maurice Lheyet Gaboka exerce d'abord comme enseignant, profession qui constitue le socle de sa carrière[1]. Il est notamment le premier directeur de la Grande école de Ouenze[2]. Transféré à Impfondo en 1954, où il initie la scolarisation d'enfants pygmées[1], il y demeure jusqu'en 1957[2]. En 1958, il se retire de l'enseignement actif pour rejoindre l'administration scolaire, où il exerce successivement comme adjoint au secteur scolaire de la Likouala-Mossaka (actuel Cuvette) entre 1958 et 1960, puis comme adjoint à l'inspecteur de l'Équateur de 1962 à 1965[2]. Il rejoint Brazzaville en 1965, où il occupe un poste au secrétariat de l'inspection du Djoué-Nord, qui constitue sa dernière fonction administrative[1],[2].
Engagement politique
Maurice Lheyet Gaboka s'investit dans la vie politique en accédant à un mandat de conseiller territorial en [2], avant d'être élu député de la première législature en 1959 pour la circonscription de la Likouala-Mossaka, correspondant à l'actuelle région de la Cuvette[1],[3], jusqu'en [2]. Il est alors membre du Mouvement socialiste africain (MSA) conduit par Jacques Opangault, s'imposant à l'Assemblée nationale comme l'une des voix de l'opposition[1], dénonçant ouvertement les maux qui minent le développement de la nation[2].
Écrivain
En marge de ses engagements professionnels et politiques, Maurice Lheyet Gaboka s'active en littérature. Entre 1950 et 1951, il collabore à la revue Liaison, publication des cercles culturels de l'Afrique équatoriale française, dont il assure le secrétariat. Il y publie plusieurs textes, tout comme dans La Semaine africaine. Parmi ses écrits figure le poème Hymne à un mort, composé en hommage à Paul Kamba, décédé en 1950[1].
De son vivant, Maurice Lheyet Gaboka ne fait paraître aucun ouvrage. Ses poèmes sont réunis après sa mort dans un recueil intitulé Les Îlots cannibales du Congo, publié en 1987 à titre posthume, à Paris aux éditions La Bruyère à l'initiative de son fils, Bienvenu Gaboka[1],[4].
Les Îlots cannibales du Congo (1987)
L'ouvrage compte 128 pages et aborde des thèmes liés à l'effort collectif et à l'éducation à la solidarité. Ces thématiques sont notamment exprimées à la page 12 du poème En avant !, qui ouvre le recueil[4] :
« C’est un effort commun de notre tâche, que la terre d’Afrique finira l’ironie. C’est par un quotidien et constant labeur que ce sol changera la face du vieux monde. C’est par la conscience et le courage au labeur, qu’il occupera une noble place dans le monde. Que tous, Africains, dans l’univers entier, qui que vous soyez, quel que soit votre métier, travaillez la main dans la main pour édifier l’Afrique de demain. »
Le recueil comprend également des poèmes tels que Homme sans cœur, Le tam-tam, Nkouna, Dipenda, Mes yeux cherchent le Seigneur, Unité, Hommage à ma première école, Gloire à la Vierge Marie et Hymne à un mort, qui abordent des sujets liés à l'expérience personnelle de l'auteur, à son environnement social et à la vie de la nation et ses composantes[4].
Décès
Maurice Lheyet Gaboka, ayant déjà subi une évacuation sanitaire à Moscou en 1970, meurt le à l'hôpital général de Brazzaville (actuel CHU-B). Il est inhumé le au cimetière du centre-ville de Brazzaville[1],[2],[5].