Maurice Paléologue
diplomate, historien et essayiste français (1859-1944)
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Maurice Paléologue, né le à Paris où il est mort le [1], est un diplomate, historien et essayiste français.
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(à 85 ans) 8e arrondissement de Paris |
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Alexandru Gulianu-Paleologu (d) |
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Frederique de Ridder (d) |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Bordin () Chevalier de la Légion d'honneur () Officier de la Légion d'honneur () Prix Narcisse-Michaut () Commandeur de la Légion d'honneur () Grand-croix de l'ordre de Vasa () Grand-croix de l'ordre de la Rose blanche de Finlande () Grand officier de la Légion d'honneur () Ordre de Saint-Alexandre Nevski |
Ambassadeur de France en Russie de 1914 à 1917, il est l'objet après la guerre de critiques concernant son rôle au moment de la crise diplomatique consécutive à l'attentat de Sarajevo () qui aboutit au début d'août à l'entrée en guerre de l'Allemagne contre la Russie (), puis contre la France (), transformant la guerre entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie () en une guerre à l'échelle de l'Europe, voire du monde.
Biographie
Origines familiales et formation
George Maurice Paléologue est le fils d'Alexandre Paléologue, à la naissance Alexandru Paleologu (1824-1866), issu d'une famille phanariote[2].
Celui-ci, banni[réf. nécessaire] de Bucarest sous l'accusation de complot contre le prince Georges III Bibesco, hospodar de la principauté de Valachie de 1843 à 1848, s'établit à Paris, où, en 1851, il épouse Frédérique de Ridder (morte en 1902), fille de l'ingénieur et entrepreneur belge Gustave De Ridder (1795-1862).
Musicienne de talent[réf. nécessaire], tenant un salon fréquenté notamment par Michelet, Taine, Renan, Saint-Saëns et Fauré, elle encourage les dons intellectuels de son fils, qu’elle emmène en 1867 en Italie[réf. nécessaire].
Après des études secondaires au lycée Henri-IV, puis au lycée Louis-le-Grand, où il est le condisciple de Raymond Poincaré (1860-1934), Maurice fait des études de droit, obtenant une licence.
Carrière de 1880 à 1920
En 1880, il entre au ministère des Affaires étrangères et est nommé secrétaire d’ambassade, successivement à Tanger, à Pékin et à Rome.
Il occupe ensuite des fonctions à Paris, à la direction politique du ministère, service des affaires réservées (questions confidentielles, analyse et exploitation du chiffre)[réf. nécessaire].
En 1901, il devient ministre plénipotentiaire. Il est ambassadeur de France en Bulgarie de 1907 à 1912 et en Russie de 1914 au mois de [3], en pleine révolution russe.
Le , il est nommé secrétaire général du ministère des Affaires étrangères dans le cadre des gouvernements d'Alexandre Millerand, poste qu'il occupe jusqu'au .
- En 1914.
- Au Quai d'Orsay en 1920.
Activités littéraires (1880-1944)
Parallèlement à sa carrière diplomatique, il collabore à la Revue des Deux Mondes et écrit des romans et des essais littéraires.
Il fréquente le salon littéraire de Rosalie von Gutmann où il croise le romancier Paul Bourget, Jules Cambon ou Ernest Seillière.
Il publie plusieurs ouvrages historiques consacrés à la Russie dans lesquels on trouve un portrait intime[pas clair] de la dernière tsarine, Paléologue ayant assisté à certains de ses entretiens avec Raspoutine, ainsi que des observations de première main sur les événements qui ont secoué le pays à l’orée de la Première Guerre mondiale.
Ses notes sur l’affaire Dreyfus, publiées après sa mort, constituent un témoignage important sur le procès dans lequel il a lui-même déposé.
L’Académie française lui décerne le prix Bordin pour Vauvenargues en 1890 et le prix Narcisse-Michaut en 1905. Le , il est élu à l'Académie française au fauteuil de Charles Jonnart.
Après la carrière diplomatique (1920-1944)
Il devient membre[Quand ?] du conseil d'administration du Crédit mobilier français.
En , après le débarquement allié en Afrique du Nord et l'occupation de la zone libre par l'armée allemande, à l'instar de l'amiral Lucien Lacaze et de l'ambassadeur Robert de Billy, il incite le général Bernard Serrigny à emmener Philippe Pétain en Afrique du nord pour passer du côté des Anglo-Saxons. Serrigny, qui partage ce point de vue, demande avec insistance à Pétain de partir et lui propose de l'emmener en avion, mais se heurte au refus du maréchal[4].
Mort et funérailles (novembre 1944)
Maurice Paléologue meurt à son domicile parisien situé rue de Téhéran, peu après la libération de la ville ().
Il est inhumé au cimetière de Passy, dans le 16e arrondissement de Paris. Sa tombe est située près de celle du comte Georges Brassov (1910-1931) et de sa mère, la princesse Natalia Brassova (1880-1952), épouse du grand-duc Michel de Russie (1878-1918).
Famille
Mort célibataire, il est l'oncle[réf. nécessaire] de Jean de Paleologu (1855-1942), artiste, et le beau-frère d'André Lebon, d'Arthur Pernollet et de Jules Dietz.
Controverses sur son attitude en Russie en 1914

La lenteur de Paléologue à relayer des informations importantes alors qu’il était ambassadeur à Saint-Pétersbourg a été critiquée[Par qui ?][5].
Rôle de Paléologue lors de la crise austro-serbe de 1914
Après la fin de la Première Guerre mondiale, beaucoup de responsables s'interrogent sur ses causes de cet événement exceptionnel. Le traité de Versailles () déclare que l’Allemagne impériale a été le responsable principal du conflit : non seulement l'empereur et le gouvernement ont soutenu le point de vue de l'Autriche-Hongrie face à la Serbie en , mais elle a déclaré la guerre à la Russie et à la France, puis envahi la Belgique, dont elle avait pourtant garanti la neutralité.
Cependant on[Qui ?] s'est aussi interrogé sur les responsabilités de la Russie impériale. Lors de son voyage en Russie du 20 au , au cours de la crise austro-serbe, le président Raymond Poincaré aurait incité le gouvernement russe à la fermeté. Quelles instructions verbales Paléologue a-t-il reçues du président ? En 1917, Pourtalès, ancien ambassadeur d’Allemagne en Russie, a affirmé que Maurice Paléologue avait été informé de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie avant le ministre de la Guerre, Vladimir Soukhomlinov.
Interprétations
Traditionnellement, le rôle dévolu à un ambassadeur étant de « suivre les instructions de son gouvernement, mais, en même temps, il l’informe, l’éclaire, l’avertit et quelquefois doit le retenir »[6], il paraît improbable[réf. nécessaire] que Paléologue n’ait pas respecté à la lettre ces consignes à un moment aussi critique de l'histoire de l'Europe.
Quelques historiens l’ont jugé sévèrement, notamment Jules Isaac : il serait en partie responsable du déclenchement de la guerre.
Défense de Paléologue
Paléologue s’est défendu en invoquant les difficultés de communication. D’une part, étant donné que les Allemands avaient percé le chiffre de l’ambassade de France à Saint-Pétersbourg, les télégrammes devaient être envoyés à Paris par la Scandinavie, ce qui occasionnait 24 heures de retard, auxquelles s’ajoutait une demi-heure pour le déchiffrage[pas clair]. D’autre part, Poincaré et Viviani, toujours en mer pendant leur retour de Russie, ont reçu des informations incomplètes. Par ailleurs, pendant cette semaine fatidique, les dernières nouvelles étaient fournies au Quai d’Orsay par l’ambassadeur d'Allemagne[réf. nécessaire].
Il a aussi publié son journal La Russie des tsars pendant la Grande Guerre (1921-1923)[7].
Dans un entretien avec Sazonov[Qui ?], ayant pris conscience de l'importance « des peuples non russes » dans l'Empire russe, il ajoute qu'ils « souffrent de votre centralisation administrative » et conclut que tôt ou tard, la Russie devra instaurer une autonomie régionale et que si elle ne le fait pas, elle sera confrontée au danger des séparatismes[8].
En 1937, Paléologue, interrogé par Pierre Renouvin, reconnait qu’« il avait jugé la guerre inévitable et nécessaire ».
Conclusions
Proclamer que Paléologue fut le responsable du déclenchement du conflit, parce qu'il n'aurait pas tenu informé son gouvernement, serait donc une erreur grossière[réf. nécessaire].
L'historien militaire Rémy Porte (né en 1957) rappelle dans un article récent[Quand ?] que la controverse portait non pas sur l'absence d'information, mais sur des comptes-rendus partiaux de l'évolution de la position russe[9].
Il reste qu'en 1914, l'Europe, divisée en deux blocs, courait depuis une dizaine d'années vers un cataclysme. Paléologue fut un acteur de cette tragédie, sans véritable doute, un acteur privilégié compte tenu de ses rapports avec la famille impériale russe.[réf. nécessaire]
Distinctions
Publications

- L'Art chinois, Paris, Quantin, 1887. lire en ligne sur Internet Archive
- Vauvenargues, Paris, Librairie Hachette, 1890. disponible sur Internet Archive
- Alfred de Vigny, Paris, Librairie Hachette, 1891. disponible sur Internet Archive
- Profils de femmes, Paris, Calmann-Lévy, 1895. disponible sur Internet Archive
- Sur les ruines, Paris, Calmann-Lévy, 1897
- Le Cilice, Paris, Librairie Plon, 1901
- Rome, notes d'histoire et d'art, Paris, Librairie Plon, 1902 (réédité plusieurs fois) disponible sur Internet Archive
- La Cravache, Paris, Librairie Plon, 1904
- Le Point d'honneur, Paris, Librairie Plon, 1907. disponible sur Internet Archive
- Dante, essai sur son caractère et son génie, Paris, Librairie Plon, 1909. disponible sur Internet Archive
- La Russie des tsars pendant la Grande Guerre, Paris, Librairie Plon, trois volumes parus en 1921 (le premier) et 1922 (les deux autres) : vol. I : - - vol. II : - - vol. III : - ; disponible sur Internet Archive
- Le roman tragique de l'empereur Alexandre II, Paris, Librairie Plon, 1923 ; disponible sur Internet Archive
- Un grand réaliste : Cavour, Paris, Librairie Plon, 1926.
- Les Entretiens de l'impératrice Eugénie, Paris, Librairie Plon, 1928
- Alexandra Feodorowna, impératrice de Russie, Paris, Librairie Plon, 1932
- Un prélude à l'invasion de la Belgique. Le Plan Schlieffen - 1904, Paris, Librairie Plon, 1932
- Guillaume II et Nicolas II, Paris, Librairie Plon, 1934.
- Alexandre Ier, un tsar énigmatique, Paris, Librairie Plon, 1937
- Les Précurseurs de Lénine, Paris, Librairie Plon, 1938
- Élisabeth, impératrice d'Autriche. L'hérédité sinistre des Wittelsbach, Paris, Librairie Plon, 1939
- L'Écroulement du tsarisme, Paris, Flammarion (collection Toute l'Histoire), 1939
- Aux portes du jugement dernier. Élisabeth-Féodorowna, grande-duchesse de Russie, Paris, Librairie Plon, 1940
- Au quai d'Orsay à la veille de la tourmente. Journal, 1913-1914, Paris, Librairie Plon, 1947
- Journal de l'affaire Dreyfus, 1894-1899, l'affaire Dreyfus et le Quai d'Orsay, Paris, Librairie Plon, 1955 [publication posthume]
- Le crépuscule des tsars, Mercure de France 2007, extraits du journal de Maurice Paléologue paru en 1921-22 (La Russie des tsars pendant la Grande Guerre) lorsqu'il était ambassadeur de France en Russie de 1914 à 1917. Introduction de Nicolas Mietton.