Maurice Sautai
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Maurice Théodore Sautai |
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Maurice Sautai, né le à Lille dans le Nord et mort pour la France à l'assaut du moulin de Souain dans le département de la Marne, le , est un officier et historien français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Jeunesse et formation
Maurice Théodore Sautai, né le au No15 de la rue de la Préfecture à Lille[1], est le fils de Louis Félix Sautai (1811-1894), professeur de musique, et d'Émelie Catherine Vaitte (1824-1889)[2].
Après sa scolarité au collège de Marcq-en-Barœul, il prépare au lycée Sainte-Geneviève de Versailles le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr qu'il réussit en 1889[1] (classé 127e sur 451 admis) et intègre la 74e promotion, dite du Dahomey[3]. Il obtient une bourse avec trousseau en [4] et en sort diplômé pour rejoindre le 43e régiment d'infanterie à Lille, comme sous-lieutenant, en [5],[1].
Il est lieutenant depuis au même régiment[6] quand il épouse Laure Augusta Brunel (1868-1950) le à Orchies[7].
Historien à la section historique de l'état-major de l'armée
Ses recherches dans les archives de la ville de Lille lui fournissent la matière pour la rédaction d'études sur le siège de Lille en 1708, les constructions fortifiées de Vauban et diverses personnalités militaires attachées à l'histoire régionale[1]. Ses travaux lui valent d'être détaché à la Section historique de l'état-major de l'armée (S.H.E.M.A.) lorsqu'il passe au 24e régiment d'infanterie en . Début 1905, il est incorporé comme capitaine au 5e régiment d'infanterie[8] et passe au 1er régiment d'infanterie à Cambrai en [6].
En 1907, il propose à la Commission historique du département du Nord l'édification à Lille, pour le bicentenaire en 1908, d'un monument à la gloire de Louis François de Boufflers et du siège de Lille en 1708[9]. Sa proposition est retenue et intégralement financée par la Commission historique[10]. La colonne Boufflers est inaugurée en 1908, avant d'être déplacée à proximité de la porte Royale de la Citadelle en 2016[11].
À la veille de la Première Guerre mondiale, il est toujours détaché à la S.H.E.M.A., groupe de 16 officiers chargés d’exploiter les archives du ministère de la Guerre et de participer à la publication d’articles dans diverses revues et notamment la Revue d’histoire, créée et gérée depuis 1901 par la section[12],[13]. Il est noté dans son régiment comme « ayant la passion des études historiques vers lesquelles il est constamment orienté » et au sein de la section, spécialiste des guerres de Louis XIV[14].
Capitaine mobilisé pendant la Première Guerre mondiale
Comme le prévoit le règlement de la section, les travaux historiques sont interrompus à la mobilisation en et les officiers rejoignent leur régiment d'origine[15]. Maurice Sautai part donc comme capitaine de la 22e compagnie du 201e régiment d'infanterie formé avec la réserve du 1er régiment d'infanterie[16].
Après la retraite et la bataille de la Marne, son régiment tient une zone de tranchées proche de Berry-au-Bac à partir d'[17]. En février, il part défendre la région de Souain à l'est de Reims. Maurice Sautai est tué lors de l'attaque du moulin de Souain[18],[19],[20],[21]
Sa citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « a brillamment conduit sa compagnie à l'attaque d'un moulin. Blessé mortellement, a donné l'ordre à son lieutenant de ne pas s'occuper de lui et de continuer à porter la compagnie en avant »[22],[23].
Œuvres principales
- Le siège de la ville et de la citadelle de Lille en 1708, 1899
- Les Frézeau de La Frézelière, 1901
- La manœuvre de Denain, 1902
- La bataille de Malplaquet : d'après les correspondants du duc du Maine à l'armée de Flandre, 1904
- Une opération militaire d'Eugène et de Malborough : le forcement du passage de l'Escaut en 1708, 1905
- La cavalerie de 1740 à 1789, avec Édouard Desbrière,1906
- La cavalerie pendant la Révolution, du 14 juillet 1789 au 26 juin 1794 : la crise, avec Édouard Desbrière,1907
- La cavalerie pendant la Révolution : la fin de la Convention (du 19 juin 1794 au 27 octobre 1795), avec Édouard Desbrière,1908
- Montcalm au combat de Carillon (8 juillet 1758), 1909
- Les milices provinciales sous Louvois et Barbezieux (1688-1697), 1909
- Les débuts de la guerre de la succession d'Autriche, 1909
- La cavalerie sous le Directoire, avec Édouard Desbrière,1910
- L'École polytechnique pendant la campagne de France (1814), 1910
- L'œuvre de Vauban à Lille, 1911
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur, arrêté du [24]
Officier d'académie, arrêté du [25]- 1900 : Académie française - Prix Marcelin-Guérin pour Le siège de la ville et de la citadelle de Lille en 1708
- 1910 : Académie française - Prix Thérouanne pour Les milices provinciales sous Louvois et Barbezieux (1688-1697)
- 1915 : Académie française - Prix Thérouanne[26]
Hommages
- Le nom de Maurice Sautai est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[27].
- Son nom figure sur la monument commémorative du collège Marcq-en-Barœul le livre d'or 1914-1918 de l'École Sainte-Geneviève à Versailles[28].