Max Cilla
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Max Cilla, né en 1944 en Martinique, est un flûtiste, compositeur, interprète et facteur d'instruments martiniquais. Surnommé le « père de la flûte des mornes », il est reconnu pour avoir ressuscité, modernisé et légitimé la flûte des mornes (ou « toutou'n bambou »), une flûte traversière traditionnelle en bambou issue des campagnes montagneuses de l'île[1],[2].
Martinique
| Naissance |
Martinique |
|---|---|
| Nationalité |
|
| Genre musical | Musique traditionnelle, jazz, musique du monde, bèlè |
| Instruments | Flûte traversière en bambou (flûte des mornes) |
| Labels | Apia, Hibiscus Records, Bongo Joe Records |
Il contribue à transformer cet instrument en vecteur de « musique traditionnelle contemporaine » martiniquaise, en le fusionnant avec des influences jazz, musique cubaine, bèlè et percussions caribéennes, tout en s'opposant à une vision folklorique touristique[3]. Maître et pédagogue, il a notamment transmis son art au flûtiste et chanteur Eugène Mona dans les années 1970[4].
Biographie
Max Cilla naît en 1944 en Martinique, dans un milieu rural marqué par les mornes et les habitations sucrières. Élevé dans une « rue Cases-Nègres » parmi les travailleurs de la canne à sucre, il grandit entouré d'un paysage de caféiers et cacaotiers, des corvées enfantines et des veillées joyeuses avec danses de bèlè (bel'air) et combats de damier[3],[4].
Fasciné par la flûte dès l'âge de 5 ans, il commence à en jouer à 12 ans et fabrique très tôt ses propres instruments en bambou. Il entretient un lien profond avec ses flûtes (en bambou et une unique en ébène achetée), les considérant comme des êtres vivants liés à la nature et à la spiritualité[3].
Adolescent, il joue dans un orchestre local à Ducos et découvre la musique cubaine. En 1963, il rejoint la métropole via le BUMIDOM et travaille comme tourneur-fraiseur à Paris, tout en perfectionnant son jeu sur les scènes latines et afro-cubaines. Il participe notamment à l'album Angola 74 de Bonga en 1974[1],[2].
De retour en Martinique en 1970, il se consacre à la valorisation de la flûte des mornes : il la standardise pour une meilleure justesse, la renomme et en fait un symbole d'authenticité culturelle. Pour lui, fabriquer une flûte est une communion avec la plante, une fusion d'énergies créant une âme partagée ; l'instrument révèle alors sa propre musique. Il voit sa pratique comme une discipline introspective et cosmique, non une mode[3],[1].
En 1977, sur demande d'Aimé Césaire (maire de Fort-de-France), il ouvre un atelier de fabrication et d'enseignement au Sermac (Service municipal d'action culturelle), formant des jeunes pendant 17 ans. Il transmet notamment son savoir à Eugène Mona, influençant durablement son style[3],[5].
Sa musique, souple, aérienne et réflexive avec des accents dansants, incite à l'introspection et porte une dimension politique. Il enregistre son album phare La Flûte des mornes, vol. 1 en 1981 (Apia, réédité en 2017 par Bongo Joe Records). Suivent d'autres enregistrements et collaborations (jazz, salsa, théâtre avec Peter Brook). Chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2016, il reste actif malgré une cécité liée à l'âge[6].
Discographie partielle
- La Flûte des mornes, vol. 1 (1981, Apia ; rééd. 2017, Bongo Joe Records)
- La Flûte des mornes, vol. 2 (1989, Hibiscus Records)
- Participations : Angola 74 de Bonga (1974), divers projets jazz et caribéens