Maximes delphiques

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Bloc de pierre présentant une partie des maximes Delphiques. Aï-Khanoum, l'Afghanistan, IIe siècle av. J.-C.

Les maximes delphiques ou commandements delphiques sont un ensemble de 147 aphorismes qui étaient inscrits à Delphes. À l'origine, ils sont réputés avoir été transmis par le dieu grec Apollon par l'intermédiaire de l'Oracle de Delphes[1] Cependant, le doxographe Stobée ( Ve siècle) a attribué ces maximes aux Sept sages de Grèce[2], et les a transmises sous le titre de « Préceptes des Sept Sages de Sosiadès » (grec ancien : Σωσιάδου τῶν ἑπτὰ σοφῶν ὑποθῆκαιSosiadou tôn hepta sophron hupothêkai)[3]. Elles sont donc attribuées par Stobée à un certain Sosiadès, personnage dont on ne sait rien mais qui pourrait avoir été l'auteur d'une des versions de ces maximes qui ont circulé[4].

Les chercheurs contemporains considèrent que leur paternité est incertaine et qu'il est probable que c'est leur popularité comme proverbes qui a plus tard incité à les attribuer à certains sages[5]. La plus célèbre de ces maximes est vraisemblablement « connais-toi toi-même », qui était gravée sur le fronton du Temple d'Apollon à Delphes. L'ordre de ces maximes et le libellé de celles-ci varient selon les versions et les traductions considérées.

Dans les ruines de la cité hellénistique d'Aï Khanoum (ancien royaume gréco-bactrien localisé dans l'actuel Afghanistan), on a découvert un monument funéraire de type Hérôon, identifié par une inscriptions en grec ancien comme étant le tombeau de Kinéas, décrit comme le fondateur (oikistes) de la colonie grecque. Sur ce monument daté de 300-250 av. J.-C., on a découvert une inscription comprenant cinq maximes delphiques relatives aux qualités propres aux différents âges de la vie. Ces mêmes maximes se retrouvent à la fin de la liste des 147 (n° 143 à 147) :

παῖς ὢν κόσμιος γίνου
ἡβῶν ἐγκρατής
μέσος δίκαιος
πρεσβύτης εὔβουλος
τελευτῶν ἄλυπος[6]
« Dans ton enfance, sois bien sage
dans ta jeunesse, maître de toi
au milieu de ta vie, sois juste
dans ta vieillesse, de bon conseil
au moment de ta mort, sans chagrin[7] »

C'est par l'intermédiaire d'un Grec nommé Clearchos, qui pourrait avoir été Cléarque de Soles, disciple d'Aristote[8] que les maximes figurent sur la pierre. En effet, on apprend par une épigramme de deux distiques de belle facture que c'est ce Clearchos qui a soigneusement copié les maximes à Delphes, avant de les transporter à Aï Khanoum, où il les a fait graver sur une stèle placée ensuite dans le téménos (enceinte sacrée) de Kinéas[9]:

ἀνδρῶν τοι σοφὰ ταῦτα παλαιοτέρων ἀνάκει[τα]ι
ῥήματα ἀριγνώτων Πυθοὶ ἐν ἠγαθέαι·
ἔνθεν ταῦτ[α] Κλέαρχος ἐπιφραδέως ἀναγράψας
εἵσατο τηλαυγῆ Κινέου ἐν τεμένει.
« Ces sages paroles d’hommes illustres d’autrefois
sont consacrées comme offrandes dans la sainte Pytho [Delphes] 
c’est là que Cléarque les a copiées avec soin, et il les a placées,   
afin qu’elles resplendissent au loin, dans l’enclos sacré de Kinéas[10]. »

Les 147 maximes delphiques

Références

Voir aussi

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