Wikiwand AI

Maziar Bahari

journaliste et réalisateur iranien From Wikipedia, the free encyclopedia

Maziar Bahari est un journaliste, cinéaste et militant des droits humains irano-canadien. Il a été correspondant pour Newsweek en Iran, a réalisé plusieurs films documentaires. Emprisonné quatre mois pour sa couverture des manifestations consécutives à la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinajad à la présidence iranienne en 2009, il est le fondateur du média IranWire.

Faits en bref Naissance, Nationalité ...
Maziar Bahari
En .
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
TéhéranVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Site web
Distinction
Fermer

Biographie

Famille et formation

Né en 1967 à Téhéran[1], Bahari migre au Canada en 1988 pour suivre des études en communication et en sciences politiques à Montréal. Il est diplômé en 1993[2]. Il obtient la citoyenneté canadienne[3]. Sa famille a un passé de dissidence : son père, communiste, a été torturé sous le régime du Shah, puis sa sœur sous le régime de Khomeyni[4].

Début de carrière

Il réalise plusieurs documentaires, dont un sur les Mujahedin-e Khalq, les Moudjahedines du peuple[3]. En 1995, il réalise The Voyage of the Saint Louis, qui décrit l'odyssée de réfugiés juifs fuyant l'Allemagne, dont le navire est refoulé par le Canada, et qui doivent retourner en Europe[5]. Il revient en Iran en 1998[5], où il réalise d'autres documentaires : Art of Demolition (1998), Football, Iranian Style (2001), And Along Came a Spider (2003), Mohammad and the Matchmaker (2004) et Targets: Reporters in Iraq (2007)[2]. Il devient, à partir de 1998, le correspondant de Newsweek[1]. Il est finaliste pour le prix Prince des Asturies, dans la catégorie Concorde[6].

Arrestation en 2009

Alors qu'il couvre les manifestations contre le résultat des élections de 2009, il est arrêté et détenu pendant 4 mois. Il raconte son expérience dans un livre, Then They Came for Me, adapté à l'écran par Jon Stewart sous le titre Rosewater en 2014[7],[8]. Le titre fait référence au parfum de son bourreau[9].

Il est emprisonné le 21 juin. Les autorités iraniennes ne reconnaissent pas sa nationalité canadienne et le considèrent comme un citoyen iranien[5]. Accusé d'espionnage, il est placé à l'isolement, interrogé de façon quotidienne et torturé[2]. Ses aveux forcés sont diffusés à la télévision d'État, le 1er août, lors du procès d'une centaine d'opposants. Il confesse avoir aidé un complot destiné à renverser le régime au moyen d'une révolution de velours[3]. Il a en effet filmé, le 15 juin, des affrontements en marge d'une manifestation, mais était accrédité auprès des autorités iraniennes. Son reportage pour Newsweek est considéré comme objectif par ses pairs : il présente les deux camps et examine la possibilité d'une ingérence. Sa femme Paola Gourley, qui attend leur premier enfant, et des ONG organisent une campagne pour obtenir sa libération : le Comité pour la protection des journalistes, l'Index on Censorship, PEN[3], Amnesty, RSF lancent des pétitions et le soutiennent. Il est libéré de la prison d'Evin le 15 octobre 2009, sous caution, après 118 jours de captivité, et quitte l'Iran pour Londres[2],[6].

L'année suivante, il reçoit des menaces de mort, transmises à un proche resté en Iran. Au cours de son séjour en prison, il avait été prévenu qu'il ne devait pas parler de ses conditions de détention et qu'il ne devait pas se croire hors d'atteinte en exil[10].

IranWire

Il est le fondateur du média IranWire, de la campagne Journalism Is Not a Crime qui documente les atteintes à la liberté de la presse afin de soutenir la presse en Iran[9] et Education Is Not a Crime, qui attire l'attention sur les atteintes aux droits de la minorité baha'ie, interdite d'accéder aux études supérieures en Iran[7].

IranWire s'appuie sur un réseau de journalistes iraniens qui travaillent sous couvert de l'anonymat[9]. Le projet est de mettre en relation des journalistes professionnels vivant à l'étranger avec des journalistes citoyens en Iran, afin de permettre à ces derniers de produire une information vérifiable et de qualité[11]. À partir de 2014, des Iraniens sont ainsi formés pour documenter les violences commises par le régime, mais aussi à se protéger, parce que le régime réprime comme un crime le fait de diffuser des informations à des médias basés à l'étranger[11],[12]. Le site est en persan et en anglais[13]. Il a eu aussi des versions en arabe, kurde, azerbaïdjanais, français et espagnol[12].

Le site, lancé en 2014, dénonce les exécutions publiques[9]. En septembre 2022, IranWire révèle la mort de Mahsa Amini et joue un rôle important dans la couverture des manifestations et pour dévoiler l'ampleur de la répression du mouvement « Femme, vie, liberté »[11]. Alors que très peu de correspondants étrangers sont autorisés à couvrir la guerre de 2026, le rôle des journalistes de terrain est essentiel. Il permet d'aborder le sujet de la vie quotidienne des Iraniens, très peu couvert par les médias occidentaux[12].

IranWire est financé par des ONG mais aussi de fonds internationaux comme Usaid, l’Agence des États-Unis pour le développement international. Mais ces derniers ont été réduits par l'administration Trump en 2025[12].

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks