Mazices
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Les Mazices (en grec ancien : Μάζικες) sont une tribu berbère antique d'Afrique du Nord et plus spécialement de Maurétanie césarienne, qui peuplait la région sous le Bas-Empire et à l'époque byzantine[1].
Le nom Mazices a la particularité de coïncider avec l'endonyme actuellement utilisé par les Berbères pour se désigner eux-mêmes, Amazigh[2].
Selon l'historien romain Corippe, les Berbères utilisent le mot Mazax pour se désigner eux-mêmes, qui est également utilisé par l'auteur lui même[3].
Au Ier siècle, le poète romain Lucain utilise Mazax, la forme singulière de Mazaces, comme nom collectif pour ce peuple. Au IIIe siècle, la Chronique du théologien romain d'Hippolyte de Rome place les Mazices « sur le même plan » que les Mauri, Gaetuli et Afri.
Le terme égyptien Meshwesh, le nom d'une tribu d'anciens Libyens est probablement apparenté[4].
L'historien Gabriel Camps précisait que de nombreuses tribus paléo-berbères portaient, dans l’Antiquité, le nom de Mazices[5],[2].
Localisation
Les Mazices sont très mal localisés par des textes imprécis qui les mentionnent. Une inscription a été trouvée à Miliana, en Algérie mais a depuis disparu[6].
Le terme Mazices fut d'abord employé comme un ethnonyme spécifique, et non comme une appellation générique, pour désigner certaines peuplades isolées, établies en des régions très éloignées les unes des autres[7]. A en croire Ptolémée, un premier groupe, situé au sud des Metagonitai, eux-mêmes proches du rivage du Détroit de Gibraltar, portait ce nom (sous la forme Masices), on l’a récemment situé avec vraisemblance dans le Maroc septentrional, à l’est de Lixus, sur les premiers versants occidentaux du Rif[7].
Le géographe grec Ptolémée, dans sa Géographie, cite les Mazices aussi imprécisément : « Plus à l'est, jusqu'à l'embouchure du Chinalaph, les Makousioi, sous lesquels il y a le Zelakon et après celui-ci les Mazikes »[8].
Comme tout ce qui touche l'intérieur du pays, cette localisation est très imprécise. Ptolémée place l'embouchure du Chinalaph (appellation d'une rivière prise à tort pour le Chéliff) entre Caesarea et Gunugu ; c'est l'oued Messelmoun, plutôt que l'oued Sebt. Le Zelakon est ainsi probablement la zone montagneuse du Bou Maad et du Zaccar au nord et au nord est de l’actuelle Miliana. Les Mazices de ce fait doivent être situés sur le versant chélifien de ces montagnes, le nord de l'actuelle wilaya d'Ain-Defla. C'est l'espace géographique de la confédération des Braz de l'histoire moderne.
Cette mention des Mazices a au moins le mérite de prouver qu'il existait, au IIe siècle dans les régions chélifiennes, une tribu portant le nom de Mazices.
L'historien romain Ammien Marcellin dans son Histoire de Rome, cite des députés Mazices présents à Tipasa (actuelle Tipaza, en Algérie) lors de la guerre de Firmus au IVe siècle[9]. La liste de Vérone (entre l'an 314-324) les mentionne comme résidant en Maurétanie césarienne à l'Est du territoire des Quinquegentiens et l'Ouest de celui des Bavares soit dans l'actuelle Kabylie[10]. Le géographe romain Julius Honorius situe les Musunei et les Mazices comme voisins (cette dernière information est confirmée par Ammien Marcelin) avec les Bures et les Quinquegentiens, soit dans l'actuelle Grande-Kabylie[11].