Maître de Jean Charpentier
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| Pseudonymes |
Master of Jean Charpentier, Maître de Morgan 96, Maître de Morgan 366 |
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Le Maître de Jean Charpentier est un maître anonyme enlumineur rattaché au milieu tourangeau et actif entre 1475 et 1490[1],[2]. Formé au contact d'œuvres du Maître d'Adélaïde de Savoie, de Jean Colombe et de Jean Fouquet, son nom lui est donné pour un petit livre d'heures richement décoré vers 1485, appelé les Heures de Jean Charpentier, et illustré pour Jean Charpentier, notaire et secrétaire royal, futur maire d'Angers.

La personnalité artistique de cet enlumineur a été définie par François Avril en 1976, à partir de son répertoire formel et une partie de sa clientèle. Depuis, le catalogue de son œuvre a augmenté et contient en 2012 une vingtaine de manuscrits[1]. Peu varié dans ses types et ses compositions, il semble avoir néanmoins évolué au long de sa carrière, au point que l'historien d'art John Plummer, dans le catalogue de l'exposition The last flowering de 1982[3], divise l’œuvre entre deux artistes qu'il nomme respectivement les Maîtres de Morgan 366 et de Morgan 96, d'après deux manuscrits conservés à la Pierpont Morgan Library[4],[5]. Le nom de convention, regroupant ces deux artistes, est proposé en 1993 par Nicole Reynaud[2]. En 2004, Roger S. Wieck soutient qu'il faut conserver la distinction entre les auteurs introduite par Plummer[6].
L'atelier du Maître de Jean Charpentier était sans doute établi à Tours, mais il paraît avoir travaillé aussi pour des commanditaires des régions avoisinantes. D'après les commanditaires identifiés et les textes étudiés, Plummer observe que sa clientèle s'étend de l'Anjou au Poitou en passant par la Manche. Mais il est possible que certains des nombreux livres d'heures, provenant du Poitou ou du Limousin et attribués au Maître de Jean Charpentier ou au Maître d'Adélaïde de Savoie, sont en fait des produits locaux nés à la jonction de leur influence[7].
Le Maître de Jean Charpentier travaille à plusieurs reprises aux côtés de Jean Bourdichon. Il reprend aussi régulièrement dans ses œuvres certaines compositions de Fouquet, comme la Déploration ou l'Annonciation. Il reprend également des compositions plus rares telle que le Retour de l'Égypte qui apparaît pour la première fois à la place de la Fuite en Égypte chez le Maître des Heures de François de Bourbon-Vendôme[8]. Dans les Heures de Jean Charpentier, la Sainte Famille s'arrête pendant le retour d'Égypte, et c'est la Vierge qui tend un fruit à l'Enfant porté par Joseph[1].
L'artiste reprend plusieurs des caractéristiques de Jean Bourdichon, telles les rehauts d'or qui éclairent les vêtements des protagonistes principaux, même s'il abandonne le cadrage des personnages à mi-corps. Il a également une prédilection pour les scènes nocturnes. Les ciels sont peints dans un bleu profond, comme dans les Heures de Jean Charpentier, ou dans un mauve opaque comme dans les Lamentations de saint Bernard. Les personnages sont souvent trapus; vêtus de tissus lourds, creusés et surabondants, soigneusement rehaussés d'or dans les lumières[9]. L'encadrement à statues des prophètes dans des niches dérive de Jean Colombe. La disposition des deux personnages sous une architecture toute dorée est l'une des compositions de Jean Fouquet[9].


