Maître de la Légende dorée de Munich

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Période d'activité
Noms de naissance
Conrad de Toul (?), Conradus Toliensis (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Maître de la Légende dorée de Munich
Période d'activité
Noms de naissance
Conrad de Toul (?), Conradus Toliensis (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Maître
Lieu de travail
Œuvres principales

Le Maître de la Légende dorée de Munich est un maître anonyme enlumineur actif à Paris et peut-être à Rouen entre 1420 et 1460. Il doit son nom à un manuscrit de la Légende dorée conservé à la Bibliothèque d'État de Bavière à Munich.

Constitution du corpus

Le style de ce maître a été identifié pour la première fois dans le courant des années 1970 par l'historienne de l'art américaine Eleanor Spencer d'après le manuscrit de la Légende dorée de Jacques de Voragine traduite en français et conservée à Munich. Elle a hésité à le nommer d'après les Heures Sobieski, où 19 miniatures sur 60 peuvent lui être attribuées[1]. D'autres auteurs contribuent à attribuer à cet artiste plusieurs manuscrits parmi lesquels : Otto Pächt et Dagmar Thoss[2], puis John Plummer[3]. Laurent Ungeheuer, après une étude systématique de son style dans sa thèse consacrée à ce maître anonyme, propose une mise à jour du corpus en 2015[4]. Une nouvelle liste d'attribution est proposée par l'historien de l'art Gregory Clark dans un ouvrage paru en 2016[5].

Lieux d'activité et commanditaires

Il est difficile de déterminer son origine, mais ce style possèderait des liens avec l'Allemagne selon Spencer. Il est actif dans un premier temps à Paris comme le montre l'origine de ses premiers manuscrits et collabore très régulièrement avec le Maître de Bedford. Il est peut-être actif au sein de son atelier avec le Maître de Fastolf et le Maître de Talbot, contribuant à des manuscrits prestigieux comme les Heures de Bedford et les Heures Sobieski. Après 1427, il semble se déplacer dans une autre ville sous domination anglaise, peut-être Rouen comme semble l'indiquer l'origine de quelques livres d'heures à l'usage de la ville (coll. Collegeville et Naples). Pourtant, son influence perdure à Paris comme semble l'indiquer le portrait de la Famille Jouvenel des Ursins de la Cathédrale Notre-Dame de Paris (actuellement musée de Cluny). Au cours des années 1440 et 1450, sa carrière pourrait avoir été itinérante : il produit des livres pour des notables de Reims, d'Angers et peut-être de Poitiers à la fin de sa carrière, collaborant avec un artiste présent dans cette ville à cette époque, le Maître d'Adélaïde de Savoie[6]. Il pourrait être resté en réalité à Paris tout en ayant des clients venus de toute la France[7].

Tentatives d'identification

Saint Marc, miniature de la Légende dorée de Munich, f.75v b.

À la miniature du folio 75v de la Légende dorée de Munich figure une inscription placée sur le livre déposé devant saint Marc y serait écrit « domi(nu)s con(radu)s tolien(sis) ». Selon l'historien de l'art allemand Eberhard König, il s'agirait du nom de l'artiste, proposant de l'identifier à un certain Conrad de Toul[8]. Cependant, en latin, Toul se dit Tullum Luscorum et Tolensis renvoie plus vraisemblablement à la ville de Dôle. Cette identification est donc remise en cause. Le nom inscrit pourrait être aussi une anagramme, ce qui complexifie grandement les possibilités d'identification. Il peut également s'agir d'une fantaisie du scribe chargé de la copie des textes inclus dans les miniatures, comme en témoigne la graphie « arboise », au milieu de nombreux simulacres d'écriture, sur la feuille de parchemin placée devant le saint Ambroise du folio 71 du même manuscrit[9].

Caractéristiques de son style

Plusieurs éléments permettent d'isoler les miniatures de sa main. Son style se caractérise tout d'abord par l'utilisation en général du trait noir pour mettre en valeur de grands aplats de couleurs et des visages ou des carnations caractéristiques. Ses personnages possèdent le plus souvent des bouches aux commissures des lèvres tombantes, des paupières marquées voire gonflées et des orbites creusées[10].

Plusieurs motifs sont aussi caractéristiques de son style. Il prend soin par exemple de représenter avec beaucoup de détails des objets de décors dans ses miniatures, tels que des portes, des serrures, mais aussi des paysages de villes en arrière-plan. Les voûtes des décors architecturaux sont à de nombreuses reprises décorées de nervures colorées et festonnées. Chez les personnages, les auréoles des saints sont constituées le plus souvent de traits partant de la tête reliés entre eux par une ligne ourlée entourée elle-même d'un cercle entourant parfois des points ou de petits cercles. La Vierge possède le plus souvent une chaîne lâche autour de la taille ponctuée de deux anneaux au milieu desquels pend une chaînette verticale. Enfin, autre élément caractéristique et original, les scènes de la Nativité sont fréquemment décorées d'épis de blé disposés sur le sol de la crèche. Il pourrait s'agir dans ce dernier cas d'un élément symbolique qui préfigure l'Eucharistie, faisant écho aux nouveautés iconographiques provenant du nord de l'Europe, inspirées de la Devotio moderna[11].

L'usage des couleurs fait aussi partie des éléments de son style. De manière générale, comme pour les autres artistes de l'atelier du Maître de Bedford, sa tendance est à l'usage de coloris de plus en plus sombres au cours du temps, entre les années 1420 et 1460[12].

Principaux manuscrits attribués

Voir aussi

Notes et références

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