Mbaqanga

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Origines stylistiques Marabi
Kwela
Origines culturelles années 1960; Afrique du Sud
Mbaqanga
Description de cette image, également commentée ci-après
Ladysmith Black Mambazo en concert au Festival de Ravinia (en), Illinois en 2006
Origines stylistiques Marabi
Kwela
Origines culturelles années 1960; Afrique du Sud
Instruments typiques Basse, batterie, chant, clavier, échantillonneur, guitare, synthétiseur

Le mbaqanga est un style de musique zouloue né au début des années 1960 qui s'est répandu dans l'Afrique, et dont les racines bantoues continuent d'influencer les musiciens du monde entier aujourd'hui.

Historiquement, les lois dites « Land Act » de 1913 et « Group Areas Act » (1950) interdisaient tout mélange entre les communautés tribales, d'où une forme d'ostracisme à l'encontre de la plupart des musiciens noirs. Peu connus au-delà de leurs territoires géographiques, très peu d'artistes noirs ont pu s'y produire ou percer au national, certains se sont exilés. Le fait que la plupart des grandes maisons de disques appartenaient à des Blancs[1] et l'accentuation de la sévérité de la politique raciale de la SABC (South African Broadcasting Corporation) en 1960[2] mettait ce milieu musical sous une chape de plomb. Il faut attendre la popularité de Miriam Makeba, puis fin des années 1980 celle de Johnny Clegg et Paul Simon pour que le mbaqanga accède à un reconnaissance internationale[1].

Origine

Mahotella Queens

Le mbaqanga s'est développé dans les shebeens sud-africains au cours des années 1960. C'est dans ces établissements tenus par des cabaretières (Shebeen Queens) que des boissons illicites comme le skokiaan ("Chikokiyana" en Shona) étaient vendues[3]. C'est dans cette ambiance de prohibition que s'est développé le renouveau de la tradition musicale africaine [4].

En zoulou, le terme mbaqanga signifie "La bouillie quotidienne de farine de maïs". La musique Mbaqanga a été une opportunité pour les amateurs de jazz africain : beaucoup d'entre eux y trouvèrent une forme basique de subsistance musicale et spirituelle en intégrant les chants religieux à quatre voix apportés par les colonisateurs européens. Siyahamba, un chant traditionnel zoulou, s'inscrit dans le courant des chants de dévotion a cappella. Ses paroles signifient « Nous marchons dans la lumière de Dieu ». Ce fut leur « pain quotidien musical »[5].

Le mbaqanga a permis au de faire le lien entre l'utilisation des instruments venus d'Occident et le style vocal sud-africain. Cette période dite des indépendances a vu naitre des mouvements musicaux similaires dans toute l'Afrique, avec un retour aux sources des rythmes depuis l'Amérique par le jazz entre autres, mais aussi toutes les musiques caraïbes.

Par ailleurs, de nombreux spécialistes considèrent que le mbaqanga est un mélange entre marabi et kwela. Le ministère du Tourisme d'Afrique du Sud le décrit comme « la structure cyclique du marabi [...] avec une grosse cuillerée de swing de big band américain jetée dessus »[6].

Les principaux musiciens

Miriam Makeba (1969)

L'un des premiers groupes innovateurs du mbaqanga fut le « Makgona Tsohle Band » de la ville de Pretoria. Il se composait de Marks Mankwane (guitare solo), Joseph Makwela (guitare basse), Vivian Ngubane (guitare rythmique), Lucky Monama (batterie) et West Nkosi (saxophone).

Le genre a gagné en popularité avec les stations de la South African Broadcasting Corporation. Les premiers artistes furent Miriam Makeba, Dolly Rathebe et Letta Mbulu.

Le mbaqanga a maintenu sa popularité jusqu'aux années 1980, date à laquelle il a été remplacé par le Bubblegum pop, musique pop sud-africaine.

D'autres artistes ont acquis une notoriété au fil du temps et ont conquis un solide public de fans :

  • Ladysmith Black Mambazo, un groupe vocal sud-africain, fondé en 1960 par Joseph Shabalala. Célèbre pour ses performances a cappella, il est représentatif des styles mbube et isicathamiya. Sa composition a évolué au fil des années. Il a été rendu mondialement célèbre grâce à sa participation à l’album de Paul Simon, Graceland.
  • « Makgona Tsohle Band » formé en 1964 à Mavuthela (la division « musique noire » de Gallo Record Company )
  • Mahlathini, connu sous le nom de « Lion de Soweto »,
  • « Mahotella Queens », un groupe féminin sud-africain formé en 1964 par le producteur de musique Rupert Bopape
  • « Dark City Sisters and the Soul », également formé en 1958 par le producteur de musique Rupert Bopape.
  • Simon Baba Mokoena,

L'un des rares groupes de mbaqanga à persister au début des années 2000 est « The Cool Crooners », du Zimbabwe, qui résulte d'une fusion entre deux groupes rivaux ayant plus ou moins cessé leur activité, « The Cool Four » et « The Golden Delicious Rhythm Crooners »[1],[7]. Deux albums sont à leur actif à la suite de la renaissance du groupe : Blue sky (05/2002 - EPIC, Globe Music 2001) et Isatilo (Atelier Noaille, 2004).

Ils se sont produits en France entre autres lors de l'émission « Des mots de minuit » le 16/02/2005[8] y interprétant le légendaire Clik Song de Miriam Makeba. La moyenne d'age des membres était alors supérieur à 60 ans. Blue Skye était alors le surnom d'une prison importante du régime dictatorial de l'époque, le morceau de ciel bleu l'espoir.

La musique et la danse zouloues ont été mondialement diffusées, notamment grâce aux reprises de chansons traditionnelles (comme The Lion Sleeps Tonight), Pata Pata de Miriam Makeba et sa reprise à l'internationale par Manu Dibango, mais aussi en France par Sylvie Vartan, par l'artiste international Johnny Clegg (surnommé le "Zoulou Blanc") et Paul Simon au début des années 90. Elle se caractérise traditionnellement par des voix et des polyphonies alors que le haut de l'Afrique bénéficiait de l'apport de nombreux instruments à corde, le centre ayant développé d'autres instruments ( balafon, kalimba etc).

Evolution et influence

Notes et références

Voir aussi

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