Mers el-Kébir
commune d'Algérie
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Mers el-Kébir (en arabe : المرسى الكبير, al-Marsā al-Kabīr, « le grand port » ; en tamazight : ⵍⵎⴻⵔⵙⴰ ⵍⴻⴽⴱⵉⵔ) est une ville portuaire et une commune algérienne de la wilaya d'Oran, située sur le littoral de la mer Méditerranée, à environ 7 km au nord-ouest d'Oran.
| Mers el-Kébir | ||||
Vue sur Mers el-Kébir. | ||||
| Noms | ||||
|---|---|---|---|---|
| Nom arabe | المرسى الكبير | |||
| Nom amazigh | ⵍⵎⴻⵔⵙⴰ ⵍⴻⴽⴱⵉⵔ | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Oranie | |||
| Wilaya | Oran | |||
| Daïra | Aïn El Turk | |||
| Code postal | 31019[1] | |||
| Code ONS | 3115 | |||
| Indicatif | 041 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 16 970 hab. (2008[2]) | |||
| Densité | 1 546 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 35° 43′ 43″ nord, 0° 42′ 25″ ouest | |||
| Altitude | 30 m Min. 0 m Max. 151 m |
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| Superficie | 10,98 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya d'Oran. | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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Grâce à sa rade naturellement protégée, Mers el-Kébir a joué un rôle maritime et militaire important au cours de son histoire. Le site est souvent rapproché de l'antique Portus Divinus, mentionné dans l'Itinéraire d'Antonin, mais la localisation exacte de cette station romaine entre les baies d'Oran et de Mers el-Kébir demeure discutée. La découverte ancienne d'une inscription latine fragmentaire et des vestiges d'une citerne à La Sardine appuie toutefois l'hypothèse de Mers el-Kébir[3].
La commune accueille la Base navale principale de Mers El-Kébir, l'une des principales installations des Forces navales algériennes[4].
Géographie
Situation et relief
La commune de Mers el-Kébir est située dans le nord de la wilaya d'Oran, à l'extrémité occidentale de la baie d'Oran, qui s'étend jusqu'à la pointe de Canastel. Elle est séparée du centre d'Oran par le massif de l'Aïdour, également appelé Murdjajo[5].
L'agglomération occupe un espace relativement étroit entre le versant montagneux et les installations portuaires. Cette configuration limite son extension urbaine, mais forme une rade profonde et naturellement protégée, qui explique le développement ancien de ses fonctions portuaires et militaires[6].
Voies de communication
Mers el-Kébir est reliée à Oran et à Aïn El Turk par la route nationale 2. L'axe routier longe le littoral et traverse plusieurs passages en corniche et en tunnel entre le massif du Murdjajo et la mer[5].
Secteurs et lieux-dits
Le décret du 19 décembre 1984 fixant la composition territoriale des communes de la wilaya d'Oran rattache à Mers el-Kébir les secteurs et lieux-dits suivants[7] :
- Cité de Orarsenis, anciennement Plateau Saint-Georges ;
- Sahara, anciennement Andriolli ;
- Ezzouhour, anciennement Roseville ;
- Hassiba Ben Bouali, anciennement cité Jeanne-d'Arc ;
- Hansali Lahcène, anciennement cité Long-Champ ;
- Dadayoum, anciennement Clotilde.
Toponymie
Le nom Mers el-Kébir est issu de l'arabe المرسى الكبير (al-Marsā al-Kabīr), qui signifie « le grand port ». Le terme arabe marsā désigne un port, un mouillage ou un lieu d'ancrage, tandis que al-kabīr signifie « le grand »[5].
Cette appellation distingue traditionnellement la grande rade de Mers el-Kébir du port d'Oran, parfois désigné dans les sources locales comme Mers es-Sghir, « le petit port ». Sous la domination espagnole, le nom arabe est transcrit sous la forme Mazalquivir.
Histoire
Antiquité
L'Itinéraire d'Antonin mentionne une station appelée Portus Divinus, qui constituait un point de départ ou d'arrivée de routes maritimes et terrestres de la Maurétanie Césarienne. Sa localisation exacte demeure incertaine entre les baies d'Oran et de Mers el-Kébir, toutes deux utilisées durant l'Antiquité[3].
L'hypothèse de Mers el-Kébir repose notamment sur la découverte, à la périphérie sud-est de la baie, d'une inscription latine fragmentaire semblant mentionner un portus, ainsi que sur les vestiges d'une citerne antique autrefois visibles au lieu-dit La Sardine. Ces vestiges ont en grande partie disparu lors de la construction de la route littorale[3].
Moyen Âge
Au Moyen Âge, Mers el-Kébir sert de port à Oran, dont elle est séparée par le massif montagneux. Les géographes arabes distinguent le centre urbain de Wahran de son grand port, situé à quelques kilomètres et protégé par les hauteurs environnantes[8].
Au XIIe siècle, le calife almohade Abd al-Mumin fait de Mers el-Kébir un arsenal maritime. Le port passe ensuite sous l'autorité des souverains zianides de Tlemcen. Sa rade abritée peut recevoir des navires de fort tonnage, mais l'agglomération demeure longtemps de dimensions plus modestes que la ville voisine d'Oran[5].
Au début du XVIe siècle, Léon l'Africain décrit Mers el-Kébir comme une petite ville portuaire aménagée par les souverains de Tlemcen.
Tentatives portugaises et prise espagnole
À la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, Mers el-Kébir devient un objectif des puissances ibériques engagées dans leur expansion sur le littoral du Maghreb. Une expédition portugaise tente de s'emparer de la place en 1501, mais le débarquement échoue face à la résistance locale[9].
Le 13 septembre 1505, une expédition espagnole conduite par Diego Fernández de Córdoba s'empare de Mers el-Kébir, qui devient un préside espagnol. La place sert ensuite de base à la prise d'Oran en 1509. Le destin militaire des deux villes demeure dès lors étroitement lié.
Sièges des XVIe et XVIIe siècles
En 1563, Hassan Pacha, beylerbey de la régence d'Alger, conduit une importante offensive contre Oran et Mers el-Kébir. Après la prise du fort des Saints, ses forces établissent le blocus de Mers el-Kébir le 5 avril. La résistance de la garnison espagnole et l'arrivée de renforts maritimes conduisent à la levée du siège le 8 juin[10].
La place est de nouveau soumise à des opérations militaires entre 1675 et 1678. En janvier 1678, une sortie de la garnison espagnole entraîne de violents combats dans la plaine située à l'extérieur des fortifications. D'autres affrontements ont lieu durant les années suivantes.
Première période sous la régence d'Alger
En 1708, les forces du bey de l'Ouest Mustapha Bouchelaghem s'emparent d'Oran. Mers el-Kébir, mieux protégée par ses fortifications et par sa position littorale, poursuit sa résistance jusqu'au 3 avril, date à laquelle la garnison espagnole capitule[11].
Les deux places restent sous l'autorité de la régence d'Alger jusqu'en 1732.
Seconde occupation espagnole et retour à la régence d'Alger
En juillet 1732, une importante expédition commandée par le comte de Montemar permet à l'Espagne de reprendre Oran et Mers el-Kébir. Les deux places forment de nouveau un ensemble militaire espagnol, entouré par les territoires de la régence d'Alger[11].
La seconde occupation espagnole est marquée par des attaques répétées, des difficultés d'approvisionnement et le coût élevé de l'entretien des fortifications. Le tremblement de terre d'Oran du 9 octobre 1790 endommage gravement les défenses et accélère les négociations entre l'Espagne et la régence d'Alger.
À la suite d'une convention conclue entre les deux puissances, les forces espagnoles évacuent Oran et Mers el-Kébir en 1792. Les deux places passent alors définitivement sous l'autorité de la régence d'Alger[11].
Période contemporaine

Période coloniale française
Après la prise d'Oran par les forces françaises, Mers el-Kébir est occupée en 1831. Le port est progressivement agrandi et intégré aux infrastructures maritimes de l'Algérie coloniale. Le phare Saint-André est construit pour signaler l'entrée de la rade ; il est détruit durant la Seconde Guerre mondiale.
À partir du milieu du XIXe siècle, une communauté de pêcheurs s'établit dans la baie. Elle comprend notamment des Espagnols ainsi que des Italiens originaires de Naples, de Sardaigne, de Toscane et surtout de l'île de Procida. Une partie de ces pêcheurs fonde le quartier de Saint-André de Mers el-Kébir[12].
Construction de la base navale
Dans le cadre de la réorganisation stratégique de la Marine française en Méditerranée, le projet de construction d'une grande base navale à Mers el-Kébir se concrétise à partir de 1936. D'importants travaux sont entrepris afin d'aménager les jetées, les quais, les dépôts, les installations souterraines et les moyens de défense de la rade[13].
En 1940, les travaux sont encore loin d'être achevés et la base demeure embryonnaire. Elle abrite néanmoins une importante partie de la flotte française après l'armistice franco-allemand de juin 1940[13].
Attaque britannique de juillet 1940
Les 3 et 6 juillet 1940, la flotte britannique attaque les navires français mouillés à Mers el-Kébir. Le gouvernement britannique cherche à empêcher que ces bâtiments puissent être utilisés par les puissances de l'Axe après l'armistice conclu entre la France et l'Allemagne. Les deux attaques provoquent la mort de près de 1 300 marins français[13].
Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, Mers el-Kébir devient une base navale pleinement opérationnelle. Elle sert notamment de point d'appui aux opérations alliées en Méditerranée et aux débarquements de Corse et de Provence[13].
Après la guerre, les installations sont agrandies et une partie de la base est aménagée sous la montagne afin de protéger les navires et les équipements contre les bombardements conventionnels et nucléaires.
Depuis l'indépendance de l'Algérie
Les accords d'Évian de mars 1962 autorisent temporairement la France à conserver l'usage de la base navale de Mers el-Kébir pour une durée maximale de quinze ans. Un accord ultérieur prévoit toutefois son évacuation anticipée.
La base est remise à l'État algérien à la fin du mois de janvier 1968, neuf ans avant l'échéance initialement prévue. Les dernières unités françaises quittent alors les installations[14].
Depuis cette date, le site constitue la Base navale principale de Mers El-Kébir des Forces navales algériennes[4].
Démographie

Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune de Mers el-Kébir est évaluée à 16 970 habitants contre 14 167 en 1998[15].
Économie
Activités maritimes
L'activité économique de Mers el-Kébir est historiquement liée à sa rade, à la pêche, aux activités portuaires et à la présence d'installations militaires. La configuration naturelle de la baie en fait l'un des mouillages les mieux protégés du littoral algérien[6].
La pêche a longtemps constitué une activité importante pour la population locale. Au début des années 1960, environ 400 pêcheurs exercent entre Oran et Mers el-Kébir, auxquels s'ajoutent les activités de transformation, de commercialisation et de réparation liées au secteur[12].
Base navale et construction navale
Mers el-Kébir accueille une base officiellement désignée par le ministère algérien de la Défense nationale comme la « Base navale principale Mers El-Kébir »[4].
La commune abrite également un établissement de construction et de réparation navales. Celui-ci réalise des opérations de construction, de maintenance et de réparation au profit des Forces navales algériennes ainsi que d'entreprises civiles[16].
Personnalités liées à la commune
- André Castel (1943-2019), footballeur professionnel, né à Mers el-Kébir ;
- André Amitrano (né en 1957), footballeur professionnel, né à Mers el-Kébir ;
- François Darlan (1881-1942), amiral de la flotte française, dont la dépouille est transférée en 1964 au cimetière marin de Mers el-Kébir[17].