Le karaoké est un passe-temps très répandu aux Philippines. Du fait de son coût très modique (5 pesos par chanson, soit 0,1 $ américain de 2007), il est particulièrement prisé des catégories les plus pauvres de la population, dans un pays où près de la moitié des habitants vit avec moins de 2 $ par jour ; pour bon nombre d'individus issus de ces milieux, c'est aussi une manière d'échapper aux difficultés du quotidien[1].
Malgré l'absence de statistiques précises, pas moins d'une demi-douzaine de meurtres imputables à la chanson My Way se sont produits entre 2000 et 2010, ce qui a incité les médias à qualifier ce phénomène de « meurtres My Way » (‘My Way’ killings)[2]. Le journaliste Palash Ghosh de l'International Business Times écrit quant à lui en 2012 que « la chanson phare de Frank Sinatra, My Way, a servi de bande-son à pas moins d'une douzaine de meurtres au cours de la dernière décennie »[3]. À la suite de ces événements, le New York Times note que « nombreux sont les établissements à retirer [My Way] de leur catalogue » alors que « les admirateurs de Sinatra pratiquent souvent l'autocensure par instinct de survie »[2].