Mezezios
usurpateur byzantin
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Mezezios (en grec Μιζίζιος), Mezezius ou Mecetius (en latin) et probablement de son vrai nom Mejēj Gnouni (en arménien Մժեժ Գնունին) est un membre de la cour de l'empereur Constant II, puis un usurpateur de l'empire byzantin pendant sept mois de 668 à 669.
Iohannes (usurpateur) (de facto, en Sicile)
| Mezezios | |
Solidus à l'effigie de Mezezios ou de son fils | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Usurpateur Byzantin en Sicile | |
| ~ – (1 an) |
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| Prédécesseur | Constant II Héraclius (légitime) |
| Successeur | Constantin IV (légitime) (de jure)
Iohannes (usurpateur) (de facto, en Sicile) |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Mejēj Gnouni |
| Date de naissance | |
| Date de décès | |
| modifier |
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Biographie
Selon une lettre du pape Grégoire II à l'empereur Léon III, il aurait été comte de l'Opsikion. Mais ce qualificatif est actuellement mis en doute, et il parait plus probable que le pape voulait dire « capitaine de la garde » (en latin : obsequium) de Constant II. La Chronique de Michel le Syrien le qualifie de « patrice ».
En 663, afin de protéger les provinces occidentales et la Sicile des risques d'invasions arabes, l'empereur Constant II établit sa capitale à Syracuse, laissant l'administration des provinces orientales à son fils Constantin IV[1]. Parmi les nobles qui l'accompagnent figure Mezezios, un noble d'origine arménienne, probablement de la famille Gnouni. Le fardeau financier qui repose ainsi sur la Sicile provoque un grave mécontentement local[2]. Le , il est assassiné par un de ses serviteurs qui le frappe pendant son bain avec le vase dont il se servait pour lui verser de l'eau sur la tête[1]. La raison du meurtre est inconnue, mais selon la lettre du pape Grégoire II, ce sont les évêques siciliens qui auraient ordonné le meurtre, car ils considéraient Constant II comme hérétique. En réalité, peu de choses sont certaines sur les circonstances exactes de cet assassinat. Des historiens récents comme Marek Jankowiak ou Vivien Prigent mettent plutôt l'accent sur l'imminence d'un assaut arabe contre Constantinople qui aurait incité les élites de cette cité à éliminer Constant II pour recentrer la politique impériale.
L'implication de Mezezios dans le coup d'état est très incertaine et n'est citée que par Théophane le Confesseur. Dans une hypothèse liée à son origine arménienne, Riccardo Maisano postule que Mezezios est l'instrument d'une action menée par les Arabes contre l'empereur. En effet, à la même époque, l'Arménie est un théâtre d'opposition entre Byzantins et Arabes et l'allégeance des Arméniens tend à osciller entre les deux camps[3]. Il semble que Mezezios est proclamé empereur contre son gré selon certaines sources, mais il ne parvient pas à rallier le soutien de la population locale et des troupes impériales[2]. La suite des événements est également confuse. La seule chose certaine est que Mezezios est vaincu par les troupes loyalistes, vraisemblablement des contingents d'Italie et d'Afrique. Certains récits font état d'une expédition menée par Constantin IV mais qui paraît peu probable si Constantinople est menacée[2].
Il laisse un fils, Jean, qui continua la révolte avant d'être vaincu à son tour par Constantin IV[4]. Ce rejeton n'est mentionné que par Michel le Syrien mais expliquerait certaines confusions entre le soulèvement de Mezezios et celui de son fils. L'intervention de Constantin IV en Italie pourrait alors être liée à la révolte de Jean, un peu plus tardive. De même, les pièces de monnaie attribuées à Mezezios pourraient en fait représenter son fils. En effet, ces pièces reprennent le style iconographique adopté par Constantin IV, qui rompt avec le modèle de ses prédécesseurs immédiats. Or, il paraît peu probable que Mezezios ait anticipé ce changement ou bien même que sa révolte ait duré jusqu'au choix de rupture iconographique de Constantin IV. Ainsi, Vivien Prigent a-t-il estimé plus cohérent chronologiquement que ces pièces aient été battues par le fils de Mezezios[5].