Michael Oakeshott

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Décès
(à 89 ans)
Acton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Britannique
Formation
Gonville and Caius College
St George's School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Michael Oakeshott
Naissance
Décès
(à 89 ans)
Acton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Britannique
Formation
Gonville and Caius College
St George's School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
École/tradition
Principaux intérêts
Influencé par
Distinction

Michael Joseph Oakeshott, né le à Chelsfield et mort le à Langton Matravers, est un philosophe et historien britannique. Particulièrement intéressé par la pensée politique, la philosophie de l'histoire, l'éducation, la religion et l'esthétique, il est considéré comme l'un des intellectuels conservateurs les plus significatifs du XXe siècle[1].

Michael Oakeshott naît à Chelsfield. Il enseigne l’histoire moderne à l'université de Cambridge dès 1920 puis en 1949 les sciences politiques à la London School of Economics, remplaçant le professeur Harold Laski.

Pensée politique

Comme la plupart des conservateurs, dont Edmund Burke, il se méfie d'une rationalité identifiée aux Lumières[2]. Cette critique du rationalisme est influencée par des penseurs tel Aristote, Michel de Montaigne et Friedrich Hayek.

Michael Oakeshott défend le principe d'un État limité (minimal) qui est décliné par la suite en deux interprétations, sociale et politique.

La première de ces interprétations est au service de l’« association civile »[3]. Michael Oakeshott se consacre donc à montrer combien Thomas Hobbes a formulé l'idiome moral qui fait le meilleur de la civilisation européenne et de la culture occidentale. Ce type de société fait vivre ensemble les individus, non par la force des coutumes, ni par la conciliation de l'autonomie individuelle et d'un but social commun, mais par leur libre accommodation les uns aux autres en fonction de règles qu'il dépend d'eux de reconnaitre et d'accepter. Ces vertus de la vie en société sont directement inspirés d'Aristote.

La deuxième traduction est la politique de la Foi, la politique du Scepticisme[4], conception sceptique de la liberté et de l’égalité constitutive de la démocratie. En effet, préfigurant la pensée de Michel Foucault[5], Michael Oakeshott estime que la fonction du gouvernement ne consiste pas réellement à guider les aspirations des volontés individuelles mais à arbitrer entre elles en cas de conflits. En conséquence, la politique ne vise ni à transformer l'homme, ni à dicter l'horizon du bien, mais à gouverner les hommes tels qu'ils sont[6]. C’est plutôt dans cette dernière tradition que se reconnaît Michael Oakeshott, dans laquelle il classe John Locke, Spinoza, Blaise Pascal, Thomas Hobbes, David Hume, Montesquieu, Edmund Burke, Paine, Jeremy Bentham, Coleridge, Calhoun et Macauley. Ceci l’amènera à se définir comme conservateur :

« Être conservateur, c’est donc préférer le familier à l’inconnu, ce qui a été essayé à ce qui ne l’a pas été, le fait au mystère, le réel au possible, le limité au démesuré, le proche au lointain, le suffisant au surabondant, le convenable au parfait, le rire de l’instant présent à la béatitude utopique. »[7]

Sa défense de la tradition est loin d'être un traditionalisme : contrairement à Edmund Burke, Michael Oakeshott est avant tout un individualiste[8].

Il partage une conception de l'action humaine proche de Ludwig von Mises ; et il a en commun avec Friedrich Hayek la compréhension dynamique de la société et des individus[9].

Michael Oakeshott est un penseur libéral qui se définit comme conservateur par disposition.

Réception

L'œuvre de Michael Oakeshott est peu connue en France.

Il est cité par le juge en chef William Rehnquist, l'un des juges les plus conservateurs de la Cour suprême des États-Unis, comme l'une ses références intellectuelles premières, et des philosophes comme John Rawls, Charles Taylor, ou John Pocock se réfèrent également à lui.

Œuvres (choix)

  • (en) Rationalism in Politics and other Essays, Indianapolis, Liberty Fund,
  • De la conduite humaine (trad. Olivier Sedeyn), Paris, PUF,
  • (en) The Politics of Faith and the Politics of Scepticism, Yale University Press,
  • (en) Experience and its Modes, Cambridge University Press,
  • Morale et politique dans l’Europe moderne (trad. Olivier Sedeyn, préf. Olivier Sedeyn), Paris, Éditions Les Belles Lettres, coll. « Bibliothèque classique de la liberté », (ISBN 225139043X)
  • L'association civile selon Hobbes : suivi de Cinq essais sur Hobbes (trad. Dominique Weber), Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », (ISBN 978-2-7116-2342-6)
  • Du conservatisme (trad. Jean-François Sené, préf. Adrien Guillemin), Paris, Éditions du Félin, (ISBN 978-2-86645-770-9, présentation en ligne)

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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