Michel Cagnion
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Michel Cagnion, né le et mort le , était un ancien directeur général de la Fédération française de football (FFF).
Dans le milieu des années 1950, Michel Cagnion collabore épisodiquement à l'hebdomadaire France Football. "Son sens de la formule, sa facilité de plume et de parole auraient pu lui permettre de réussir dans notre profession. De loin en loin, il semblait en garder comme une frustration" écrira plus tard Gérard Ernault de son ancien collègue[1]. Trentenaire, Michel Cagnion entre alors à la FFF en 1958 comme secrétaire administratif, sous la direction de Pierre Delaunay. En dix ans, il va devenir l'un des rouages essentiels de l'administration de Pierre Delaunay puis de celle de Fernand Sastre. Le football français va par contre passer de l'euphorie au désarroi durant cette même décennie. L'élimination de l'équipe de France des 1/4 de finale du championnat d'Europe des Nations, le (battue 1-5 par la Yougoslavie) marque le début de dix ans d'insuccès total de la sélection. La société française et son football sont alors en pleine mutation. Les clubs professionnels, par leur Groupement, s'opposent à l' Union nationale des footballeurs professionnels.
Le , des footballeurs français font leur "Mai 68", envahissant le 60 bis Avenue de Iéna, siège de la FFF. Michel Cagnion et la trentaine d'employés de la FFF sont rassemblés dans une salle de l'immeuble. Les manifestants se barricadent, affichant sur la façade de cet immeuble cossu le slogan "Le Football aux footballeurs" et "La Fédération, propriété des 600 000 footballeurs." Dès le début de l'occupation, Michel Cagnion et les membres du personnel administratif protestent contre les atteintes portées à leur liberté de mouvement, soulignant notamment qu'ils étaient des salariés et non des responsables. Selon eux, l'occupation aurait dû avoir lieu un jour de réunion du bureau fédéral afin que les manifestants puissent s'en prendre aux vrais responsables de la FFF. Le personnel est finalement autorisé à quitter les lieux au bout de quelques heures seulement. Mais Pierre Delaunay, secrétaire général, et Georges Boulogne, instructeur national, isolés dans un bureau et retenus, seront contraints d'attendre le milieu de l'après-midi pour recouvrer leur liberté. L'occupation durera jusqu'au [2].
Sont dénoncés à l'époque la soumission des dirigeants de la FFF au pouvoir politique, les pratiques autoritaires héritées du ministre des sports gaulliste Herzog et le népotisme qui existerait au sein de la FFF. Des attaques sont dirigées contre les notables de la FFF : Antoine Chiarisoli, président en exercice, Jean Sadoul, président du Groupement des clubs autorisés, ainsi que Pierre Delaunay. Ce dernier focalise une animosité particulièrement exacerbée parce qu'il incarne un type de pouvoir insupportable pour les contestataires : il a succédé au poste de secrétaire général de la FFF à son père Henri, décédé en 1955. Les footballeurs manifestants réclament sa démission et un référendum sur l’organisation de la FFF, auquel participeraient les 600 000 licenciés. La FFF elle-même réagit le pour condamner l'occupation de ses locaux. Elle s'efforce d'emblée de minorer l'événement en mettant l'accent à la fois sur la faiblesse numérique des protagonistes et sur la présence des journalistes du Miroir du football ; manière de disqualifier l'action, sans toutefois évoquer son éventuel caractère politique. Le communiqué rappelle aussi que les statuts de la FFF ont un caractère démocratique. Enfin, une allusion est faite à la refonte en cours de ses statuts[2].
En effet, le , le Conseil d’État de la République Française approuve le projet de la FFF du : la transformation de son Bureau Fédéral en Conseil Fédéral et la création du poste de Directeur Général. Michel Cagnion, sorti renforcé des événements de 1968, posera sa candidature. Sur le terrain, c'est aussi la "révolution" : le , l'équipe de France poursuit sa vertigineuse chute. En éliminatoires de la Coupe du monde 1970, elle s'incline 0-1 à Strasbourg contre la Norvège, composée de joueurs amateurs. Cette défaite suscite une véritable révolution, l’équipe de France étant de ce fait quasiment éliminée dès son premier match. Le quotidien L’Équipe, imité par d’autres journaux, demande la démission des autorités en place, la désignation d’un Comité provisoire de rénovation et jette les bases d’une réforme dont on parlera durant des mois. Le groupe des "réformateurs" Georges / Sastre entend bien garder le cap et, le , présente sa "plateforme".
