Michel Durand-Delga
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 89 ans) Fontainebleau |
| Nom de naissance |
Michel Paul Adrien Durand-Delga |
| Nationalité | |
| Activité |
Géologie |
| A travaillé pour |
Université de Paris Sorbonne et de Toulouse |
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| Membre de | |
| Conflit | |
| Dir. de thèse | |
| Distinctions |
Michel Durand-Delga, né le à Gaillac (Tarn) et mort le à Fontainebleau, est un géologue français et un historien de la géologie.
Enfance et études
Michel Durand-Delga nait le au château Durand-Delga à Gaillac, demeure bâtie par son grand-père Adrien Durand (1841-1899).
Son père Émile Durand (1882-1962) fait adjoindre le patronyme "Delga" au sien en hommage aux frères Delga, parents de la famille. Ceux-ci étaient des officiers napoléoniens originaires de Gaillac et morts au champ d'honneur. Sa mère, Marthe Cassan (1894-1969), est également issue d'une famille aisée gaillacoise. Cousin du géologue et spéléologue Bernard Gèze (1913-1996), ce dernier l'initie dès son enfance à la géologie en explorant le Quercy et la Montagne Noire.
Il commence sa scolarité dans la Tarn, à Gaillac, Valence d’Albigeois et Albi, où il obtient son baccalauréat en 1940. Il passe sa licence à Toulouse et publie ses premières notes de géologie avec son cousin[1].
Seconde Guerre mondiale et Résistance
En 1943, envoyé en Corrèze pour un chantier de jeunesse, il s'enfuit vers l'Espagne lors d'une permission (le ). Il passe par Saint-Girons, Luzenac de Moulis, la vallée du Ribérot et le difficile Col de la Pale de la Clauère. Après trois nuits de clandestinité, il est arrêté par la Guardia Civil, détenu à Lérida et Miranda de Ebro, et peut finalement embarquer à Malaga en direction de Casablanca.
Il rejoint les Forces Françaises Libres au sein du 37e régiment du génie à Port Lyautey, puis intègre les Commandos de France à Sidi Ferruch. Parachutiste, il embarque pour Toulon et participe aux libérations de Belfort, de Mulhouse et de Strasbourg. On le retrouve à la réduction de la poche de Colmar () puis en Bavière.
Il est décoré de la médaille des évadés, de la Croix de Guerre 1939-1945 et de la Croix du combattant volontaire de la guerre de 1939-1945.
Il est démobilisé en 1945[1].
Carrière universitaire
Après la guerre, Michel Durand-Delga rejoint le laboratoire de Géologie du Collège de France sous la direction de Paul Fallot. Il y est préparateur de 1945 à 1947 et y commence une thèse sur la géologie du massif de Mouthoumet dans les Corbières. Il ne la termine pas et change de sujet pour s'intéresser à la chaîne numidique dans le nord du Constantinois[1].
En 1947, il devient chef de travaux à l'INA, puis en 1955 à la Sorbonne. Il est maître de conférences à la Sorbonne en 1958, professeur sans chaire en 1960 et titulaire de chaire en 1963. En 1972, il devient professeur et patron du laboratoire de géologie méditerranéenne à l'Université de Toulouse. Il devient professeur émérite en 1986[2].
Il préside la section géologie du Comité national du CNRS de 1971 à 1976.
Il préside la Société géologique de France en 1975[3].
Il est élu Membre correspondant de l'Académie des Sciences de France en 1980. Après sa mort, un colloque scientifique a été organisé en son honneur par l'Académie des sciences, les 3 et [4].
Il est membre, puis membre d'honneur (2002) du conseil d'administration de l'INHIGEO (en).
Travaux scientifiques
Il s'intéresse à la géologie et à la tectonique des chaînes alpines autour de la Méditerranée occidentale : l'Atlas marocain, des Cordillères Bétiques, de Gibraltar, de la partie orientale des Pyrénées et de la Corse[5]. C'est un géologue de terrain qui fait des cartes extrêmement précises au 1/25 000ème. En paléontologie, il est spécialiste des calpionelles[6].
Il écrit des biographies de grands géologues, notamment de Jules Marcou, de Ami Boué et de Marcel Bertrand. Il écrit différents articles sur l'affaire Deprat, qui est la plus importante erreur judiciaire de l'histoire en sciences géologiques, puisqu'elle a conduit à évincer Jacques Deprat de la fonction publique pour forfaiture, alors que l'intéressé était totalement innocent des chefs d'accusation ; ces articles lui ont valu le prix Wegmann de la Société géologique de France et ont permis de réhabiliter Deprat après sa mort[7],[8].
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre des Palmes académiques
Croix de guerre -
Croix du combattant volontaire de la guerre de -- Médaille des évadés
- Lauréat de l’Académie des sciences (1956)
- Prix Prestwich de la Société géologique de France (1972)
- Prix Wegmann de la Société géologique de France (2004)
- Médaille d'honneur de l'université de Université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia (Bulgarie) (1994)
- Golden Jurassic Ammonite Award décerné par l'International Geological Correlation Programme (IGCP) (en) (2008)[9]
- Docteur honoris causa des universités de Cagliari et de Grenade
- Membre correspondant de l'Académie des Sciences de France (1980)[10], section des Sciences de l'univers
- Président de la Société géologique de France (1975)
- Membre de l'Académie polonaise des arts et sciences, de l'Académie hongroise des sciences, de l'Académie roumaine[2]
- Membre d'honneur de la Société géologique de Pologne, de la Société tchécoslovaque de géologie et de minéralogie, et de la Société géologique de Bulgarie[2]