Michel Luizet
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Limonest (France)
Saint-Genis-Laval (France)
| Naissance |
Limonest (France) |
|---|---|
| Décès |
(à 52 ans) Saint-Genis-Laval (France) |
| Nationalité |
|
| Domaines | astronome |
|---|---|
| Institutions | Observatoire de Lyon |
| Renommé pour |
Les étoiles variables Céphéide V849 Ophiuchi |
| Distinctions | Prix Valz (1908) |
Michel Luizet (né à Limonest le , décédé à Saint-Genis-Laval le ) est un astronome français, spécialiste des étoiles variables.
Fils de Étienne Luizet, menuisier, et de Jeanne-Marie Ponson, il fréquente l’école communale de Limonest, puis les cours de l’Institution pratique de la Martinière à Lyon jusqu’à l’âge de 15 ans.
La météorologie
Pendant les vacances de 1881, au cours de promenade sur la colline du Mont Verdun, il fait la connaissance d’Émile Marchand, chargé des observations météorologiques dans cette nouvelle station de Mont-Verdun. Celui-ci l’embauche comme assistant, au vu des qualités d’observation qu’il distingue chez ce jeune adolescent. Le 1er octobre 1881, Michel Luizet entre comme auxiliaire à l’observatoire de Lyon[1] où il se met au courant du service météorologique. Le , Charles André, directeur de l’Observatoire, le nomme chef de service de la station du Mont-Verdun, alors qu'il n'a que 16 ans. Au 1er janvier 1885, Luizet devient assistant de François Gonnessiat, chef du service des observations méridiennes et équatoriales ; il le seconde dans ses « recherches sur l’équation personnelle » et lors de l’établissement de son « Catalogue des étoiles jusqu’à la grandeur 9°,5 comprise dans une calotte polaire de 5° de rayon ». En parallèle, Luizet poursuit ses études et obtient son baccalauréat en 1891, puis la licence en 1897.
En 1892, il prend la suite d’Émile Marchand, nommé directeur de l'Observatoire du Pic du Midi de Bigorre, avec la charge des services météorologiques et de physique du globe ; il y développe ses connaissances, notamment dans la météorologie régionale, et assiste son collègue Georges Le Cadet dans le service équatorial. Il assure ce service jusque fin 1897, en veillant à la maintenance des instruments enregistreurs, aux lignes de communications télégraphiques et à la formation des observateurs des différentes stations. Pendant 19 ans, il aura fait la prévision quotidienne de la météo et du temps à venir pour les journaux de Lyon.
Les étoiles variables
En octobre 1897, sur les conseils de Charles André, il entreprend l’observation des étoiles variables visibles à l’œil nu ou à l’aide d’une jumelle[2]. En 1900, il est déchargé d’une partie de son travail pour se consacrer aux réductions de ses observations d’étoiles variables et à leur discussion. En 1911, il abandonne la météorologie pour se consacrer entièrement à ses recherches sur les variables, l’équatorial coudé lui étant confié à cet effet. Nommé astronome adjoint en 1907, il devient le plus célèbre "variabiliste" professionnel français[3], avec plus de 60 000 observations à son actif.
Ses travaux ayant attiré l’attention du monde astronomique, l’Institut couronne son mérite en lui attribuant le Prix Valz (). Il présente alors sa thèse sur « les Céphéides considérées comme étoiles doubles, avec une monographie de l’étoile variable δ Céphée »[4]. Ce qui lui vaut le titre de docteur-es-sciences le .
Un événement imprévu modifie alors le sens de ses études : le décès subit de Charles André, directeur de l’Observatoire de Saint-Genis-Laval, le . Michel Luizet, plus ancien collaborateur, prononce l’éloge funèbre de son directeur, et assure pendant quelques mois l’intérim de la direction. Jean Mascart, astronome-adjoint à l’Observatoire de Paris, est ensuite nommé directeur de l’Observatoire de Saint-Genis-Laval ; il demande à Luizet de préparer un catalogue d’étoiles variables et d’étoiles doubles, et de limiter ses observations des étoiles variables à 2 fois par semaine. Un autre événement bouleverse le cours des choses : la guerre avec l’Allemagne. Les chercheurs de l’Observatoire doivent compenser les absences des poilus, tant au niveau de la ville que de la Préfecture, et Luizet remplace un professeur de la Martinière. Puis il est chargé de calculs balistiques pour les besoins de la défense nationale.
Enfin, Luizet fut touché dans sa chair par la perte de son fils aîné, Louis, tombé glorieusement au champ d’honneur devant Verdun, le . Il redouble alors ses efforts dans son travail pour oublier sa peine. Et sa persévérance fut récompensée le quand il vit le premier une nouvelle étoile : V849 Ophiuchi.
Michel Luizet est décédé le , dans sa maison de l’Observatoire, à l’âge de 52 ans.
Vie privée
Michel Luizet s’est marié le avec Marie-Louise Jaboulay (1870-1958), fille d’un professeur de la Martinière. Ils auront deux enfants : Louis (1893-1916), et Charles Luizet (1903-1947), compagnon de la Libération.