Michel Nihoul
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| Nom de naissance |
Michel Nihoul |
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| Condamné pour |
Association de malfaiteurs (en) (), trafic de stupéfiants |
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Michel Nihoul, né le à Verviers et mort le à Zeebruges[1], est un homme d'affaires.
Il fait l'objet durant les années 1990 et 2000 d'une affaire médiatique et judiciaire en relation avec l'affaire Dutroux, affaire pour laquelle il bénéficie d'un non-lieu en 2010 pour les faits d'enlèvements d'enfants, mais est condamné à cinq ans d’emprisonnement pour trafic de drogue et association de malfaiteurs.
Affaires et procès
Michel Nihoul, né le à Verviers grandit « dans une famille unie », qui compte quatre enfants. Il est titulaire d'un diplôme d’architecte d’intérieur de l’Académie des Beaux-Arts de Verviers[2]. « De décorateur à expert, en passant par patron de discothèque, chauffeur routier, responsable des relations publiques, grossiste en poissons et animateur radio »[3] (sous le pseudonyme de Jean-Michel[N 1]), il a « fait tous les métiers », fréquente « tous les milieux, celui des affaires, de la politique, des relations publiques »[4]. Parmi ses activités commerciales, on peut citer celui de propriétaire d'un commerce d'aquariophilie[5]. Si Michel Nihoul a cumulé les métiers, il a aussi connu de nombreuses faillites. Il a une réputation d'« escroc, bon commercial mais mauvais gestionnaire, dépensier et flambeur, courageux, buveur, partouzeur et aimant les femmes »[2].
Il a été condamné à diverses reprises pour chèque sans provision, abus de confiance, banqueroute. En , alors qu'il est président de l'ASBL SOS Sahel, Michel Nihoul est placé sous mandat d'arrêt et inculpé de faux en écriture, de banqueroute et d’escroquerie. En décembre 1996, il est condamné à trois ans de prison pour ces motifs[6].
Il a été inculpé pour la disparition de Loubna Benaïssa en 1992 mais la chambre du conseil de Bruxelles a rendu une ordonnance de non-lieu en .
L'Affaire Dutroux
Placé sous mandat d'arrêt, inculpé pour enlèvement d'enfants par le juge d'instruction de Neufchâteau Jean-Marc Connerotte dans le cadre de l'Affaire Dutroux, le , il est relaxé pour ce dossier en janvier suivant. Bien que certains[Qui ?], dont le journaliste français Karl Zéro, pensent qu'il dirige un réseau de pédophilie à qui Marc Dutroux livre des jeunes filles, Michel Nihoul affirme sans relâche son innocence ; il expliquera avoir rencontré Michel Lelièvre pour que celui-ci répare son automobile et que par celui-ci il a fait la connaissance de Marc Dutroux, rencontré seulement quatre fois.
3 000 pilules d'ecstasy ayant été retrouvées a son domicile, il va être poursuivi « pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs », mais la chambre des mises en accusation de Liège estimant « que les indices retenus par le juge d’instruction pour justifier sa mise en détention sont inexistants, le libère le »[4].
En 1998, il est accusé par le « témoin X1 », Régina Louf, d'avoir participé à l'assassinat de Christine Van Hees, assassinée en 1984 dans une champignonnière à Auderghem ; également inculpé pour l'enlèvement de Loubna Benaïssa, il bénéficie « d'une ordonnance de non-lieu rendue par la chambre du conseil de Bruxelles le ».
En 2002, le procureur du Roi de Neufchâteau déclarant qu'il ne dispose pas « d'éléments supplémentaires concrets » qui pourraient l’impliquer dans l’enlèvement et la séquestration de Laëtitia Delhez, ne demande pas son renvoi devant la Cour d’assises pour ces faits. En appel, la chambre des mises en accusation renvoie Nihoul devant les Assises d’Arlon, où il comparaît aux côtés de Marc Dutroux, Michelle Martin et Michel Lelièvre.
En , après plus de 3 mois de débats devant la Cour d’assises d'Arlon, Nihoul est condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs avec notamment Marc Dutroux et pour trafic de drogue. Il est acquitté de complicité dans les enlèvements d'enfants pour lesquels Marc Dutroux a été condamné à la prison à perpétuité. Il bénéficie d'une remise en liberté conditionnelle le [7].
En 2007, il annonce des actions judiciaires contre Régina Louf et les journalistes qui ont défendu la thèse du réseau pédophile durant l'affaire Dutroux[8].
Le , il publie un livre autobiographique[9], qui deux semaines plus tard atteignait les 10 000 exemplaires vendus en Belgique[10].
En 2009, il crée l'ASBL Adheh, association pour la défense et l’honneur des êtres humains[11], qu'il gère toujours en date de 2012 depuis Zeebruges où il réside[12].
En 2010, il bénéficie d'un non-lieu pour les faits relatifs aux enlèvements, séquestration et décès de mineurs durant l'affaire Dutroux[13].
Toujours en 2010, Michel Nihoul réclame 250 000 euros de dommages et intérêts à Marc Verwilghen, ancien ministre de la Justice et président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Dutroux[14],[15]. Verwilghen a annoncé lui-même une action contre Michel Nihoul[16].
Michel Nihoul décède le .
L’ancien procureur du Roi de Neufchâteau Michel Bourlet a déclaré à RTL-TVi : « On a fait du bon boulot mais on n’a pas terminé le boulot ». En novembre 2021, un ancien gendarme de la BSR de Bruxelles, estimant que « la piste d’un réseau gravitant autour de Nihoul et Dutroux n’a pas été suffisamment explorée », lance une pétition en ligne pour la réouverture du dossier[17].