Michel-Pierre-Dorothée Clerc est un avocat, magistrat et homme politique français né le 1er ou à Abbenans ou Besançon[1], et mort le à Besançon.
Après avoir servi dans un régiment d'artillerie, Michel-Pierre-Dorothée Clerc se lance dans des études de droit et devient avocat. Fils d'un parlementaire, il est reconnu pour ses qualités personnelles, qui lui ont permis d’obtenir une grande réputation à Besançon et une des plus vastes clientèles[1]. Il permet ainsi à nombre de nobles et de clercs qui ont quitté la France durant la Révolution Française d’être radiés des listes des émigrés[1],[2]. Devant sa renommée, on lui propose d’intégrer la chaire de législation d’une école centrale, poste qu’il refuse[1].
Clerc devient notable national le 17 vendémiaire an X ()[1]. Il est aussi fait électeur départemental, intégrant la liste les six cents plus imposés à l'échelle du Doubs à partir du 28 ventôse an XI ()[1]. Il fait également partie des cent plus imposés de Besançon en 1812[1]. Il devient avocat général de la Cour impériale de Besançon, l'ancienne cour d'appel de Besançon, quand cette institution réformée apparait entre 1810 et 1811[1],[3]. Il est député du Doubs en 1815, pendant les Cent-Jours[1]. Il s'investit également dans l'académie de Besançon: il publie un discours sur l'art de la déclamation dans les Mémoires de l'académie en 1812 et met au concours la rédaction de l'éloge de Jannot de Moncey, un de ses amis[1].
Clerc perd son poste de magistrat avec le retour de Louis XVIII, mais est réintégré en 1818 en tant qu'avocat général, puis il devient procureur général en 1829[1]. Simultanément, il est membre du Conseil général entre 1819 et 1830, puis reste bâtonnier jusqu'à son décès[1].
La notoriété de Michel-Pierre-Dorothée Clerc est telle que quand un de ses fils meurt prématurément en 1824, la ville de Besançon s’associe «à son deuil en transcrivant une notice nécrologique sur ses registres.»[1] Quand lui-même est enterré, son biographe rapporte qu’un étranger, à la vue du cortège, demande: «C’est donc l’enterrement d’un prince?». Une «femme du peuple» répond alors: «Non, c’est l’enterrement d’un homme de bien»[1].
Ses descendants, «sur trois générations au moins»[1], ont une importance locale en tant que magistrats et notables.
Claude-Isabelle Brelot, «Doubs (notices)», dans Louis Bergeron & Guy Chaussinand-Nogaret, Grands notables du Premier Empire. 4 Jura Haute-Saône Doubs, Paris, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), , 181p. (ISBN2-222-02458-7), p.138 & 139
123456789101112131415Claude-Isabelle Brelot, «Doubs (notices)», dans Louis Bergeron & Guy Chaussinand-Nogaret, Grands notables du Premier Empire. 4 Jura Haute-Saône Doubs, Paris, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), , 181p. (ISBN2-222-02458-7), p.138 & 139
↑Clémence Zacharie (docteur en droit, maître de conférences en droit public à l'université Paris Est Créteil), «Cours impériales», dans Thierry Lentz, Dictionnaire des institutions du Consulat et de l'Empire, Paris, Tallandier, , 770p. (ISBN979-10-210-2340-6), p.201