Michel Terrasse naît le à La Garenne-Colombes[1]. Il suit des études de pharmacie et en fait son métier[2].
Au début des années 1960, il devient cinéaste animalier. Sa première production, Pyrénées montagne des aigles, sortie en 1964, est la première d'une série d'une vingtaine de films. Son intérêt pour les oiseaux l'amène à voyager pour filmer les espèces emblématiques autour du monde. Il sensibilise alors le public aux problématiques de protection des oiseaux[3]. Il projette son film Le bal des charognards dans de nombreux villages de la région des Cévennes afin de changer les mentalités des populations locales réticentes à ces oiseaux[4].
Michel Terrasse crée en 1969 le Fonds d'intervention pour les rapaces et concourt au développement de l'association avec son frère Jean-François Terrasse[3]. Après une première réintroduction de quatre premiers vautours qui se solde par un échec, il change de méthode et décide d'acclimater les oiseaux à leur nouvel environnement avant de les relâcher. Il collabore avec le parc national des Cévennes où sont construites des volières permettant d'accueillir des vautours retrouvés blessés ou malades. À partir d'une colonie de vautours fauves située dans la vallée d'Ossau, il parvient à en fixer une nouvelle dans le Massif central. En 1984, il reçoit pour ses efforts un prix Rolex qui lui permet de financer le programme. En vingt ans, ses actions de protection et d'accompagnement de ces oiseaux permettent à la population d'atteindre les 500 individus. C'est la première fois que des oiseaux de proie sont réintroduits dans un territoire duquel ils avaient disparu. À partir de 1992, il s'implique avec succès dans le retour des vautours moines dans les Cévennes[4],[5].
Il s'engage par ailleurs dans la protection du faucon pèlerin qui est à l'époque une espèce particulièrement menacée et améliore le cadre réglementaire de protection des rapaces. Après des années de travail, il parvient à changer la législation pour permettre aux éleveurs de mettre en place des zones d'alimentation pour les rapaces. Il encourage l'utilisation de techniques nouvelles pour protéger les oiseaux nécrophages et pousse à l'interdiction de raticides dangereux pour eux. Il devient une figure majeure de la protection des rapaces et participe à la réintroduction de vautours sur plusieurs continents[3],[4].
Diffusion de ses méthodes
Le Fonds d'intervention pour les rapaces fusionne avec la Ligue pour la protection des oiseaux en 1998. Michel Terrasse devient vice-président de l'association. Il prend par ailleurs la présidence de la Fondation pour la conservation des vautours et la vice-présidence de la Fondation pour la conservation des vautours noirs[3],[6].
Il diffuse à l'international les techniques mises en place en France pour la protection des vautours. Il s'implique dans les efforts de conservation lancés en Amérique, en Afrique et en Inde[3]. Il collabore ainsi avec plusieurs équipes européennes avec lesquelles il partage ses méthodes. Le premier vautour né en Bulgarie depuis des décennies est appelé Michel en reconnaissance de son œuvre[7].
Il meurt à Cambo-les-Bains le à l'âge de 84 ans[1].