Miguel de Unamuno
écrivain et philosophe espagnol
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Miguel de Unamuno, né le à Bilbao et mort le à l'âge de 72 ans à Salamanque, est un poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol appartenant à la Génération de 98.
| Madrilgo Ateneoko presidentea | |
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| Membre de l’Académie royale espagnole (d) | |
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Manuel de Sandoval y Cutolí (d) | |
| Député aux Cortes républicaines 1re législature de la Deuxième République espagnole (d) Salamanca (d) | |
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| Recteur de l'université de Salamanque | |
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José María Ramos Loscertales (d) | |
| Recteur de l'université de Salamanque | |
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Mamés Esperabé (d) Salvador Cuesta Martín (d) |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Cementerio de San Carlos Borromeo (d) |
| Nom de naissance |
Miguel de Unamuno |
| Pseudonymes |
Exóristo, Miguel de Unamuno |
| Nationalité | |
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| Conjoint |
Concha Lizarraga (d) (de à ) |
| Enfants |
| A travaillé pour | |
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| Parti politique | |
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Académie royale espagnole Sociedad de Amigos de Portugal (d) |
| Mouvement | |
| Personne liée |
José María Soltura (d) (ami et mentor) |
| Genre artistique | |
| Influencé par | |
| Distinctions |
Doctorat honoris causa de l'université de Grenoble (d) () Docteur honoris causa de l'université de Salamanque Fils adoptif de Salamanque (d) |
Miguel de Unamuno figure parmi les plus grands écrivains de l'Espagne de son époque, dont il est particulièrement représentatif : il est décrit comme un homme de passions animé par de multiples contradictions, ce qui en fait un personnage assez typique de l'Espagne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.
Biographie
Enfance
Miguel de Unamuno y Jugo[1] est né au numéro 14 de la rue Ronda, dans le quartier des Siete Calles, à Bilbao. Ce fut le troisième enfant et le premier garçon de sa famille, après María Felisa, née en 1861[2], et María Jesus, morte en 1863. Ils sont nés du mariage du commerçant Félix María de Unamuno Larraza et de sa nièce charnelle María Salomé Crispina Jugo Unamuno, plus jeune de 17 ans.
Plus tard naitront ainsi Félix Gabriel José, Susana Presentación Felisa et María Mercedes Higinia. Du côté de son père, le philosophe était cousin du scientifique naturaliste et anthropologue Telesforo Aranzadi Unamuno (1860-1945), avec lequel il préparait différents concours.
Son père, né en 1823, fils d'un confiseur de Vergara a émigré enfant dans la ville mexicaine de Tepic. À son retour en 1859, grâce au capital accumulé, il demande une licence municipale pour que son four de boulangerie puisse utiliser l'eau de la source Uzcorta. En 1866, alors qu'il avait quarante-trois ans, il demanda la permission d'établir un bureau de pain sur les porches de la Plaza Vieja. Il se présente aux élections municipales et est élu par le district de San Juan avec 120 voix. Le , il prête serment en tant que conseiller municipal lors de la session constitutive du nouvel hôtel de ville.
Avant Félix, en 1835 et à cause de la guerre carliste, deux de ses sœurs étaient arrivées dans la capitale biscaïenne : Benita, née en 1811, et Valentina, quinze ans de moins qu’elle. Benita, après la guerre, épousa José Antonio de Jugo y Erezcano, petit rentier naturel de Ceberio, propriétaire de la confiserie « La Vergaresa ». La plus jeune, Valentina, épousa en 1856 Félix Aranzadi Aramburu, un ancien ouvrier de la pâtisserie de son père qui ouvrit une chocolaterie à Bilbao sous le même nom que l’entreprise de ses beaux-frères.
Félix et Valentina étaient les parrains du baptême de Miguel. Sa mère, Salomé, fille unique, fut baptisée à Bilbao le . Peu après l’âge de quatre ans, son père mourut et sa mère se remaria en 1847, cette fois avec José Narbaiza.
Quelques mois après leur naissance, les parents d’Unamuno changent de domicile et s’installent au deuxième étage porte droite de la rue de la Cruz numéro 7. Au rez-de-chaussée se trouve la chocolaterie de leurs oncles qui vivent au premier étage. Il n’a pas encore six ans lorsqu’il est orphelin de père. Félix d’Unamuno meurt le à la station thermale d’Urberuaga, à Marquina, « de maladie de la phtisie pulmonaire ».
Éducation

Il a appris ses premières lettres avec Don Higinio dans l'école privée de San Nicolás, située dans un grenier de la Calle del Correo. Lors de la catéchèse préparatoire à sa première communion, dans l'église de San Juan, il rencontre la personne qui, au fil du temps, deviendra sa maîtresse puis sa femme : Concepción Lizárraga-Concha.
Lorsqu'il a terminé ses premières études à l'école de San Nicolás et qu'il était sur le point d'entrer au lycée, il a assisté en tant que témoin au siège de sa ville pendant la troisième guerre carliste, qu'il évoquera plus tard dans son premier roman, La paix dans la guerre. Sous le commandement du général Elío, la ville est assiégée par les troupes carlistes à partir du . À partir de , la situation s'aggrave, car tous les approvisionnements par l'estuaire sont interrompus et, finalement, le 21 du même mois, le bombardement de Bilbao commence. Le siège se termine le avec l'entrée des troupes libérales sous le commandement du général Manuel Gutiérrez de la Concha. Pour ses biographes, cette expérience de la guerre civile a marqué son passage de l'enfance à l'adolescence.
Carrière
En 1888, à l’âge de 24 ans, Miguel de Unamuno postule au poste de professeur de basque qui est octroyé à Bilbao par la députation forale de Biscaye. Mais, se trouvant en concurrence avec Sabino Arana (23 ans), fondateur du parti nationaliste basque démocratique, et Resurreccion Maria Azkue (24 ans), qui deviendra président de l’académie de la langue basque en 1919, Unamuno n’obtient pas le poste. Il part ensuite pour Salamanque et, entre 1891 et 1901, il devient professeur de grec à l’université de Salamanque.

En 1897, il traverse une crise religieuse provoquée par une maladie cardiaque dont son Journal intime porte le témoignage. La perte de Cuba lui apparaît comme le symbole du déclin de l’Espagne et devient le point de départ de la Génération de 98, mouvement d’écrivains qui se donnaient pour mission la régénérescence culturelle de leur peuple et qui réunit à côté d’Unamuno, Valle-Inclán, Antonio Machado ou encore Juan Ramón Jiménez. Ils participent à beaucoup de journaux et de publications collectives littéraires ou culturelles, comme La Esfera, Nuevo Mundo, Mundo Gráfico, La Ilustración Española y Americana, Alma Española, España, Faro, La España Moderna, où Miguel de Unamuno écrit sur le Pays basque[3], évoque les prémices d'une guerre civile à venir[4], celles de l'européanisation de l'Espagne[5] et dans lesquelles il traite abondamment les différents thèmes culturels de son pays[6],[7],[8].
Il occupe les fonctions de recteur de l’université de Salamanque à partir de 1900, mais se voit destitué de sa charge en 1914 en raison de son hostilité envers la monarchie. Ses articles virulents lui valent d’être contraint de s’exiler aux îles Canaries en 1924. De 1924 à 1925, il vit à Paris, 2 rue La Pérouse, où une plaque lui rend hommage. La chute de Primo de Rivera provoque son retour six ans plus tard, en 1930. Il retrouve son poste de recteur lors de la proclamation de la République.
En 1936, élu député, il livre un dernier combat contre tout pouvoir dictatorial lors d’une grande cérémonie franquiste (le , jour anniversaire de la découverte de l'Amérique appelé en espagnol « día de la raza » ce qui signifie « fête de la race ») où il prononce un discours resté célèbre. Il répond au professeur Francisco Maldonado, qui attaque les nationalismes basque et catalan, et s’en prend à l’évêque de Salamanque et au général Millán-Astray, (fondateur de la légion étrangère espagnole). Ses détracteurs crient « À bas l'intelligence ». Il manque d’être lynché. Il ne devra son salut qu’à l’épouse de Franco, Carmen Polo, qui le prit par le bras et le raccompagna jusque chez lui (cette scène inspira d’ailleurs le film Lettre à Franco). Il sera destitué de son poste de recteur[9].
Assigné à résidence alors qu’au départ il avait accueilli favorablement le soulèvement de Franco contre la république espagnole, il meurt en 1936 à l'âge de 72 ans. Son épouse Concha était décédée en 1934[10].
Sa philosophie
Principal représentant espagnol de l’existentialisme chrétien, il est surtout connu pour son œuvre Le sentiment tragique de la vie, qui lui valut la condamnation du Saint-Office. Il représente assez fidèlement les tourments de l’âme espagnole quant à l’idée de la possibilité donnée à tous d’être mystique. Dans Le Christ de Vélasquez, poème inspiré du tableau du maître du Siècle d'or, il expose sous une forme poétique sa christologie, dans la tradition de Luis de León.
Miguel de Unamuno fait reposer sa philosophie sur l’idée d’un sentiment premier et spontané que nous avons du monde ; sentiment qui détermine ce que nous appelons idées, raison et tout le registre des sentiments ; l’opposition du cœur et de la raison n’étant que circonstancielle. Ce sentiment est en effet pour l’essentiel constitué par une sensibilité à la finitude, s’exprimant particulièrement par une soif d’immortalité que rien d’extérieur ne peut étancher. Ce sentiment premier impose donc la réconciliation du cœur et de la raison, condition d’un rapprochement subjectif avec l’éternité et avec Dieu[11].
Du point de vue de la religion, Miguel de Unamuno met l’accent sur la dimension de lutte : lutte qu’il considère comme au cœur de la foi chrétienne[12] ; lutte qu’il pose comme dimension essentielle de la vie « La lutte pour la vie est la vie elle-même ». Ainsi, la vérité est-elle dans la vie ainsi conçue, c’est-à-dire loin d’un donné auquel il faudrait se soumettre ; ce qui en fait un précurseur de l’existentialisme[13].
Son ontologie fondamentale: désir de soi versus désir d'infini
François Meyer, dans l'ontologie de Miguel de Unamuno, voit dans l'intution de l'être comme "tension de contradictions" la clé pour comprendre la vision unamunienne du monde. L'apparence antisystématique, sinon confuse de sa philosophie (source de dénigrement chez ses adversaires), viendrait alors d'une mauvaise compréhension du rôle architectonique de l' "affirmation alternative des contraires", ayant pour but de faire vivre au lectorat la tension entre les thèses contradictoires qu'Unamuno semble défendre l'une après l'autre, au risque de se voir blâmé d'inconséquence[14].
Cela conditionne dès lors l'appréhension, par Unamuno, de l'Être comme "contradiction et agonie sans espoir", au sens non d'un être moribond, mais d'une agonistique, d'une lutte sans espoir de tout être concret avec lui-même, en particulier pris en tenailles entre le désir de serse (être soi, en espagnol) et celui de serlo todos (être le tout, la totalité de ce qui est), entre instinct de conservation et instinct d'invasion. La structure interne de l'Être comme faisceau de contradictions se répercute, dans le texte unanumien, en un style d'affirmation alternative de thèses diamétralement opposées, et dans la théorie de la conscience, comme lutte entre deux pulsions contradictoires (rester soi-même, c'est-à-dire rien face à l'immensité de l'infini, ou devenir l'infini, donc se nier soi-même dans la singularité de notre être) qui animent le même désir spinoziste de persévérer dans son être. Meyer juge purement formelle cette adhésion d'Unamuno au spinozisme, jugeant que la doctrine de l'expérience de l'éternité de Baruch Spinoza est elle-même au "plus éloigné" de celle du philosophe espagnol. Exister chez Unamuno, pour Meyer, c'est "vouloir ce mélange ambigu et impur de vie et de mort", prenant l'individu au piège d'un sadisme ontologique, et l'affronter en protestant contre ce même sadisme de l'Être nous enfermant dans le danger imminent et vertigineux d'anéantissement par l'infini.
La comparaison avec Kierkegaard montre la distance entre les deux penseurs : tout l'enjeu de l'existentialisme de Kierkegaard tient dans le choix d'accepter l'appel du salut religieux ; chez l'espagnol, tout tient dans la vie concrète, dans l'expérience de la situation indigne que l'individu concret subit, et le blasphème n'est pas un problème. Enfin, la dramatisation kierkegaardienne, en termes de chevauchement de l'humilité de l'être fini que je suis et fierté de l'expérience de l'infini que je sens proche n'a pas lieu chez Unamuno. La "désunion de l'infini et du fini" doit plus à la mystique espagnole qu'à la lecture de Kierkegaard. Loin du scandale saisi intellectuellement, sous forme athée, par Sartre et Heidegger d'une existence sans raison, Unamuno traite seulement empiriquement d'un conflit vécu entre fini et infini, désir d'être soi et désir de conquérir l'infini. Le néant, théorisé de façon différente quoique toujours central chez ces trois existentialistes, n'est employé chez Unamuno que par emphase, quand il traite du fini, se retrouvant "comme rien" comparé à l'infini qui l'écrase. L'opposition unamunienne n'est pas entre l'être plein et le néant absolu, mais le "quelque chose" que je suis, et qui me définit dans ma singularité, et le "tout" que j'aspire à être et où je me dissoudrais si, par hypothèse, j'arrivais à le devenir.
Enfin, ce qui nous donne accès à l'expérience de l'être unamunien, c'est d'abord la douleur intellectuelle, l'angoisse (congoja), le chagrin que nous inspire notre situation tragique de tiraillement entre serse et serlo todos, suivie d'une compassion envers nous-même (distincte de l'amour de soi) au sein dudit tiraillement, qui, de proche en proche, lorsque nous reconnaissons une telle situation en autrui, sur l'ensemble des êtres finis puis à Dieu Lui-même qui, "être des êtres, est aussi douleur des douleurs".
François Meyer situe dans le roman Paz en la guerra (La paix dans la guerre) la première apparition de ce thème ontologique de la contradiction entre fini et infini. La deuxième guerre carliste aurait été la situation historique qu'Unamuno aurait trouvé pour formuler, sous forme romanesque, la "manifestation du statut divisé et déchiré de l'être." L'espagnol pense notamment la guerre de tous contre tous comme statut obligé des existants." L'expérience par le jeune Unamuno de la troisième guerre carliste aurait alors orienté sa pensée dans ce sens agonique et polémique. Malgré tout, la faim de l'être, le serlo todos persiste, et Unamuno gardera une "nostalgie de l'être", un souhait de disparition apaisée dans la "paix et l'unité du tout", cette même disparition qu'il postule par ailleurs comme étant fondamentalement impossible, étant donnée la structure polémique, conflictuelle de l'être[15].
Don Quichotte, figure paradigmatique de la pensée unamunienne
Dans un article comparant Unamuno au penseur juif allemand Franz Rosenzweig, Claude-Raphaël Samama voit dans Don Quichotte le personnage symbolique de prédilection du philosophe. L'essayiste espagnol, dans Vida de Don Quijote et Sancho, voit dans les bourdes, errances et situations comiques dans lesquelles s'empêtre le chevalier à la triste figure l'idéal d'une humanité qui, en proie à l'indifférence du monde, s'accroche au désir du meilleur, à l'absurde idéal chevaleresque du Bien. Le livre d'Unamuno est une reprise du récit de Cervantès, déchiffrant les situations dans lesquelles se retrouvent le chevalier et son valet afin d'y retrouver l'essence d'une philosophie proprement espagnole, qui mettrait le concept au service de la vie humaine et s'écarterait des systèmes métaphysiques abstraits, et mettrait l'emphase sur la beauté du geste chevaleresque, idéaliste, lui-même. Samama écrit[16]:
L'imaginaire y est ici le moteur d'une fantaisie créatrice, sublimant, réinventant le monde, devenu le lieu d'une esthétique originale se suffisant à elle-même. Logé dans la foi, l'art, l'héroïsme, l'amour, le jeu et le Songe relié à ses secrets, l'existence est une évidence qui doit mettre à distance, ou affronter continûment le contrepoint de la mort et alors la finitude, laquelle vient questionner, interpeller la rationalité logique, abstraite, se voulant "éternelle".
Samama voit dans cette individualisme ontologique, cette apologie de la singularité de l'individu humain, irréductible aux systèmes métaphysiques de la philosophie non-hispanique, et nécessairement engagé en son époque, son pays et sa culture, le lieu d'une comparaison avec Rosenzweig[16].
Situation générale dans l'histoire de la philosophie
Unamuno et Rosenzweig
Unamuno et Kierkegaard
Œuvres

Essais
- En torno al casticismo (1895) Publié en français sous le titre L’Essence de l’Espagne, cinq essais traduit par Marcel Bataillon, Paris, Plon, 1923[17] ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Nrf Essais », 1999
- Vida de Don Quijote y Sancho (1905) Publié en français sous le titre La Vie de Don Quichotte et de Sancho Pança, traduit par Jean Babelon, Paris, Albin Michel, 1959
- Por tierras de Portugal y España, 1911.
- Trois essais, 1900.
- Del sentimiento trágico de la vida (1913) Publié en français sous le titre Le Sentiment tragique de la vie chez les hommes et chez les peuples, traduit par Marcel Faure-Beaulieu, Paris, Éditions de la nouvelle revue française, 1917 ; réédition, Paris, Gallimard, 1937 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Essais » no 306, 1997
- La agonía del cristianismo (1925) Publié en français sous le titre L’Agonie du christianisme, traduit par Jean Cassou, Paris, F. Rieder, 1925 ; réédition, Paris, Berg international, 1996 ; nouvelle traduction par Antonio Werli, Paris, RN, 2016
- Abel Sánchez: Una historia de pasión (1917 Publié en français sous le titre Abel Sánchez. Une histoire de passion, traduit par Emma H. Clouard, Paris, Mercure de France, 1964 ; nouvelle traduction de Maurice Gabail, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1995
- Cómo se hace una novela (1927) Publié en français sous le titre Comment se fait un roman, (où l'auteur justifie le recours à la forme romanesque comme mode d’exposition philosophique), traduit par Bénédicte Vauthier et Michel Garcia, Paris, Éditions Allia, 2010
- Traité de cocotologie, Les éditions de Paris/Max Chaleil, .
Romans
- Paz en la guerra (1897)
Publié en français sous le titre Pas de paix hors la guerre, traduit par Yves Roullière, Paris, Editions tête en l'air, 2026
- Amor y pedagogía (1902) Publié en français sous le titre Amour et Pédagogie, traduit par Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1996
- Niebla (1914) Publié en français sous le titre Brouillard, traduit par Noémi Larthe, Paris, Éditions du Sagittaire, 1926 ; nouvelle traduction par Catherine Ballestero, Paris, Librairie Séguier, 1990 ; réédition de la traduction de Noémi Larthe revue par Albert Bensoussan, Rennes, Terre de Brume, 2003
- Tulio Montalbán (1920), court roman
- La novela de don Sandalio, jugador de ajedrez (1930), court roman Publié en français sous le titre Le Roman de Don Sandalio, joueur d’échecs, traduit par Yves Roullière, Paris/Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Nouvelle », 1997 (ISBN 2-268-02724-4)
- San Manuel Bueno, mártir (1931)
- La Tía Tula, écrite en 1907, publiée dans une version augmentée en 1921 Publié en français sous le titre La Tante Tula, traduit par Jeacques Bellon, Paris, Stock, 1937 ; nouvelle traduction de Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2002Adapté au cinéma par Miguel Picazo en 1964
Poésie
- Poesías (1907)
- Rosario de sonetos líricos (1911)
- El Cristo de Velázquez (1920) Publié en français sous le titre Le Christ de Velazquez, traduit par Mathilde Pomès, Éditions A. Magné, 1938 ; et nouvelle traduction par Jacques Munier, Paris, Éditions La Différence, coll. « Orphée » no 63, 1990
- Andanzas y visiones españolas (1922)
- Rimas de dentro (1923)
- Teresa. Rimas de un poeta desconocido (1924)
- De Fuerteventura a París (1925)
- Romancero del destierro (1928)
- Cancionero (1953)
- Anthologie, choix de poèmes, traduit par Louis Stinglhamber, Paris Seghers, 1953
Contes et nouvelles
- El espejo de la muerte (1913), recueil de contes
- Tres novelas ejemplares y un prólogo (1920) Publié en français sous le titre Trois nouvelles exemplaires et un prologue, traduits par Jean Cassou et Mathilde Pomès, Paris,Éditions du Sagittaire, 1925 ; nouvelle traduction par Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1995
- Cuentos (1886-1923) Publié en français sous le titre Contes, traduit par Raymond Lantier, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1965
Théâtre
- La esfinge (1898)
- La venda (1899)
- La princesa doña Lambra (1909)
- Fedra (1910)
- Soledad (1921)
- Sombras de sueño (1926)
- El otro (1932)
- El hermano Juan o el mundo es teatro (1929)
- Razón y fe
Journaux de voyages
- Apuntes de un viaje por Francia, Italia y Suiza (1889, publié en 2017)
- Paisajes (1902)
- De mi país (1903)
- Por tierras de Portugal y España (1911)
- Andanzas y visiones españolas (1922)
- Paisajes del Alma (1979)
- De Fuerteventura a Paris (1981)
- Madrid, Castilla (2001)
Ouvrages autobiographiques
- Recuerdos de niñez y mocedad (1908)
- Diario intimo (1897, publié en 1970) Publié en français sous le titre Journal intime, traduit par Paul Drochon, Paris, Éditions du Cerf, 1989
Quelques citations de l’auteur
« Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale. »
« Dire que Dieu existe, sans dire ce qu’est Dieu et comment il est, équivaut à ne rien dire. »
« Ni le sentiment n'arrive à faire de la consolation une vérité, ni la raison n'arrive à faire de la vérité une consolation. »
« Il n’est pire intolérance que celle de la raison. »
« Il n’y a pas d’opinions, mais des gens qui donnent la leur. »
« Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit... »
— Miguel de Unamuno lors de sa dispute avec Millán-Astray
« La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant. »
« Quelle surabondance de philosophie inconsciente dans les replis du langage ! L’avenir cherchera le rajeunissement de la métaphysique dans une métalinguistique. »