Minna Canth

écrivaine finlandaise From Wikipedia, the free encyclopedia

Minna Canth (née Ulrika Wilhelmina Johnsson, née le à Tampere, et morte le à Kuopio, est une féministe et femme de lettres finlandaise[1],[h 1].

Nom de naissance Ulrika Wilhelmina Johnsson
Décès (à 53 ans)
Kuopio
Activité principale
écrivain
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
Minna Canth
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait par Kaarlo Vuori.
Nom de naissance Ulrika Wilhelmina Johnsson
Naissance
Tampere, Finlande
Décès (à 53 ans)
Kuopio
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture finnois
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Biographie

Photo de Minna Canth.

Minna Canth naît le à Tampere dans une famille pauvre. Sa mère, Lovisa Ulrika, ancienne femme de ménage travaille avec son compagnon Gustaf Vilhelm Johnson[h 1] (noté aussi Johnsson) dans l'usine de coton Finlayson de Tampere. Durant sa jeunesse, Mina Canth habite un quartier pauvre de Tampere.

Kuopio

La situation économique de la famille s'améliore et en 1853, la famille s'installe à Kuopio, où le père Gustaf Vilhelm tient une boutique de tissus[m 1]. Minna montre de grandes capacités intellectuelles dès son plus jeune âge. À Kuopio, Minna Canth entre à l'école municipale des travailleurs pour jeunes filles créée par Johan Vilhelm Snellman. On parle de l’école de Lancaster car on y met en œuvre la méthode pédagogique Bell-Lancaster. La caractéristique la plus remarquable de l'approche pédagogique est que les élèves encadrent les plus jeunes[m 2]. Minna entre alors avec Aleksandra, Augusta et Edla Soldan à l'école de langue suédoise[2]. Plus tard Edla est son enseignante à l'institut de formation des maîtres de Jyväskylä[2]. Après avoir passé trois ans[2] dans cette école de fille, Minna continue à l'école nationale de filles, malgré ses origines modestes et graĉe à réussite économique de son père[2]. Gustaf aurait aimé aussi que son fils Gustin, suive la même voie mais ce dernier n'est pas intéressé par les études[m 3].

À l'époque les possibilités scolaires ouvertes aux jeunes filles sont limitées, à la différence des garçons, ce qui déplaît à Minna[m 2]. Même dans les écoles, les filles des riches sont préservés de trop de savoir et la moitié du temps est réservé aux travaux manuels[m 3]. On pense que les femmes ne peuvent supporter de trop longues journées d’école ou de trop fortes exigences, et qu'elles risquent de tomber malade du fait d'une trop grande fragilité nerveuse[m 3]. Minna atteint alors l'âge auquel les prétendants commencent à s'approcher de la famille. Elle préfère pourtant au mariage une vie de femme indépendante. Son entrée à l'institut de formation des maîtres de Jyväskylä, ouvert en 1863, lui permet de vivre sans se marier[m 3]. Pour la première fois en Finlande l'institut offre la possibilité aux femmes d'étudier autre chose que le métier de sage-femme[3].

Jyväskylä

Minna et J. F. Canth à Jyväskylä.

Le père de Minna tente de préparer sa fille à un mariage dans le milieu de la bourgeoisie[m 3]. Malgré l'opposition de ses parents, Minna souhaite continuer ses études. Elle décide de partir de Jyväskylä en secret si ses parents ne le lui permettent pas. Elle obtient cependant l'autorisation[m 3].

À l’automne 1863, Minna Johnsson entre à l'institut de formation des maîtres de Jyväskylä qui forme les maîtres d’écoles primaires[4]. Elle ne devient pas maîtresse d’école car elle interrompt ses études à l'automne 1865 pour épouser son professeur d'histoire naturelle Johan Ferdinand Canth[4]. Le couple s’installe à Jyväskylä où ils ont sept enfants : Anni (1866–1911), Elli (1868–1944), Hanna (1870–1889), Maiju (1872–1943), Jussi (1874–1929), Pekka (1876–1959) et Lyyli (1880–1969)[5]. Minna Canth s'implique dans le domaine caritatif, écrit anonymement ou sous un pseudonyme pour les journaux Keski-Suomi et Päijänne, des nouvelles et des articles affichant ses prises de positions sociales en particulier à propos d'articles sur l'éducation des filles, la tempérance et la condition féminine[3]. Son premier livre Novelleja ja kertomuksia (1878), est le début d'une longue carrière d'écrivaine[3].

En 1879 son mari meurt juste avant la naissance de leur septième enfant[4]. Il s'ensuit une période difficile physiquement et mentalement pour Minna. Quelques mois plus tard, elle termine le texte de sa pièce de théâtre Murtovarkaus (Vol avec effraction) qu’elle fait parvenir à Kaarlo Bergbom, le directeur du Théâtre national de Finlande en visite à Jyväskylä[3]. Kaarlo Bergbom accepte sa pièce immédiatement. Murtovarkaus reçoit aussi le prix de la Suomalaisen Kirjallisuuden Seura.

Retour à Kuopio

Devenue veuve avec sept enfants, Minna Canth décide de déménager pour Kuopio et d'y remettre sur pied la mercerie de son père, tout en continuant à écrire pièces, articles et nouvelles. La création de son drame Työmiehen vaimo.(La Femme de l'ouvrier) en 1885 suscite l'indignation des pasteurs et de la frange conservatrice. Elle y critique l'iniquité des lois envers les femmes et les tsiganes, l'hypocrisie de la religion, la « double morale » et l'alcoolisme. On retrouve dans cette œuvre l'influence de Taine, de Spencer, de Stuart Mill, de Brandes, de Bjørnstjerne Bjørnson et d'Ibsen. Ses idées allant à l'encontre de celles qui dominent en son temps, lui vallent de nombreux ennemis. Mais faisant montre d'un courage à toute épreuve, elle n'abandonne pas la lutte, prenant parti également, dans ses nouvelles et dans ses pièces, pour les pauvres et le prolétariat exploité et dénonçant les conditions de vie intolérables dans les prisons et les asiles d'aliénés. Elle poursuit aussi son œuvre pédagogique en publiant des articles de vulgarisation scientifique. À partir des années 1890, influencée par Tolstoï, elle affine son style et écrit son premier vrai drame psychologique, La Famille du pasteur, puis Sylvi, écrite en suédois, où se fait ressentir l'influence d'Ibsen, et enfin, Anna Liisa, son œuvre artistiquement la plus aboutie à propos du déni de grossesse et l'infanticide.

En 1886, Minna Canth est secrétaire de la section de Kuopio de l'Association des femmes finlandaises ((finnois : Suomen Naisyhdistys, suédois : Finsk kvinnoförening)[6].

Le salon de Minna

A Kuopio Minna rassemble des personnes intéressées par la littérature dans le Salon de Minna[7] où se rencontreront de nombreuses personnalités qui deviendront des écrivains connus et influents[8].

Canth et Juhani Aho dans Uusi Kuvalehti.

Disparition

Minna Canth mourut d'une crise cardiaque le , à l'âge de 53 ans.

Postérité

Ses nouvelles et ses pièces sont étudiées dans les lycées finlandais et cinq statues honorent aujourd'hui sa mémoire :

  • Emil Cedercreutz, Minna Canth, 1912, Musée Minna Canth, Harjavalta.
  • Emil Halonen, Minna Canthin patsas, 1937, Parc Minna Canth, Kuopio.
  • Lauri Leppänen, Nuori Minna, 1951, Tampere.
  • Pauli Koskinen, Nuori uneksija, 1962, Jyväskylä.
  • Heikki Varja, Nousee, 1972, Parc de l'école, Kuopio.

Depuis 2007, le 19 mars, jour de sa naissance, est le jour de l'égalité en Finlande.

Publications

Traduites en français

  • Hanna : Et autres récits, Editions Zoé, coll. « Les classiques du monde », , 414 p. (ISBN 978-2881828744)

Hors recueil

  • (fi) Murtovarkaus, Porvoo, WSOY, , réédition en 2024 (fi) Minna Canth, Murtovarkaus; Roinilan Talossa, HardPress Publishing, (ISBN 978-1318732142).
  • (fi) Roinilan talossa, Porvoo, WSOY,
  • (fi) Työmiehen vaimo, Porvoo, WSOY,
  • (fi) Hanna, Helsinki, Edlund,
  • (fi) (fi) Köyhää kansaa, Helsinki, Edlund,
  • (fi) Salakari, Helsinki, Edlund,
  • (fi) Kovan onnen lapsia, Helsinki, Edlund,
  • (fi) (fi) Papin perhe, Helsinki, Otava,
  • (fi) Sylvi, Helsinki, Otava,
  • (fi) Hän on Sysmästä, Porvoo, WSOY,
  • (fi) Spiritistinen istunto, Telén,
  • (fi) Anna Liisa, Porvoo, WSOY,
  • (fi) Kotoa pois, Helsinki, Otava,
  • (fi) Agnes, Helsinki, Otava,

Recueils de nouvelles

  • (fi) Novelleja ja kertomuksia 1, Weilin&Göös,
  • (fi) Novelleja 1, Otava,
  • (fi) Novelleja 2, Otava,
  • (fi) Suomalainen näyttämö: 18 13/10 72 - 18 13/10 97, KS,
  • (fi) Kootut teokset I, Otava,
  • (fi) Kootut teokset II, Otava,
  • (fi) Kootut teokset III, Otava,
  • (fi) Kootut teokset IV, Otava,
  • (fi) Valitut teokset, Otava,
  • (fi) Valitut teokset, Ex libris,
  • (fi) Köyhää kansaa, Karisto,
  • (fi) Laulaja ja muita novelleja, WSOY,

Liens externes

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Lien interne

Bibliographie

  • Toward equality: proceedings of the American and Finnish Workshop on Minna Canth, June 19-20th, 1985, Kuopio, University of Kuopio, coll. « Kuopion yliopiston julkaisuja. Yhteiskuntatieteet. Tilastot ja selvitykset = Publications of the University of Kuopio. Social Sciences. Statistics and reviews », (ISBN 978-951-780-823-1).
  • {Canth, Minna, Kirjeitä vuosilta 1860–1897, Otava,
  • (fi) Huhtala, Liisi (toim.), Monisärmäinen Minna Canth, Snellman-instituutti (ISBN 951-842-190-0).
  1. Huhtala 1998.
  • (fi) Kuopiosta Suomeen – Kirjallisuutemme aatesisältöä 1880-luvulla, Snellman-instituutin julkaisuja 2, Snellman-instituutti, , 56, 67–78 (ISBN 951-657-148-4).
  • (fi) Mäkinen, Kirsti & Uusi-Hallila, Tuula, Minna Canth: Taiteilija ja taistelija, Laatukirjasto, Helsinki, WSOY, (ISBN 951-0-27673-1).
  1. Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 10, partie: Minna Canthin lapsuus Tampereella.
  2. Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 15, partie: Nuoruusvuodet.
  3. Mäkinen & Uusi-Hallila 2003, p. 16, partie: Nuoruusvuodet.

Notes et références

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