Miriama Bono

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Miriama Bono, née le à Papeete, est une architecte, artiste peintre et commissaire d'exposition polynésienne. Elle a dirigé le Musée de Tahiti et des Îles (Te Fare Iamanaha) de 2017 à 2023, période durant laquelle elle pilote la rénovation du musée et des coopérations internationales majeures. Elle est également connue pour ses podcasts consacrés à la création et aux récits polynésiens.

Jeunesse et formation

Originaire de Polynésie française, Miriama Bono effectue sa scolarité au lycée Paul-Gauguin à Papeete. À 19 ans, elle intègre l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette dont elle sort diplômée en , avec une spécialisation en aménagement du territoire.

Débuts professionnels

De retour en Polynésie française en 2002, elle exerce comme architecte-conseil au sein des services de la présidence de la Polynésie française, puis rejoint le ministère de l’Environnement où elle est successivement cheffe de cabinet et chargée de communication jusqu’en 2004, au début de l’instabilité politique locale.

Carrière artistique

Entre 2004 et 2008, elle séjourne en France (Ajaccio et Paris) et se consacre à la peinture abstraite, développant un style épuré présenté lors d’expositions à Strasbourg, Paris, Ajaccio et Nouméa.

Engagements culturels en Polynésie

De retour en 2008, elle anime l’atelier-artistes de l’Hôtel Le Méridien à Punaauia et organise plusieurs manifestations. En 2012, Wallès Kotra et Heremoana Maamaatuaiahutapu, cofondateurs du FIFO, lui confient la délégation du festival. Elle contribue à l’ouverture du FIFO à d’autres festivals du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, Hawaï) en soutenant l’accord de principe PADISA. En 2015, elle préside l’association organisatrice du FIFO et devient conseillère technique chargée de la communication et de la culture auprès du ministre de la Culture, de l’Environnement et de la Communication, où elle lance les études du futur centre culturel de la Polynésie française.

Direction du Musée de Tahiti et des Îles (2017–2023)

En 2017, Miriama Bono est nommée directrice du Musée de Tahiti et des Îles, en remplacement de Mme Theano Jaillet[1]. Son profil associe expertise architecturale et management culturel, atouts jugés déterminants pour conduire la rénovation de l’établissement.

Les travaux débutent en 2019 ; elle assure le suivi du chantier et coordonne des coopérations internationales menant, pour la réouverture de 2023, au retour temporaire en Polynésie de 20 pièces majeures issues notamment du British Museum, du Musée d’Anthropologie de Cambridge et du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac. Parmi elles figure la statue du dieu A’a de Rurutu, prêt emblématique offrant au musée — rebaptisé Te Fare Iamanaha — une visibilité régionale accrue[2].

Parallèlement, elle assure plusieurs commissariats d’expositions, notamment pour la représentation de la Polynésie au salon Révélations à Paris[3] et pour « Maro’ura, un trésor polynésien » au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac.

Activités curatoriales (depuis 2023)

En , elle quitte la direction du musée pour se consacrer à ses projets artistiques et curatoriaux, et à la promotion des artistes polynésiens dans la région Pacifique et en Europe. Elle participe aux deux Talanoa Forum de l’artiste Yuki Kihara — à la Biennale de Venise (2020) puis au Powerhouse Museum de Sydney (2023) — et collabore à des publications internationales[4].

En 2024, elle intervient comme conférencière à l’exposition GAUGUIN’S WORLD: Tōna Iho, Tōna Ao à la National Gallery of Australia (Canberra), en lien avec le Savage Klub et sa fondatrice Rosanna Raymond, et encourage la participation de l’artiste tahitien Tahe Drollet. L’exposition est ensuite présentée au Museum of Fine Arts de Houston, où elle donne une conférence valorisant une approche artistique autochtone face aux lectures « après-Gauguin ». Parallèlement, elle contribue à une réflexion curatoriale pour la Triennale de Brisbane en vue d’une participation polynésienne en 2027, et collabore au projet Tau o Mai | Journeys with Mai au Fitzwilliam Museum (Université de Cambridge) aux côtés de Hinatea Colombani et Tahe Drollet (sélection des œuvres et rédaction des cartels). Elle prépare également, pour le label Tahiti Podcast, un podcast de fiction destiné à la jeunesse autour du portrait de Mai.

Podcasts

En 2019, Miriama Bono lance le premier podcast natif polynésien, Tahitian Talk, consacré au processus créatif en Polynésie française[5]. En , lors du premier confinement, elle crée Parau Tama, dédié aux contes et légendes polynésiens[6]. Forte de ces expériences, elle cofonde ensuite le label Tahiti Podcast, destiné à produire des programmes dans la continuité des deux premiers.

Publications

  • « The Oceanian Documentary Film: A New Form of Resistance », Lagoonscapes Vol.3, no 2, , p. 286-292 (lire en ligne)
  • « Rendre visible la diversité dans les musées », Hommes & Migrations, no 1340, , p. 65-71 (lire en ligne)
  • Miriama Bono, Tamara Maric, Marine Vallée, Vairea Teissier, Tara Hiquily, Mahinatea Gatien, « Repenser le musée de Tahiti et des Îles – Te Fare Manaha : genèse, histoire, bilan et perspectives d’un projet de rénovation », Journal de la Société des Océanistes, no 155, , p. 269-282 (lire en ligne)

Distinctions

Notes et références

Liens externes

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