Mitigation

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En plomberie, un mitigeur permet d'obtenir de l'eau tiède à partir d'eau chaude et d'eau froide.

La mitigation est un mot français (du latin mitigare) signifiant l'adoucissement, la modération.

La mitigation des règles conventuelles consiste en leur adoucissement qui peut aller jusqu'au relâchement et la dénaturation : ainsi, par exemple, de l'abandon de la vie érémitique pour la vie en communauté.

Ce terme a été repris par l'anglais [1] pour être utilisé dans le domaine du risque ou des études d'impact (surtout dans l’Anglosphère) pour désigner des systèmes, des moyens et des mesures d'atténuation d'effets, par exemple en matière de risques majeurs (naturels ou non) ou dans le cas d'aménagement ayant des effets négatifs sur l'environnement.

À la différence de la mesure compensatoire et de la mesure conservatoire environnementales, telles que comprises en France et en Union européenne, la mesure de mitigation vise plutôt, pour un risque qu'on ne peut pas empêcher, à prendre des mesures de précaution pour atténuer les dommages (environnementaux, sociaux, économiques, sanitaires[2], de trouble à l'ordre public) ou pour les rendre plus supportables par le public.
Cela se fait plutôt dans une démarche préventive, visant à réduire d'une part la vulnérabilité des enjeux et d'autre part l'intensité de certains aléas tels que les inondations, les avalanches, aléas liés à des phénomènes climatiques et géologiques ou anthropiques (pollution, destruction de patrimoine construit, culturel ou naturel (en particulier dans ce dernier cas destruction d'espèces ou d'habitats ou fragmentation écopaysagère, etc.).

Les mesures de précaution tendant à atténuer les dommages est une des composantes d'une stratégie de développement durable, et en particulier la mitigation des risques naturels en tant qu'investissement fait aujourd'hui en prévision de phénomènes qui auront lieu demain.

En théorie, ce concept implique :

  • une approche systémique (écosystémique dans le cas des compensations environnementales) identifiant les causes et effets (impacts) possibles ;
  • la définition de règles, de contrôles de maîtrise d'ouvrage, et si possible d'indicateurs de résultats qu'il faudra suivre dans le temps ;
  • le développement d'un savoir adapté aux besoins locaux ;
  • l'institution d'un système d'échanges, d'aides et de financements (Aux États-Unis, la tendance est de confier ce rôle au marché) ;
  • l'information du public, notamment quant aux conditions de l'intérêt de cette approche alternative (condition d'acceptabilité).

Aux États-Unis, en 1995, le guide fédéral[3] recommande que chaque Mitigation bank travaille à l'échelle d'un bassin versant, ou d'une écorégion [4] (cette zone de compétence d'une banque est dite Zone de service (service area)). Mais il est toléré - au cas par cas - qu'une telle banque soit utilisée pour compenser les impacts au-delà de sa zone de service si cela est démontré « possible et souhaitable pour l'environnement »[3]. Le nombre de banques s'est fortement développé, des recommandations sont publiées par les autorités et collectivité [5] pour mieux coordonner le travail de ces banques.

Cette approche, américaine, est encore trop récente pour avoir été évaluée sur ses effets à moyen ou long terme. Elle est parfois opposée aux approches européennes. Mais toutes deux présentent des avantages et inconvénients ;

  • De manière très simplifiée, on peut dire que - tel qu'il est pratiqué aux États-Unis - le marché de l'atténuation vise à équilibrer la perte nette globale de milieu à l'échelle d'un territoire donné (bassin, zone biogéographique, pays...). Il a pour inconvénient de ne pas réellement compenser les impacts là où ils ont lieu, mais il a pour avantage de pouvoir éventuellement - et en quelque sorte - "compenser" un impact avant même qu'il ait lieu, mais ailleurs.
  • Le système européen recherche une compensation juste et fonctionnelle, qualitativement équivalente à ce que l'aménagement devrait détruire, mais où les mesures compensatoires sont souvent - à terme - plus importantes (ex : 4 ha de forêt replantée pour 1 ha coupé). En Europe où le foncier est une ressource plus précieuse qu'en Amérique du Nord, l'aménageur est plutôt encouragé à éviter de produire des impacts négatifs ou à les réduire au minimum.

Limites

Mitigation banks

Annexes

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