Modélisation par objets typés
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Le langage de Modélisation par Objets Typés (MOT) conçu par Gilbert Paquette (2002[1], 2010[2]) en collaboration avec les chercheurs du centre de recherche LICEF[3], est un langage de représentation graphique et semi-formel de la connaissance.
La richesse de l'expressivité, la souplesse et la simplicité de sa grammaire, le guidage représentationnel assuré par la typologie du vocabulaire font de MOT un langage qui favorise l’extériorisation de la connaissance tacite en connaissance explicite. Initialement conçu afin de satisfaire les exigences de la modélisation en ingénierie pédagogique, le langage MOT peut aussi être employé dans diverses disciplines :
- En recherche, MOT est employé pour représenter graphiquement des problématiques, des théories ou encore des méthodologies
- En ingénierie des connaissances ou ontologique (Héon 2010[4]) , MOT est employé pour représenter le domaine d'un discours. Il assiste le cogniticien dans l’activité de conception d’une ontologie de domaine ainsi que la construction d’une mémoire d'entreprise
- En gestion de projets, ainsi qu'en gestion des connaissances, MOT permet de représenter les acteurs, les ressources, les procédures, les forces et les contraintes ainsi que l'intrant et le produit d’un système organisationnel. La représentation systémique construite soutient la prise de décision et la priorisation des activités d'un projet. MOT s’emploie notamment: en gestion de projets informatiques, en gestion de connaissances, en coaching d’équipe ou encore en gestion de changements
- En émergence de l’innovation, MOT est employé en transfert de connaissances métier (Basque et al. 2010[5]) entre un expert et un novice, il s’utilise dans la séance de remue-méninge ou encore comme langage neutre qui stimule l’échange et la communication entre intervenants d’horizons disciplinaires hétérogènes (par ex. : des gestionnaires, décideurs et gens de métier mis en relation pour résoudre une problématique dans l’organisation).
MOT s’adresse à des pédagogues, des coaches, des gestionnaires de projets, des experts de métier, des ingénieurs, des professionnels de la communication, des penseurs ou à toutes personnes désireuses de partager des connaissances.
Structure du langage

Comme la plupart des langages, la structure de MOT se compose d’un alphabet, d’une grammaire et d’une sémantique (voir la figure 1).
L’alphabet est constitué de symboles, d’icônes ou de la représentation de base du langage (ce que l'on appel parfois les primitives du langage). Par exemple, en langue française, l’alphabet se compose de caractères regroupés en voyelles et en consonnes. La grammaire, quant à elle, sert à définir les règles d’utilisation des symboles. L’application des règles est indépendante du sens que représentent les symboles. La sémantique est la définition du sens qui est donné aux symboles. Par exemple, dans la figure 1, deux symboles sont utilisés soit le rectangle représentant un concept et la flèche traversée d’un « C » qui indique un lien de composition. La règle de grammaire utilisée ici s’énonce comme suit : « un lien de composition qui a comme origine un concept relie à sa destination un autre concept ». La sémantique associée à cette règle est : un concept A est composé d’un concept B. Par exemple, dans la figure 1 on peut lire : « le concept langage se compose des concepts : Alphabet, Grammaire et Sémantique ».
Alphabet
L’alphabet du langage comporte deux catégories de symbole graphique : la connaissance et la relation (voir la figure 2).
Catégories de symboles

La relation est la catégorie de symboles qui permet de lier par un vecteur deux connaissances d'un schéma.
La connaissance est la catégorie de symboles qui permet de représenter la connaissance de quelque chose. En MOT, la connaissance se divise en deux sous-catégories, la connaissance abstraite et la connaissance factuelle. Les connaissances peuvent être combinées au sein d’un même schéma de manière à produire des modèles mixtes de connaissances.
- La connaissance abstraite représente quelque chose du monde des idées. Par exemple, dans la phrase « le chien est le meilleur ami de l’Homme », le mot « chien » fait référence à un concept, à une idée que l’on se représente de ce qu’est un « chien ».
- La connaissance factuelle fait référence à une entité tangible, qu’on peut aussi nommer « objet concret ». Par exemple, s’il est dit « Fido est le meilleur ami de l’Homme », alors le mot « Fido » fait référence à quelque chose qui existe, qu’il est possible de toucher. On dira alors que le mot « Fido » est une connaissance factuelle.
- La connaissance déclarative représente « le quoi » des choses ou encore les entités d'un domaine du discours. Par exemple: table, chaise, coutellerie, chandelier, etc., sont des entités déclaratives du domaine du discours de ce qui est contenu dans une salle à dîner.
- La connaissance procédurale représente « le comment » des choses, elle désigne des opérations, des actions pouvant être accomplies. Par exemple: déplacer, saisir, couper, etc.
- La connaissance prescriptive représente « le pourquoi, le qui, le quand » des choses. Elle est une connaissance qui permet de nommer une relation qui existe entre des objets, Elle sert aussi à représenter une condition pouvant s’appliquer à l’exécution d’une action. Elle est aussi utilisée pour représenter des personnes, des règles, des objectifs, des contraintes régissant une action ou une entité du domaine du discours.
Symboles concrets et leur sémantique
Le symbole concret est l'équivalent d'une lettre dans un alphabet. Par exemple, la lettre a est le symbole concret de la catégorie de symboles voyelle. Le langage MOT contient une série de symboles concrets associés aux relations et aux connaissances du langage. Chaque symbole concret possède une sémantique (un sens, une signification) qui lui est associée.
Symboles associées aux connaissances

Le symbole concret de type connaissance est une connaissance typée. Dans sa définition originale MOT possède six connaissances typées {concept, procédure, principe, exemple, trace et énoncé} (voir le tableau 1 et le tableau 2), Chaque connaissance est associée à un niveau d'abstraction (abstrait ou factuel) ainsi qu'à un type (déclaratif, procédural ou prescriptif.
Tableau 2 : Sémantique des connaissances typées dans MOT
- le concept: est le symbole concret qui représente une connaissance abstraite déclarative. Elle représente « le quoi » des choses. Il sert à décrire l’essence d’un objet concret. Il peut être associé à l’idée de classe ou de catégorie. En ce sens, il est l'abstraction d’un objet concret.
- l'exemple: est le symbole concret qui représente une connaissance factuelle déclarative. Il représente un des objets concrets en énonçant un certain nombre de faits qui le décrivent.
- La procédure: est le symbole concret qui représente une connaissance abstraite procédurale. Elle décrit « le comment » des choses. Elle désigne des catégories d'opérations ou d'actions pouvant être accomplies.
- La trace: est le symbole concret qui représente une connaissance factuelle procédurale. Elle représente l’ensemble des faits concrets obtenus lors de l’exécution d’une procédure.
- Le principe: est le symbole concret qui représente une connaissance abstraite prescriptive. Elle désigne « le pourquoi », « le quand » ou le « qui » associé à une chose. Il est une connaissance stratégique qui permet de nommer une catégorie de relations qui existe entre des objets, que ce soit des concepts, des procédures ou d’autres principes. Il sert notamment à représenter une condition pouvant s’appliquer à l’exécution d’une action. Il est aussi utilisé pour représenter des rôles dans une organisation, des catégories de règles et des catégories de contraintes.
- L'énoncé est le symbole concret qui représente une connaissance factuelle prescriptive. Il représente l’instanciation d'un principe à propos d’objets concrets.
Symbole concret relationnelle et sa sémantique

Le symbole concret de type relation est un lien typé. Dans sa définition originale MOT possède six liens typés {C, I, P, S, IP, R} (voir la figure 4) et un lien non typé. Chaque type de lien possède une sémantique propre.
Tableau 3 : Sémantique des relations typées dans MOT
- Lien S : le lien de Spécialisation associe deux connaissances abstraites de même type dont la première est une spécialisation de la seconde. Ce lien est notamment utile dans la description des taxonomies. Le lien de spécialisation est une relation transitive.
- Lien I : le lien d'Instanciation associe à une connaissance abstraite une connaissance factuelle qui caractérise une instance de cette connaissance. Le lien d'instanciation n'est pas une relation transitive.
- Lien I/P : le lien Intrant/Produit sert à associer une connaissance procédurale à une connaissance conceptuelle afin de représenter l'intrant ou le produit d'une procédure. Ce lien est notamment utile dans la description des algorithmes, des processus et des méthodes. Le lien intrant/produit n'est pas une relation transitive.
- Lien P : le lien de Précédence associe une connaissance à une autre qui la suit dans une séquence temporelle de procédures ou de règle de décision (principes). Le lien de précédence est une relation transitive.
- Lien R : le lien de Régulation associe une connaissance stratégique (un Principe ou un Énoncé) à une autre connaissance afin de préciser une contrainte, une restriction ou une règle qui régit la connaissance. Le lien de régulation est une relation non-transitive.
- Lien C, C* : les liens de Composition et de Composition Multiple permettent de représenter l’association entre une connaissance et des connaissances qui la composent. Le lien de composition est une relation transitive.
Le symbole de connaissances « non typé » et le lien NT (non typé) ne font pas partie du langage MOT. Ils sont offerts chez certains éditeurs comme commodité pour éditer des cartes conceptuelles non typées.
Grammaire

Certaines règles d’association entre des connaissances sources et des connaissances destinations sont appliquées à chacun des types de relation. Ces règles définissent les relations considérées valides entre les différents types de connaissances du point de vue de la sémantique MOT. Voici les quelques règles générales d’utilisation :
- Règle 1 : une relation ne peut pas exister seule; elle doit, à son origine et à sa destination, référer à une connaissance (factuelle et/ou abstraite selon le cas).
- Règle 2 : il est possible qu’une relation possède la même connaissance d’origine et de destination.
- Règle 3 : une connaissance peut exister seule, sans qu’elle soit l’origine ou la destination d’une relation
Règles d'utilisation des symboles concrets
Plus spécifiquement, il existe un ensemble de règles secondaires qui régissent chacune des relations en fonction de la nature des connaissances d’origine et de destination qu’elles associent. Le tableau 4 présente, en format condensé, l’ensemble des règles d’union des relations et des connaissances de MOT. Les règles présentées au tableau 2 s’interprètent de la façon suivante : prenons par exemple la première case du haut à gauche. On y lit « C, I, S ». L’interprétation, sous forme de règle, s’inscrit comme suit :
- Règle C1 : un lien de composition (lien C) peut relier à sa source un concept et à sa destination un concept
- Règle S1 : un lien de spécialisation (lien S) peut relier à sa source un concept et à sa destination un concept
- Règle I1 : un lien d' instancication (lien I) peut relier à sa source un concept et à sa destination un concept. (Note: Il s'agit ici d'une règle rarement utilisée puisqu'elle représente un cas où un concept instancie un autre concept. Ceci est utilisé pour mettre en relation un meta-concept avec un concept )
Chacune des cases du tableau s’interprète selon la même lecture impliquant un ensemble de cas d’utilisation pour chacun des liens.
Sémantique des éléments grammaticaux
Nous venons de définir les constituants du vocabulaire, de la sémantique de chacun des éléments de vocabulaire ainsi que de la grammaire de MOT. Maintenant, nous nous attardons sur la sémantique des éléments grammaticaux de MOT
Lien C: la composition
Le lien « C », qui se lit : « lien de composition », sert à représenter les composants, les constituants d’une connaissance. Il permet d’indiquer qu’une connaissance se compose d’une ou plusieurs autres connaissances.



Lien S : la spécialisation
Le lien « S », qui se lit : « lien de spécialisation », sert à représenter la spécialisation d’une connaissance par rapport à une autre. Il permet de désigner des cas particuliers de connaissances conceptuelles. Les connaissances liées par un lien de spécialisation sont des connaissances de même type.



Lien R: la régulation
Le lien « R », qui se lit : « lien de régulation », est une relation qui met en jeu un principe et l'une ou l'autre des connaissances abstraites. En tant qu'agent, norme ou contrainte, le principe est utilisé en conjonction avec un lien de régulation pour indiquer une situation de régulation d'un objet par un autre.


Lien I: l’instanciation
Le lien « I », qui se lit : « lien d’instanciation », met en relation une connaissance abstraite et la connaissance factuelle de même type . Il sert à représenter la relation entre un objet concret et l’abstraction qui lui est associée.



Lien IP: l'intrant et le produit
Le lien « I/P », qui se lit : « lien intrant/produit », met en relation une connaissance de type procédure et de type concept (voir l'exemple du tableau 8). Il sert à désigner les composants nécessaires à la réalisation de la procédure ainsi que les objets produits par la procédure.


Line P : la précédence
Le lien « P », qui se lit « lien de précédence » met en relation des procédures ou des principes. Il sert à ordonner la séquence d’exécution des procédures ou l’ordonnancement de l’application de principes.









