Mohamed Aziz est né en 1948[1]. Il devient orphelin à l’âge de 6 ans et il travaille alors durement pour gagner sa vie en pêchant[1]. Cette activité lui permet d’aller à l’école et de peut-être obtenir son diplôme de fin de lycée[1]. À 15 ans, il est contraint de quitter ses études face à la difficulté économique car il ne peut pas se payer ses manuels scolaires[1].
Il décide, en 1963, de se lancer dans la vente de livres[1] et ouvre sa première boutique, sous un arbre et constituée d’un tapis avec ses 9 premiers livres à vendre[1]. Son activité lui permit, 4 ans plus tard, d’ouvrir un petit magasin nommé « Bouquiniste El Azizi »[2] dans l’avenue Mohammed V, d’une surface de 1,50 m sur 1,50 m, en plein cœur de Rabat[1], à une époque où la lecture n’était pas courante au Maroc[3], avec environ 80% d’analphabètes[2].
Il ne spécialise pas ses ventes et propose des titres allant du tabloïd au manuel de médecine[1]. À la fin de l’année scolaire, il récupère beaucoup de manuels scolaires des élèves des alentours qu’il revend peu cher la rentrée suivante[4].
Toujours en activité en 2023, il explique commencer ses journées par une promenade auprès d’autres libraires des quartiers de Rabat auprès desquels il se fournit en achetant les meilleurs de leurs livres, et en les soutenant par ses achats[1]. Puis il passe les 12 heures de travail suivantes à lire sur son perron s’arrêtant seulement pour manger, prier, fumer et aider les clients[4]. En moyenne, Aziz réalise une ou deux ventes par jour[4].
Il est aujourd’hui le plus vieux libraire encore en activité dans la Médina[4], très souvent photographié et partagé sur les réseaux sociaux, il n’est que rarement crédité[2].