Mohamed Khaznadar
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protectorat français de Tunisie (à partir du )
| Naissance | |
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beylicat de Tunis (jusqu'au ) protectorat français de Tunisie (à partir du ) |
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| Père | |
| Parentèle |
Mohammed Bey (beau-père) Moustapha Bey (grand-père) |
| Maître |
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Fondation du musée national du Bardo |
Mohamed Khaznadar, né en et mort en , est l'un des premiers archéologues du beylicat de Tunis. Il est le fils aîné de Mustapha Khaznadar, grand vizir de Tunis entre 1855 et 1873[1].
Khaznadar est le premier Tunisien à proposer la création d'un musée, installé au palais du Bardo près de Tunis[2]. Sa collection devient plus tard le noyau du musée national du Bardo. Son travail influence aussi les politiques culturelles tunisiennes avant la mise en place du protectorat français en 1881[3].
En tant que Nord-Africain engagé dans l'archéologie à l'époque du colonialisme européen, il est souvent comparé à Osman Hamdi Bey et Rifa'a al-Tahtawi[4].
Mohamed Khaznadar naît dans une famille riche appartenant à l'élite dirigeante tunisienne. Son père, Mustapha Khaznadar, originaire de l'île grecque de Chios, devient un personnage influent de la cour tunisienne des Husseinites.
Mohamed étudie à Paris, où il découvre la culture, l'histoire et l'archéologie européennes. Il est alors élève d'Ernest Desjardins[5].
De retour en Tunisie en 1865, il se consacre à l'exploration et à la collection d'antiquités. En 1866, il devient le premier Tunisien à conduire des fouilles archéologiques modernes à Carthage. Il réunit une importante collection d'objets, comprenant des inscriptions romaines et puniques, des mosaïques et des sculptures[6].
Khaznadar entretient des relations avec des chercheurs et institutions européens. Il communique ses découvertes à l'Académie des inscriptions et belles-lettres à Paris. Cependant, ses collections créent des tensions avec des archéologues étrangers et les autorités du pouvoir colonial français[7]. Une partie de ses pièces est présentée à l'Exposition universelle de 1867 à Paris et à celle de 1873 à Vienne[5].
Fondation du musée du Bardo
En 1866, Khaznadar propose la création d'un musée national tunisien pour exposer les antiquités du pays. Il souhaite installer ce musée au palais de La Manouba, une résidence du bey de Tunis[8]. Sa collection, comprenant les inscriptions de Khaznadar (en), une statue de Bacchus, et d'autres objets notables, forme le cœur du futur musée national du Bardo[9].
Le voyageur allemand Heinrich von Maltzan (en) écrit dans les années 1860 que le musée de Khaznadar « surpassait tous les autres musées du monde dans le domaine des antiquités phéniciennes et carthaginoises »[10]. Il note aussi que le musée contenait plus de 120 inscriptions puniques (en) découvertes à Carthage, mais qu'il était difficile d'y avoir accès[11]. En effet, Khaznadar refusait de laisser copier les inscriptions, craignant que la publication ne réduise la valeur de sa collection[12].
Selon Taher Ghalia, conservateur du musée national du Bardo, la création officielle du musée par le décret du découle de la politique de Kheireddine Pacha, successeur de Khaznadar. Celui-ci réglemente en effet les fouilles et ordonne la saisie de la collection privée de Khaznadar, jugée acquise de manière frauduleuse[13].
Collection
- Statue de Bacchus, aujourd'hui au musée d'Histoire de l'art de Vienne.
- Exemple des inscriptions de Khaznadar, désormais au musée du Louvre et connue sous le nom de KAI (en) 88.
- Inscription de la déesse-mère carthaginoise, connue sous le nom de KAI 83.