Moira Bertram
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Bert |
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Moira Bertram, née en 1913 ou en 1929 à Sydney en Australie, est une dessinatrice et illustratrice australienne de bande dessinée, une des rares femmes à pratiquer ce métier en Australie.
L'héroïne de sa première série de bande dessinée, Jo, bénéficie d'une cape magique qui lui permet d'aider son ami, un pilote américain, à combattre les gangsters et les Japonais. Jo est publiée dans le The Daily Mirror de Sydney puis dans les publications de Frank Johnson. Moira Bertram crée ensuite notamment les bandes dessinées Flameman, Red Finnegan, The Thrilling Adventures of Dan Eagle, Army. Puis elle quitte la bande dessinée, dessine des portraits et illustre divers ouvrages.
Moira Bertram naît à Sydney en 1913[1] ou en 1929[2]. Elle est la fille d'un négociant en laine de Sydney[2],[3]. Elle étudie d'abord la peinture de portrait sous la direction du célèbre peintre australien Antonio Dattilo Rubbo[4]. En même temps, elle commence à écrire et à dessiner des bandes dessinées pour son propre plaisir : « Quand j’étais à l’école (…) j’ai décidé de dessiner et d’écrire des bandes dessinées. J’ai toujours eu beaucoup de succès »[5].
Alors qu'elle est encore adolescente, elle publie sa première œuvre, une bande dessinée d'aventure de style fantastique, Jo, dont la série est prépubliée dans le journal Daily Mirror de Sydney à partir du [6]. « [Je dessine/écris des bandes dessinées] depuis l’âge de quatorze ans – j’ai dit aux éditeurs que j’avais seize ans de peur qu’ils ne les publient pas »[5]. Elle est une des rares femmes à créer des bandes dessinées en Australie à cette époque[1].
Son héroïne, Jo, est une magnifique danseuse aux cheveux noirs qui, grâce à sa cape magique, aide son petit ami, le pilote de chasse américain Serge Shawn, à déjouer les gangsters et à lutter contre les Japonais[7],[8]. Cette bande dessinée établit rapidement la réputation de Bertram comme une dessinatrice vivante et imaginative. Ses dessins sont caractérisés par des héros à la mâchoire de granit et des femmes voluptueuses et désirables.
Après ses publications dans le Daily Mirror, Moira Bertram signe en un contrat de trois mois avec l'éditeur Frank Johnson[2]. La série Jo and Her Magic Cape apparaît alors dans une série de publications de Frank Johnson en 1945-1946[3],[8].
Une autre de ses œuvres en bandes dessinées est Flameman, publiée en 1946 par K.G. Murray Publishing Company, qui raconte les aventures d'un « génie du soleil » surpuissant[9].
Moira Bertram et sa sœur Kathleen (qui réalisait son lettrage)[3] se lancent en 1949 dans l'autoédition de leur bande dessinée Red Finnegan, qui compte quatre épisodes. Dans les années 1950, elle travaille pour plusieurs maisons d'édition, dont Horwitz Press[10], Invincible Press avec The Thrilling Adventures of Dan Eagle (vers 1954), Army et des bandes dessinées sentimentales[11], Bring Back My Love (vers 1956), Army (vers 1956), Campus Snobs (vers 1959)[12] et Rivals in Love (vers 1959)[2] et les éditions Calvert Publishing pour des romans populaires. Moira Bertram illustre également des couvertures pour les romans de Carter Brown[3] et contribue à la collection Silhouette Romance Library (Reigate Pty Ltd)[1].
Elle met fin à sa carrière dans la bande dessinée à la fin des années 1950[1]. Elle ne se marie pas, et après la bande dessinée, elle réalise des portraits et des illustrations pour différents éditeurs[13].
Jugements sur Moira Bertram
Selon Kevin Patrick, Moira Bertram se différencie largement de ses collègues masculins et elle comprend immédiatement les possibilités narratives d'une planche de bande dessinée. Elle réalise ainsi des cases immenses, invente de larges compositions et des perspectives vertigineuses qui dominent ses mises en page. Elle bénéficie de l'aide de sa sœur Kathleen. Son utilisation d’effets sonores exagérés annonce les bandes dessinées d’artistes « Pop » des années 1960 comme Roy Lichtenstein »[6].
Ingrid Unger estime que Moira Bertram développe un style visuel saisissant, caractérisé par une utilisation habile des changements d'angles de vue pour un effet à la fois dramatique et humoristique, et que ses récits sont pleins d'action, sans violence excessive, et souvent humoristiques. Ils mettent en scène des femmes fortes et une grande variété de personnages féminins[3].
Selon John Clements, Moira Bertram est fière et séduisante, sa force de travail tient à sa personnalité[13].
John Ryan, dans l'anthologie de bandes dessinées Panel by Panel, décrit Moira Bertram comme « très stylisée et sûre d'elle ; ses expérimentations avec la perspective consistent notamment à placer de grandes formes au premier plan pour renforcer l'intensité visuelle d'une histoire et placer le lecteur au-dessus de l'action »[8].
Reconnaissance
Moira Bertram reçoit en 2018 un prix Ledger (en), le prix Ledger of honour[1].
Elle est admise au Australian Comics Hall of Fame[1].