Monastère de Saint-Georges-des-Manganes
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Le monastère de Saint-Georges-des-Manganes est un ancien monastère de Constantinople situé dans le quartier des Manganes. Il fut démoli pour permettre la construction du palais de Topkapi.
Établissement sous Constantin IX
Selon Théodore Skoutariotès et la Chronique de Michel Psellos, l'empereur Constantin IX Monomaque (1042-1055) souhaitait étendre le Grand Palais et ordonna dans ce but la construction du complexe des Manganes, comprenant un monastère, un palais et de nombreuses annexes, à partir de 1042 et jusqu'en 1054.
Si la magnificence de l'édifice fut célébrée, entre autres, par Michel Psellos, Christophe de Mytilène ou Jean Mavropous, ces travaux considérables ainsi que les libéralités de Constantin IX envers d'autres monastères, épuisèrent le trésor impérial, ce qui contraignit l'empereur à lever de nouveaux impôts et le rendit impopulaire.
De 1055 à 1453
À la fois résidence impériale et monastère prestigieux, les Manganes furent le théâtre de nombreux événements historiques, souvent tragiques. La cour impériale se rendait annuellement au monastère, le , jour de la fête de saint Georges.
Au XIIe siècle, Isaac II (1185-1195) fit détruire le palais pour réemployer les matériaux pour ses propres constructions, ce qui fut vu comme un sacrilège tant les bâtiments se trouvaient proches du sanctuaire[1].
Après la conquête de Constantinople par la quatrième croisade, le monastère fut occupé par des moines latins, jusqu'à la reprise de Constantinople sous Michel VIII.
Au XIVe siècle, le monastère était particulièrement célèbre car il contenait des reliques de la Passion qui attiraient de nombreux pèlerins, et l'abbé du monastère portait le titre de Protosynkellos.
Le monastère resta en activité jusqu'à la chute de l'empire.
De 1453 à aujourd'hui
Le monastère fut pillé et saccagé lors de la prise de Constantinople en 1453. Brièvement occupé par des derviches, il fut ensuite détruit pour laisser la place au palais de Topkapı pour lequel ses matériaux furent réemployés (1467). Le parc fut cependant conservé et agrémenté de bâtiments tandis qu'un zoo était installé dans son coin oriental.
Au XIXe siècle, la construction du chemin de fer provoqua de sévères dommages aux vestiges des bâtiments, entraînant notamment la destruction de l'abside de l'église Saint-Georges.
La zone fut fouillée en 1921-1922 par les archéologues français Robert Demangel et Ernest Mamboury. Du fait de l'extension du chemin de fer, le Musée Archéologique d'Istanbul procéda à des fouilles de sauvetages en 1976. La zone fut également prospectée lors de la restauration des remparts.