Avant la création de l'État fédéral en 1848 et la loi fédérale de 1850, il n'y a pas d'unité monétaire en Suisse. Une seule exception, la période de la République helvétique qui va de 1798 à 1803, et qui voit l'apparition du « franc de Suisse », calqué sur le franc révolutionnaire français.
Depuis le XIIIe siècle, le droit de frapper la monnaie est une prérogatives des cantons, demi-cantons, communes et diverses autorités locales, qui possèdent pour la plupart, un atelier monétaire. De nombreuses pièces étrangères circulaient également, elles étaient utilisées, dans le cadre des échanges et transactions, à plus de 80 %. Le nombre des différents types de monnaies circulant à cette époque sur le territoire suisse est estimé à environ 860, chiffre qui donne une idée du degré de complexité, en matière de change, qui occurre lors des échanges intercantonaux et internationaux. Toutefois, à partir de la fin du XVe siècle, le thaler va demeurer un référent monétaire jusqu'à la fin du XVIIIe siècle[1],[2].
En 1838, l’Encyclopédie du dix-neuvième siècle d'Ange de Saint-Priest[3] résume la situation :
« Les batz n'ont pas la même valeur dans tous les cantons de la Suisse et en général ne sont pas reçus dans les cantons voisins de ceux où ils ont été frappés. Les voyageurs sont donc forcés de changer continuellement leurs espèces, souvent avec une forte perte. Les batz de Bâle, de Schaffhouse, de Saint-Gall sont les meilleurs de tous ; ceux de Berne, de Fribourg et de Lucerne sont les plus faibles de titre ; neuf des premiers valent dix des autres. Il est au reste facile de les distinguer, car ils portent tous les armoiries des cantons qui les ont émis. »