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Batteries du mont Canisy

batterie de défense côtière du mur de l'Atlantique From Wikipedia, the free encyclopedia

L'ensemble constituant les batteries du mont Canisy est un des ouvrages du mur de l'Atlantique implanté sur le mont du même nom. Située sur la commune de Benerville-sur-Mer, la butte calcaire de 110 m de hauteur et de 800 m de diamètre, en bordure littorale de la Côte Fleurie, surplombe les marais de Blonville-sur-Mer à l'Ouest et la basse vallée de la Touques à l'Est.

Dénomination allemandeHeeres Kusten Batterie (HKB) Canisy - Stützpunkt Vill 13
Type d'ouvrageStützpunkt
Secteur
└─ Sous-secteur
└─ Zone
Armeeoberkommando (AOK) 15
└─ Küsten Verteidigung Abschnitt (KVA) G
└─ Stp Gruppe Villers sur Mer
Nombre d'ouvrageUne trentaine de casemates, dont cinq Regelbau
Faits en bref Dénomination allemande, Type d'ouvrage ...
Batteries du mont Canisy
Stützpunkt Vill 13
image
Un des trois Regelbau 679 de la batterie.

Dénomination allemande Heeres Kusten Batterie (HKB) Canisy - Stützpunkt Vill 13
Type d'ouvrage Stützpunkt
Secteur
└─ Sous-secteur
└─ Zone
Armeeoberkommando (AOK) 15
└─ Küsten Verteidigung Abschnitt (KVA) G
└─ Stp Gruppe Villers sur Mer
Description
Nombre d'ouvrage Une trentaine de casemates, dont cinq Regelbau
Objectif(s) Défense côtière
Aujourd'hui
Utilisation actuelle Musée
Ouvert au public Oui, partiellement en libre accès
Chronologie des fortifications
Plan et localisation

Pays France
Région Normandie
Commune(s) Benerville-sur-Mer
Coordonnées 49° 20′ 27″ nord, 0° 02′ 25″ est
Géolocalisation sur la carte : Calvados
(Voir situation sur carte : Calvados)
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Stützpunkt Vill 13]]
Géolocalisation sur la carte : Normandie
(Voir situation sur carte : Normandie)
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Stützpunkt Vill 13]]
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
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Stützpunkt Vill 13]]
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Situation

Le mont Canisy permet à l'observateur d'embrasser un panorama de toute la baie de Seine[a]. La photo montre une vue sur le port Deauville, la falaise des Roches Noires au Nord-Est de Trouville, les falaises du cap de la Hève, la zone portuaire du Havre et l'estuaire de la Seine.
Carte représentant l'estuaire de la Seine.

Sur Bénerville, le mont Canisy descend vers la mer avec des falaises hautes d'une trentaine de mètres, laissant voir de la plage des coulées boueuses et des blocs coralliens[1]. Il s'inscrit dans un paysage de plateaux aux vallées encaissées et une succession de reliefs de cuesta à faible pendage. Ces plateaux du pays d'Auge qui culminent à des hauteurs entre 120 et 140 m de hauteur, se caractérisent par des coteaux aux pentes relativement fortes. L'érosion différentielle a laissé subsister des buttes-témoins qui marquent l'ancienne extension d'une cuesta. La plaine alluviale de la Touques, entre les deux coteaux, est marquée par un relief atypique, le Mont Canisy, formé d'une corniche de calcaires oolithiques et coralliens de l'Oxfordien moyen, coiffant une puissante série argileuse de l'Oxfordien inférieur. La butte-témoin du Mont Canisy a résisté à l'érosion, protégée par la formation récifale massive[2],[3].

L'inventaire du patrimoine géologique de la région Basse-Normandie, initié en 2007, a identifié et validé des sites aux patrimoines géologiques, géomorphologiques et hydrogéologiques ayant un intérêt scientifique, culturel, pédagogique, esthétique. Parmi ces géosites, figure le récif corallien oxfordien du Mont Canisy[4]. En avant d'une cuesta du pays d'Auge, le mont Canisy « correspond à une butte-témoin de roches calcaires oolithiques puis récifales, d'âge Oxfordien moyen, qui surmonte l'ensemble argileux des Marnes de Villers de l'Oxfordien inférieur. La construction récifale du Mont Canisy, la plus importante de l'Ouest de la France, s'est édifiée durant 2 millions d'années dans une mer chaude peu profonde. Elle abrite de nombreux fossiles tels que des polypiers constructeurs associés à des flores et faunes périrécifales (solénopores, nérinées…). Des blocs coralliens, glissés depuis le sommet du Mont Canisy au cours des phases froides du Quaternaire, sont aujourd'hui bien visibles sur la plage de Bénerville[5] ».

Historique

Le nom du seigneur local, Hubert de Canisy, est inscrit sur la plaque de l'église de Dives-sur-Merr, parmi les compagnons de Guillaume le Conquérant.

La position élevée du Mont Canisy et sa localisation géographique face à l'estuaire de la Seine en ont toujours fait un site stratégique. Tour à tour oppidum celtique[6], fief seigneurial[7], poste de défense côtière exploité par les militaires depuis le XVIIIe siècle.

En 1762, le ministre de la Marine, le duc de Choiseul, y fait installer une batterie d'artillerie côtière, afin de neutraliser les pirates anglais qui viennent rançonner les navires marchands remontant la Touques.

Pendant la Première Guerre Mondiale, le mont abrite un fort qui sert de poste de surveillance des sous-marins ennemis.

En 1935, l'État nationalise au profit de la Marine nationale la partie nord, pour y construire une base d'artillerie. En 1938, dans le cadre du plan d'extension de la ligne Maginot, débute l'implantation de six encuvements pour canons. En juin 1940, les travaux ne sont pas terminés, le site n'est pas opérationnel.

De 1941 à 1944, les autorités allemandes rasent le terrain, réutilisent certaines casemates, font terminer les travaux de construction des six encuvements pour canons et fortifient le site pour l'intégrer au mur de l'Atlantique sous le nom de code Stp Vill 13[8]. Les batteries du mont Canisy sont utilisées pour bombarder les navires ennemis, surveiller la baie de Seine, et protéger Le Havre, un port en eau profonde.

Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel s'y rend le 16 janvier et le 25 avril 1944.

En janvier 1944, la batterie est renforcée par l'ajout de trois Regelbau 679. Un quatrième Regelbau 679, initialement prévu, n'a pas été construit.

Lors du débarquement de Normandie, les bombardiers de la RAF et les cuirassés HMS Warspite et le HMS Ramillies pilonnent le site[9]. Les navires, positionnés hors de portée des canons de la batterie, ouvrent le feu sur le site le 6 juin à 5 h 30 du matin et neutralisent l'artillerie adverse durant la majeure partie de la journée. Les explosions causent de profonds cratères et détruisent des câbles enterrés servant aux transmissions.

Le 21 août 1944, les troupes allemandes abandonnent le site, face à l'avancée alliée progressant vers l'est.

Cette batterie n'a donc pas été très utile pendant le débarquement, car très vite neutralisée.

Après la guerre

Dans les années 1950, quelques familles de sinistrés s'établissent dans les ouvrages abandonnés jusque dans les années 1970. Les élus locaux souhaitant transformer cet espace en zone naturelle, ils le classent en zone non constructible.

Musée à ciel ouvert

Le Conservatoire du Littoral acquiert le site de 27 hectares en 1979 et signe en 1993, une convention avec l'association « Les Amis du Mont Canisy » créée à la veille du 50e anniversaire du Débarquement. Cette dernière assure « la mise en valeur des ouvrages militaires et de leur environnement, l'organisation de visites avec des guides bénévoles, effectue l’entretien et réalise les différents travaux de réhabilitation[10] ».

Description

Laissé à moitié à la végétation, le site est mis en valeur par l'association « Les Amis du Mont Canisy ». Il compte une centaine d'ouvrages et de fortifications[11],[12].

De la Seconde Guerre Mondiale, sont visibles des casemates, des fortifications, des tunnels et un poste de direction de tir[13],[14].

Près d'une vingtaine d'ouvrages de guerre ont été déterrés et nettoyés par les bénévoles de l'association[15], dont :

  • une galerie souterraine de 250 m de long à 15 m sous terre[16], reliant six encuvements et trois Regelbau 679 abritant chacun un canon de 155 mm, répartis en arc de cercle[b] ;
  • une casemate de commandement ;
  • un poste de direction de tir à trois fenêtres d'observation ;
  • un Regelbau 501 ;
  • une trentaine de postes de combat fortifiés individuels de type tobrouk ;
  • deux casemates avec 2 et 3 meurtrières ;
  • trois casemates équipées à l'origine de canons de 155 mm ayant leur ligne de tir sur Le Havre ;
  • un Regelbau 612 équipé d'un canon de 105 mm antichar pointait sur la plage de Deauville ;
  • une centrale électrique ;
  • six escaliers permettent avec des rails dont on voit encore la trace, l'approvisionnement en munitions et l'accès en sécurité des différents encuvements et casemates ;
  • une longue tranchée qu'il est possible de parcourir.

Patrimoine naturel

L'enclave de la batterie est entièrement comprise dans la ZNIEFF dénommée Pelouses du mont Canisy[17], qui s'étend par ailleurs sur les communes limitrophes de Tourgéville et Saint-Arnoult.

Trois grands types de végétation sont présents :

Le mont « abrite plus de 200 espèces de plantes, dont une bonne moitié plutôt méditerranéennes ou de montagne (genévrier, genêt de teinturiers…)[19], et plusieurs espèces protégées au niveau régional (Gentiane d’Allemagne, Dompte-venin et Raiponce délicate). Royaume des orchidées, 13 espèces s’y épanouissent également d’avril à juillet. Parmi les habitants de la faune, résident trois espèces d’oiseaux protégées régionalement — le rossignol philomèle, la locustelle tachetée et l’hypolais polyglotte — plusieurs familles de papillons et une couleuvre — la coronelle lisse — protégée nationalement. Avec ses ouvrages militaires et grottes naturelles, le site favorise aussi la présence de chauves-souris[20] » (la mammofaune compte notamment le Murin de Natterer, le Grand Murin, le Grand Rhinolophe et le Murin à moustaches)[21].

Notes et références

Voir aussi

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