Montagne de Parys

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Montagne de Parys
Vue sur la mine de Parys
Vue sur la mine de Parys
Géographie
Altitude 147 m[1]
Coordonnées 53° 23′ 12″ nord, 4° 20′ 41″ ouest
Administration
Pays Pays de Galles (Royaume-Uni)
Région île d'Anglesey
Géolocalisation sur la carte : Anglesey
(Voir situation sur carte : Anglesey)
localisation
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
(Voir situation sur carte : Royaume-Uni)
localisation

La montagne de Parys (en gallois : Mynydd Parys) se trouve sur l'île d'Anglesey, sur la côte nord du pays de Galles, Royaume-Uni.

Elle est réputée pour ses deux grandes mines de cuivre, les mines de Parys et de Mona, exploitées dès l'âge du bronze. Au XVIIIe siècle la montagne de Parys est le plus gros producteur mondial de cuivre.

La montagne de Parys est située au sud de la ville d'Amlwch, dans le nord de l'île d'Anglesey[2]. Elle n'est montagne que par le nom : en réalité elle n'atteint que 147 m d'altitude[1].

Toponymie

Cette élévation de terrain est à l'origine connue sous le nom de Mynydd Trysglwyn, qui signifie “colline couverte d'arbres[3],[n 1]. Elle aurait pris son nom actuel d'après Robert de Paris ou Parys le Jeune[4], chamberlain du nord du pays de Galles[5], cité sous le règne d'Henri IV comme l'un des commissaires d'une inquisition : il a infligé des amendes aux insurgés d'Anglesey ayant soutenu la cause d'Owain Glyndŵr[6]. Henri IV l'en aurait récompensé en lui donnant la montagne qui a subséquemment pris son nom. À cette époque, le seul établissement sur la montagne était la ferme de Cerrig y Bleddia[4].

Les mines de cuivre

La montagne est dominée par la présence de deux grandes mines : la mine Parys à l'ouest et la mine Mona à l'est ; la mine Parys est plus grande mais moins profonde que la mine Mona. Sur le flanc nord-ouest se trouve la mine Morfa Du, nettement plus petite[7].

Histoire

L'activité minière à la montagne de Parys[n 2] est estimée avoir commencé entre 2245 et 1785 BC[9], au début de l'âge du bronze britannique. De cette époque il reste des preuves de l'exploitation du cuivre à au moins quatre ou cinq sites souterrains ; à quoi s'ajoute le site à ciel ouvert de la carrière Oxen près du moulin à vent du sommet, découvert par Oliver Davies au milieu des années 1930[10] puis fouillé archéologiquement et daté par l'Early Mines Research Group (EMR« G, groupe de recherche des premières mines ») en 1988[11]. Les premiers mineurs ont travaillé dans des galeries creusées jusqu'à des profondeurs de plus de 20 m, parfois en attaquant les parois au feu pour faciliter l'extraction de minerai (technique du dépilage par le feu)[4],[12] puis achevant l'extraction avec des outils en pierre, extrayant de petites pousses de minéraux oxydés le long de failles proches de la jonction avec la zone sulfurée[12].

Il existe des preuves circonstancielles de travaux romains et médiévaux, mais les mines ne redeviennent actives que dans les années 1760 avec la redécouverte de minerai de cuivre à basse teneur près de la surface[1]. La montagne de Parys est alors exploitée en tant que deux mines distinctes : la première à la ferme de Cerrig y Bleiddia en 1761, devenue plus tard la mine de Mona ; et la seconde sur les terres de la ferme voisine de Parys (mine de Parys) en 1770[13].

Au XVIIIe siècle la montagne de Parys est le plus gros producteur mondial de cuivre[3],[14] ; à son apogée, elle emploie 1 500 personnes[3]. Les importantes surfaces travaillées à ciel ouvert datent de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle ; par la suite, le minerai a été de plus en plus extrait dans des puits, généralement avec l'aide de chevaux mais dans certains cas un moteur à vapeur était utilisé. La vapeur et l'énergie éolienne ont également été utilisées pour le pompage. Le minerai était calciné sur place[1].

Dans les années 1850, la production a diminué. L'extraction du minerai de cuivre en profondeur (par des galeries) continue jusqu'à l'abandon officiel de la mine de Parys dans les années 1880[13],[1].

L'exploitation minière des gisements de plomb et de zinc se poursuit dans la mine Morfa-du, ouverte à l'extrémité ouest de la montagne[n 3]. De 1882 à 1911, les mines Mona et Morfa-du ont produit 5 259 tonnes de plomb et zinc[13] ; il semble qu'elles ont été fermées en 1911[15]. L'extraction du cuivre dans les bassins de précipitation se poursuit jusque dans les années 1950[16], lorsque sont fermées les vannes d'un barrage à étranglement près du puits Garth Daniel, dans une galerie de drainage qui réunit le Adit Level et le Dyffryn Adda adit[13].

L'exploration se poursuit avec Anglesey Mining plc, une filiale de l'Imperial Metals Corporation of Vancouver ; le chevalement moderne (photos ci-dessous) repose sur un fût coulé en 1988[1].


En réponse à une pénurie nationale de petites monnaies, la Parys Mine Company a produit ses propres pièces entre 1787 et 1793. Le penny de Parys, également connu sous le nom de penny d'Anglesey (Anglesey Penny), a été utilisé par la compagnie pour payer les ouvriers, et aussi par la population en général. On pense qu'environ dix millions de pennies et demi-pennies ont été frappés[17].

Les fouilles archéologiques

David Jenkins travaille sur le mont Parys depuis le début des années 1990[18],[19].

Pollutions induites

L'Afon Goch Sud

Les mines de Parys Mountain sont parmi les mines abandonnées les plus polluantes du Royaume-Uni[20],[n 5]. Le rejet continu de l'eau riche en métaux provenant des terrils pénètre dans la mer d'Irlande par deux rivières : l'Afon Goch Nord qui rejoint la mer à Amlwch, et l'Afon Goch Sud qui rejoint la mer dans la baie de Dulas (en)[n 6] ; d'où une sortie importante de Fe, Cu, Cd et Zn vers la mer[21].

Les précipités d'ocre se forment lorsque de l'eau acide et riche en métaux se mélange à l'eau neutre de la mer. Ces précipités sont périodiquement évacués de l'Afon Goch[n 7] lors de forts débits ; les précipités métalliques de l'Afon Goch Sud se déposent dans l'estuaire peu profond en aval de Dulas avant de se déverser dans la mer dans la baie de Dulas[n 6] à marée haute[22]. On en sait moins sur le comportement des métaux rejetés par l'intermédiaire de l'Afon Goch nord à Amlwch, bien que la dispersion des métaux dans cette partie de la côte soit probablement plus rapide car le rejet se fait directement dans la mer[23].

En 2003, un barrage souterrain dans la montagne de Parys a été démantelé dans le cadre de la gestion du drainage et des risques d'inondation ; depuis, les effluents miniers sont redirigés vers l'Afon Goch Nord, et l'Afon Goch Sud ne reçoit plus de contamination que par lessivage des boues. Subséquemment, en 2013 la diversité des invertébrés benthiques s'est multipliée par trois dans l'Afon Goch Sud[24]. Cependant, en 2009 les tissus du crustacé Talitrus saltator dans la baie de Dulas montrent toujours une concentration élevée de métaux[25] ; ce qui suggère que les effluents rejetés par la mine via l'Afon Goch sud entrent encore dans la chaîne alimentaire[23].

Protections

La mine comprend le site d'intérêt scientifique particulier (Site of Special Scientific Interest, SSSI) de Mynydd Parys, divisé en quatorze emplacements distincts ; et plusieurs Scheduled monuments (monuments historiques d'importance nationale), dont le grand gisement à ciel ouvert, le moulin à vent et la Pearl engine house[1].

Autre

Notes et références

Voir aussi

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