Elle nait dans l'ancienne colonie de la Guinée espagnole, c'est pourquoi une partie de sa vie se déroule dans la métropole, l'Espagne. Pendant la Guerre d'Espagne elle réalise le Service Social de la Femme (Servicio Social de la Mujer) devenu obligatoire dans l'Espagne franquiste[1]. Elle se rend à Barcelone pour étudier l'enseignement à l'aide d'une bourse.
Comme beaucoup de guinéennes à l'époque, elle fait partie de la Sección Femenina de la Phalange espagnole.
Lors de l'indépendance de la Guinée équatoriale en 1968 elle est déléguée du nouveau gouvernement et défend le droits des femmes qui était une cible pour les dirigeants précédents.
Elle est maire du district appelé alors Sand Fernando, aujourd'hui appelé Ela Nguema dans la province Bioko-Norte. Durant son mandat, elle inclut dans l'éducation des notions liées aux droits des femmes. Les tentatives de réforme se heurtent à de l'incompréhension et à une opposition. Cette situation amena à des affrontements contre le patriarcat qui était omniprésent dans les années 1960.
Face au régime sanguinaire de Francisco Macías Nguema, elle dut émigrer de la Guinée comme la moitié de la population. Comme beaucoup d'intellectuels de l'époque, elle va en Espagne ; c'est a Barcelone qu'elle acquiert le statut de réfugié politique.
En peu de temps elle devient la leader et dirigeante de la lutte pour les libertés et la survie de la Guinée Espagnole en Catalogne. Elle est un modèle de ces années difficiles car le régime franquiste était très discret quant à la situation post-coloniale de la Guinée Equatoriale. Pendant ces années, les gouvernements de l'Espagne franquiste et de la Guinée Equatoriale entretiennent très peu de relations, divisant ainsi la communauté guinéenne immigrée en Espagne et celle restée sur place.
Toutes ces années, elle demeurera un appui des exilés. Elle continue à lutter pour les droits des femmes et l'éducation de ses dernières. Après le Coup d'État de 1979 en Guinée équatoriale, elle y revient et meurt peu après en 1980[2].