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Morvan Lez-Breiz

roi de Bretagne entre 750 - 818 From Wikipedia, the free encyclopedia

Morvan, ou Murman ou Morman, (vers 750 (?) - 818), peut être considéré comme le premier chef d'une Bretagne unifiée. Le surnom Lez-Breiz (littéralement hanche, soutien de la Bretagne) donné à Morvan ne date que du début du XIXe siècle[1].

SuccesseurWiomarc'h
Date de naissancevers 750 (?)
Lieu de naissanceEnvirons de Priziac
Date de décèsvers 818
Faits en bref Titre, Souverain de Bretagne ...
Morvan Lez-Breizh
Illustration.
Le roi Morvan par Évariste-Vital Luminais. Le Monde Illustré, 1875.
Titre
Souverain de Bretagne
Successeur Wiomarc'h
Biographie
Date de naissance vers 750 (?)
Lieu de naissance Environs de Priziac
Date de décès vers 818
Lieu de décès Environs de Langonnet
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Onomastique

Les sources anciennes mentionnant Morvan donnent différentes variantes de ce nom : Murman dans les sources franques et Morman dans un acte du cartulaire de Landévennec daté de 821. Il s'agit d'un anthroponyme en vieux-breton. Selon Joseph Loth, il est composé des termes mor, mur pour « grand » et man « qui pense »[2].

Contexte

En effet, aux alentours de 800, deux zones divisent la Bretagne : la zone bretonne contre la zone gallo-franque ou marches de Bretagne (Rennes, Nantes, et Vannes depuis 753). Pour renforcer leurs positions, les rois carolingiens tendaient à multiplier le peuplement franc de la Bretagne et à guerroyer contre les royaumes bretons en perpétuelle révolte contre le tribut qu'on voulait leur imposer. La puissante autorité carolingienne dut faire campagne d'abord en 786 avec le sénéchal Audulf[3], puis en 799 avec le marquis Guy de Nantes et ses comtes, et enfin en 811. Les chefs bretons, régulièrement battus, sont incapables de s'unir devant l'ennemi commun, jusqu'au jour où ils s'entendent pour reconnaître comme chef Morvan[4]. Selon l'historiographie moderne, les sources indiquent que l'empereur Louis le Pieux, dit aussi Louis le Débonnaire, intervient militairement en réponse à l'élévation de Morvan au titre royal mais aussi pour poursuivre la politique d'assimilation engagée par les souverains carolingiens. Néanmoins, l'action de l'empereur s'inscrit dans un contexte plus large. Il s'agit dans un premier temps de sécuriser les marges de l'empire carolingien, notamment par la soumission des Bretons, mais surtout des Bénéventins et des Slaves[5]. D'autre part, la Bretagne pouvait revêtir une importance stratégique dans les efforts de Louis pour garantir la défense des églises et les villes de Neustrie contre les attaques vikings[6].

Biographie

Originaire des environs de Priziac (Morbihan), son château aujourd'hui disparu se trouvait probablement sur la colline de Minez Morvan dans la contrée de Le Faouët-Langonnet.

Morvan avait son camp sur les bords de l'Ellé ; Ermold écrit : « Au milieu des forêts, entourée d'un fleuve, retranchée derrière les baies, les fossés, les marécages, la demeure royale brille de l'éclat des armes et contient une garde de soldats nombreux. C'est l'endroit où Murman [Morvan] se tient le plus volontiers, y trouvant sécurité et agrément[7].

Son territoire fut le théâtre d’une bataille sanglante lors de laquelle Morvan résista victorieusement aux armées franques de Louis le Débonnaire. Ermold Le Noir rapporte comment le moine Witkar, envoyé par l'empereur Louis en ambassade auprès de « Murman » pour demander la soumission des Bretons, s'entend répondre :

« Va promptement trouver ton maître, et répète lui mes paroles. Je n'habite point sa terre, je ne veux pas subir sa loi. Qu'il règne sur les Franks, soit. Murman règne sur les Bretons. Si les Franks nous font la guerre, la guerre nous leur rendrons. Nous avons des bras nous saurons nous en servir » (…) « Hâte-toi de reporter ces paroles à ton roi : les champs que je cultive ne sont pas les siens, et je n'entends point recevoir ses lois. Qu'il gouverne les Franks ; Murman commande à juste titre aux Bretons, et refuse tout cens et tout tribut. Que les Franks osent déclarer la guerre, et sur-le-champ moi aussi je pousserai le cri du combat, et leur montrerai que mon bras n'est pas encore si faible. »

— Poème d'Ermold Le Noir, Chant troisième, traduction de 1824 (édition Brière)


Après un premier échec, Louis le Débonnaire organise en personne la réplique et poursuivit Morvan jusqu'en Langonnet. Ce dernier fut tué en 818 dans un lieu non identifié à ce jour, mais probablement quelque part entre Priziac et Carhaix, sans doute près du lieu-dit Minez-Morvan (situé en Langonnet) [1].

« Il [Louis] marcha de sa personne en Bretagne avec une armée considérable, et tint à Vannes l'assemblée générale de la nation. Entrant ensuite dans la province dont il vient d'être parlé, il prit toutes les places fortes des rebelles, et se rendit bientôt maître sans beaucoup de fatigue du pays entier. Après en effet que Morman qui s'y était arrogé l'autorité royale au mépris de l'usage constant des Bretons, eut été tué par les troupes de l'empereur il ne se trouva plus un seul Breton qui résistât, ou qui refusât soit d'obéir aux ordres qu'il recevait, soit de fournir les otages qu'on exigeait de lui »

— Annales d'Éginhard, (Année 818)

« Morman ayant été tué au milieu des bagages du camp par un écuyer du roi nommé Choslon, toute la Bretagne vaincue succomba avec lui… »

— l’Anonyme dit L'Astronome, (Année 818)


Selon Joëlle Quaghebeur, Morvan serait le père ou le grand-père de Nominoë[8].

Postérité

D'après quelques légendes locales, Morvan serait inhumé sous le tumulus de Kermain (en Langonnet)[9], qui date pourtant de l'âge du bronze[10].

Ses exploits sont relatés dans le Barzaz Breiz où le surnom de « Lez-Breiz », littéralement « hanche » c'est-à-dire support de la Bretagne lui est attribué[11].

La communauté de communes du Pays du Roi Morvan (CCPRM) a été créée le , et renommée Roi Morvan Communauté en 2019. Elle a été nommée ainsi en l'honneur du roi Morvan, qui avait son camp sur les bords de l'Ellé (soit à Langonnet, soit à Priziac).

Notes et références

Bibliographie

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