Mousse de caoutchouc
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Le caoutchouc mousse, usuellement désigné sous les vocables de caoutchouc cellulaire, caoutchouc-éponge ou caoutchouc expansé, est un matériau polymère caractérisé par une structure alvéolaire obtenue par l'incorporation d'un agent d'expansion. La production commerciale recourt principalement à des élastomères synthétiques, au latex naturel ou à des polyuréthanes. Le caoutchouc mousse de latex, employé dans l'industrie de la literie, est reconnu pour sa pérennité. Quant au polyuréthane, il s'agit d'un polymère thermodurcie résultant de la polyaddition entre le diisocyanate de méthylène et le polyéthylène glycol, à laquelle sont adjoints divers adjuvants chimiques[1].

Histoire de la fabrication
L’invention du caoutchouc mousse remonte à 1929, œuvre des chimistes de recherche E.A. Murphy et Eric Owen[1], alors en activité au sein de la société Dunlop Rubber. Leur procédé initial mettait en œuvre du latex fouetté. Une étape décisive fut franchie en 1937 avec l’introduction primordiale de matières à base d’isocyanates dans sa formulation. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les mousses d’origine naturelle furent en grande partie supplantées par le caoutchouc styrène-butadiène. L’emploi commercial de ce matériau dans de multiples applications se généralisa à compter de la décennie 1940.
L’éther-polyuréthane, une variété de caoutchouc synthétique, fut initialement mis au point et obtint sa protection par brevet durant la décennie 1950, grâce aux travaux du chimiste Charles C. Price[2]. De nos jours, les mousses de polyuréthane constituent, en termes de masse, plus de 90 % de l’ensemble du marché de ces polymères. Les domaines d’application principaux de ces matériaux recouvrent le bâtiment, les transports, l’industrie de l’ameublement, l’insonorisation, l’absorption des vibrations et la confection des revêtements de sol. Le secteur de la construction consomme à lui seul 27 % de la production, talonné par celui des transports qui en absorbe 21 %. En ce qui concerne les volumes commerciaux, les mousses flexibles en représentent 44 %, tandis que les mousses rigides se partagent 28 % du marché états-unien.
Processus de fabrication
La cinétique de polymérisation peut osciller entre quelques secondes et de multiples minutes. Les polymères à cinétique véloce possèdent des cycles de réaction concis, nécessitant l'emploi d'appareils pour l'agrégation des réactifs. À l'inverse, les polymères à cinétique languissante peuvent faire l'objet d'un mélange manuel ; toutefois, la longueur opératoire de cette méthode conduit l'industrie à lui préférer, de manière usuelle, l'utilisation de malaxeurs mécanisés. Concernant les procédés de mise en œuvre, on relève principalement la pulvérisation, le coulage à pleine airée et le moulage.
- Préparation des matières premières — Les matières premières liquides et solides arrivent généralement sur le site par voie ferrée ou routière. Une fois déchargées, les matières liquides sont stockées dans des réservoirs chauffés. Pour la production de plaques, on utilise généralement deux flux de polymères ou plus.
- Mélange — Le dosage continu, également appelé coulée libre, est principalement utilisé pour la fabrication de mousses rigides à faible densité. Des quantités précises de produits chimiques sont mélangées dans une tête de mélange, semblable à un mélangeur industriel. La mousse est ensuite coulée sur un tapis roulant où elle durcit avant d'être découpée.
- Durcissement et découpe — Après durcissement sur le convoyeur, la mousse est acheminée vers une scie à ruban horizontale. Cette scie découpe les pièces aux dimensions requises pour l'application. Les entreprises générales utilisent des dimensions de 1,22 m × 3,66 m × 5 cm.
- Transformation ultérieure : Une fois découpées et durcies, les plaques peuvent être vendues ou transformées par un procédé de stratification. Ce procédé transforme les plaques en panneaux de mousse rigide. Ces panneaux sont utilisés pour l’isolation des toitures métalliques, des fours et pour de nombreux autres produits durables.
- Mélange de polymères : Des technologies de mélange avancées, telles que les mélangeurs à cisaillement élevé et les extrudeuses bivis, sont utilisées pour mélanger les polymères et obtenir une structure moléculaire uniforme. Ceci contribue à optimiser la qualité et la consistance du produit final, à réduire les déchets et à accroître l’efficacité de la production.
- Traitement thermique post-cuisson : Certains produits en mousse subissent un traitement thermique secondaire, appelé post-cuisson, afin d’améliorer leur durabilité et leur stabilité dimensionnelle. Ce traitement garantit que la mousse conserve son intégrité structurelle sous des conditions de température variables, ce qui est particulièrement utile dans les applications automobiles et aérospatiales.
- Revêtement de surface : Afin d’améliorer les performances des matériaux en mousse, divers revêtements de surface, tels que des retardateurs de flamme ou des couches résistantes aux UV, sont appliqués. Ceci est particulièrement important pour les applications extérieures où le matériau en mousse peut être exposé au soleil ou à des conditions environnementales difficiles.
- Recyclage et durabilité : De nombreux fabricants adoptent des systèmes en circuit fermé pour recycler les chutes de mousse et les réintégrer dans le processus de production. Cela permet de minimiser les déchets et de rendre la fabrication plus respectueuse de l’environnement en réduisant la consommation de matières premières et d’énergie.
- Contrôle et essais de qualité : Le processus de fabrication comprend de multiples contrôles de qualité, tels que l’inspection visuelle, les tests de densité et les essais de contrainte-déformation. Ces contrôles garantissent que le produit final en mousse répond aux normes requises en matière de performance, de sécurité et de durabilité.
Propriétés physiques
Le caoutchouc mousse se caractérise par un ensemble de propriétés physiques notables, incluant sa légèreté, sa flottabilité, son pouvoir amortissant, ainsi que ses capacités d’isolation thermique et phonique, d’absorption des chocs et de réduction des coûts[1]. Dans la fabrication des mousses à base d’éthylène-acétate de vinyle (EVA) et d’autres polymères tels que le polyéthylène basse densité linéaire (LLDPE), le polyéthylène basse densité (LDPE), le polyéthylène haute densité (HDPE), le polypropylène (PP) et les élastomères thermoplastiques (TPE), le procédé de réticulation est employé. Cette opération constitue une phase cardinale de la production, indispensable à l’obtention d’une expansion optimale et au développement des propriétés physiques escomptées. La réticulation consiste en l’établissement de liaisons chimiques interchaînes au sein de la matrice polymère. Dans le contexte de la fabrication du caoutchouc mousse, elle permet de stabiliser l’expansion des alvéoles, d’accroître la résistance à l’affaissement sous l’effet de la chaleur et de parfaire l’ensemble des propriétés physiques du matériau.
Recyclage
La complexité inhérente aux diverses compositions chimiques des polyuréthanes entrave singulièrement l'établissement d'un protocole de recyclage univoque pour le caoutchouc mousse. Actuellement, la praxis la plus prégnante consiste en le réemploi des blocs de mousse comme sous-couche de tapis. Ce procédé procède du concassage des reliquats de production, lesquels sont ensuite agglomérés en flocons afin de façonner des strates continues. D'autres techniques, relevant de la granulation, visent à disperser les particules au sein d'un mélange de polyols. Ce mélange est alors coulé dans une matrice pour engendrer une pièce de facture identique à l’archétype initial. Bien que les méthodes de retraitement de cette matière demeurent à ce jour à l'état de gestation, l'évolution des connaissances techniques laisse présager l'émergence de solutions de revalorisation plus efficientes.
Le polyuréthane expansé, communément désigné sous l'appellation « caoutchouc mousse », conserve une place prépondérante au sein de la production industrielle contemporaine. Cette pérennité s’explique par ses qualités intrinsèques de robustesse, d’adaptabilité et son spectre d’usages étendu. Qu’il s’agisse de fonctions d’isolation thermique ou phonique, d’amortissement des chocs ou de l’atténuation des oscillations mécaniques, ce matériau constitue un élément récurrent et souvent indispensable dans des processus manufacturiers diversifiés.
Voir aussi
- Mousse polymère
- Procédé Talalay, méthode de production de mousse de caoutchouc naturel moulée de densité uniforme