Mr. Big (opération policière)
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Mr. Big, également connu sous le nom de la technique canadienne, est une technique d'investigation utilisée par des policiers sous couverture afin de recueillir des confessions de la part de suspects, permettant ainsi de poursuivre ces derniers par la suite. Cette technique est utilisée dans certaines parties du Canada et de l'Australie.
Réservée aux crimes graves non résolus, la technique a permis d'obtenir des aveux puis des déclarations de culpabilité dans des centaines de dossiers. Les aveux obtenus sont souvent étoffés et confirmés par d'autres éléments de preuve[1].
Cette technique implique qu'un ou des agents de police gagnent la confiance des suspects en entraînant ces derniers dans une escalade de crimes fictifs. Une fois le ou les suspects impliqués dans ces « crimes », les agents tentent de les persuader de révéler les informations recherchées pour le crime dont ils sont suspectés à la base[2],[3].
Cette technique d'enquête est extrêmement complexe et nécessite une quantité importante de ressources humaines et financières. De ce fait, la technique est utilisée pour des cas de crime majeurs non résolus (meurtre, tentative de meurtre, etc.) pour lesquels aucune accusation n'a jamais été portée contre un suspect[4].
La technique d'enquête Monsieur Big est une invention canadienne. Bien que sa première ébauche paraisse remonter à 1901, sa version moderne date des années 1990, et la police continue d'y recourir depuis. Selon la GRC en Colombie-Britannique, en 2008, la technique avait été utilisée plus de 350 fois au Canada[5],[6]. La technique est développée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au début des années 1990 à Vancouver, en Colombie-Britannique, dans un cas d'affaire classée sans suite liée à un meurtre[2].
Au milieu des années 2000, la technique a été utilisée environ 180 fois au Canada et mène à la confession ou à l'écartement du suspect de l'affaire dans 80 % des cas[7]. À la même époque, en Australie, à Victoria, la technique a été utilisée dans environ 20 cas depuis les années 1990 et a mené à la confession de plusieurs meurtriers[8]. La police australienne a entrepris des procédures judiciaires pour tenter, sans succès, de supprimer les publications révélant les détails de ces tactiques[2].
Cette technique d'enquête a fait l'objet de plusieurs critiques au fil des années dû à des cas de fausses confessions de la part d'individus suspectés pour des crimes qu'ils n'avaient, finalement, pas commis[4].
En , dans l'arrêt R. c. Hart 2014 CSC 52, la Cour suprême du Canada a déterminé, dans une décision unanime, que cette technique doit être mieux encadrée[9], reprenant entre autres les arguments de l'Association canadienne des libertés civiles.
Les opérations Mr Big ont été utilisées à deux reprises dans des cas d'enquêtes ayant mené à des accusations liées à du terrorisme (R. c. Habib et R. c. Nuttall)[4].