Mraha wa tso
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Jeu de société
| Autre nom | Bao |
|---|---|
| Date de 1re édition | Il y a environ 1500 ans |
| Mécanisme | Semis |
| Joueur(s) | 2 à 2 |
| Âge | À partir de 4 ans |
| habileté physique |
réflexion décision |
générateur de hasard |
info. compl. et parfaite |
Le mraha wa tso également appelé « le jeu avec des graines » en français, est un jeu traditionnel comorien identique au bao de Zanzibar. Il fait partie de la grande famille des mancalas. On le trouve aux Comores et à Mayotte[1]. Les règles du jeu varient en fonction des régions où il se pratique.
Dans la classification des mancalas, le mraha wa tso est un jeu de semis à quatre rangées et deux cycles[2].
Les joueurs se positionnent en face d'un tablier (planche en bois avec une série linéaire de creux) où ils s'échangent à tour de rôle des graines en bois. Une fois qu'un des deux joueurs a vidé toutes les graines de la rangée interne adverse, alors le jeu se termine.
Les mancalas ne sont pas des jeux très anciens et leur antiquité supposée (« Il serait apparu il y a plus de 3000 durant l'antiquité ») n’est pas démontrable. La plus ancienne allusion au manqalah date du Xe siècle et se trouve dans le Kitāb al-Aghānī compilé par Abu al-Faraj al-Isfahani (897-967)[3].
Cependant, des trouvailles archéologiques permettent de comprendre que le jeu est plus ancien. Des plateaux de mancala des VIe siècle et VIIe siècle ont été retrouvés en Éthiopie et en Érythrée, datant de l'époque du royaume d'Aksoum : les historiens actuels considèrent ainsi que la Corne de l’Afrique pourrait être le berceau de ce type de jeu.
Le jeu s'est diffusé en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes[4]. Les premiers mancalas présentent deux rangées et sont à un cycle, la variété à deux cycles s'est répandue vers le sud le long du Nil jusqu'à la version des Grands Lacs, peut-être introduite par des pasteurs nilotiques fuyant la pression arabe. Par la suite, ces mancalas à quatre rangs et deux cycles se sont répandus en Afrique centrale et en Afrique de l'Est, particulièrement dans les régions où l’on parle swahili. C’est ainsi que le mraha wa tso a gagné les Comores.
Le premier Européen à faire connaître le mraha comorien est l’orientaliste anglais Thomas Hyde, qui le décrit (en latin) dans son livre Mandragorias seu Historia shahiludii (De ludis orientalibus libri duo), Oxford, 1694 (t. II, p. 232), d’après le fils du roi d’Anjouan, venu en émissaire à la cour d’Angleterre.
« Apud Hanzoanitas Ludus eorum linguâ dictus مرحة Moráhha (ut mihi dixit Abdallâh Shâh Regis Hanzoan filius ad Regem Angliæ Legatus) est Ludus quidam huic præcedenti non absimilis, qui Lapillis itidem luditur. » (Chez les Anjouanais, il y a un jeu nommé dans leur langue مرحة Moráhha (comme me l’a dit Abdallâh Shâh, fils du roi d’Anjouan, ambassadeur auprès du roi d’Angleterre), qui ne diffère guère de celui qui précède [le mancala, dont Hyde vient de parler] et qui se joue également avec des cailloux.)
Connaissant un fort succès dans l'archipel comorien, il continue à être pratiqué de nos jours par toutes les tranches de générations. Traditionnellement, le mraha wa tso se joue dans des cavités creusées dans le sol. Les graines normalement issues de l’arbuste Caesalpinia Crista ou Caesalpinia Bonducella[5] peuvent être remplacées par des cailloux.
