Muhamad Al Hajuji
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Muhammad Al Hajuji (en arabe : محمد الحجوجي), né le 27 ramadan 1297 AH (1880) à Fès et mort le 3 jumada ath-thani 1370 AH (1951) à Demnate, est un Muhaddith, juriste malikite, théologien et Tijani. Il est également chérif idrisside marocain. Considéré comme un pôle spirituel (Qutb) de la confrérie Tijaniyya au XXsiècle[1].

Biographie
Origines et formation
Issu d'une lignée chérifienne hassanide remontant au prophète Mahomet par Moulay Idriss I, il naît à Fès. Formé à l'université al-Qarawiyyīn dès 1900, il étudie les sciences islamiques (hadith, exégèse, théologie ash'arite, droit malikite), les mathématiques, l'astronomie et la linguistique auprès de maîtres renommés comme Muhammad Ibn Ja’far Al-Kattānī, Mahamad Guenoune et Ahmed Al-Jīlālī. Il rencontra le Sheikh Ahmed Skiredj et le Sheikh Abdul Hay Al Kattani lors de ses études[2]. Il est également connu pour sa relation avec le Muhaddith et expert de la biographie prophétique (sira), Yusuf An Nabahani.
Parcours spirituel
Initié à la Tijaniyya par le maître Sidi Al-Ahsan Al-Bāqilī, il connaît des expériences mystiques précoces . Il enseigne à al-Qarawiyyīn et rédige le Kitāb Nayl Al-Murād, recueil de ses chaînes de transmission (isnād). Ainsi qu'une prosopographie des savants de la voie Tijani intitulé "Ithaf ahl al al maratib al 'irfaniya bi dhikr ba'd rijal al tariqa al tijaniya" authentifié et édité en 8 volumes par Mohammed Erradi Guenoune[3].
Position politique
Opposé à la présence coloniale française, un épisode emblématique rapporte son refus de saluer un administrateur colonial [2]:
« Je ne pouvais serrer la main d’un mécréant après avoir serré celle du Messager d’Allāh. »[2]
Doctrine et héritage
- Affiliation soufi : Il insiste sur les conditions de la Tijanniya, pronant l'attachement ferme aux 5 prières canoniques, au Livre Saint (Quran), aux traditions prophétiques (Sunna) ainsi qu'aux conditions de validité des oraisons obligatoires[2].
- Pratiques : Rejetant la danse extatique (raks) au sein de la voie Tijani, il prône un dhikr sobre « tel un arbre qui oscille »[2].
Décès
Il meurt à Demnate le 3 jumada ath-thani 1370 AH (1951), après avoir enseigné un hadith sur « la perte des savants, plus lourde que la disparition d’un peuple ». Inhumé sur place, son tombeau reste un lieu de visite dans la région[1].
Postérité
Il est considéré comme un maillon clé de l'héritage scientifique et spirituel Tijani aux côtés de son contemporains Ahmad Skiredj. Son influence persiste au Maroc? en Afrique de l'Ouest et en Asie via ses disciples[3]. Ses ouvrages sont encore en cours de retranscriptions et d'éditions.
