Muhammad al-Bahi
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Muhammad al-Bahi (arabe : محمد البهي), né le 3 août 1905 à Chebreiss et mort le 10 septembre 1982, est un ouléma, écrivain et homme politique égyptien. Penseur islamique renommé et figure emblématique de l'université al-Azhar, il est connu pour ses travaux de réforme religieuse et sa critique du colonialisme culturel et intellectuel.
| Recteur de l'université al-Azhar | |
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Aḥmad Ḥasan Bāqūrī (d) |
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(à 77 ans) |
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| Religion |
islam sunnite |
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Biographie
Jeunesse et formation
Muhammad al-Bahi naît le 3 août 1905 à Chebreiss, dans le gouvernorat de Beheira. Il mémorise le Coran dès l'âge de dix ans, puis poursuit ses études religieuses dans les instituts d’Al-Azhar à Damanhour, Tanta et Alexandrie, obtenant finalement le certificat secondaire d’Al-Azhar avec un mention très bien[1].
Il poursuit ensuite ses études à l’université d’Al-Azhar au Caire et obtient un diplôme spécialisé en rhétorique et littérature en 1931. La même année, il est envoyé en Allemagne comme boursier où il étudie la philosophie à l’université de Hambourg, obtenant un doctorat en philosophie et études islamiques en 1936 avec une thèse sur « Le Cheikh Mohamed Abduh et l’éducation nationale en Égypte »[2].
Carrière académique et administrative
De retour en Égypte, al-Bahi enseigne la philosophie islamique et grecque à la Faculté des Fondements de la religion, puis devient professeur et chef du département de philosophie à la Faculté de langue arabe. Il enseigne également dans plusieurs universités.
Il occupe des fonctions administratives importantes à l'université d'al-Azhar, notamment directeur général des questions culturelles musulmanes[3]. Il en devient le premier recteur à la suite de la réforme en 1961. Entre 1962 et 1964, il est ministre des Affaires religieuses et des Affaires d’Al-Azhar dans le gouvernement de Gamal Abdel Nasser.
Pensée
Al-Bahi s’est opposé aux idées des penseurs musulmans modernes influencés par la pensée occidentale[4]. Il plaide pour une réforme islamique fondée sur les sources traditionnelles, en rejetant à la fois l’extrémisme et l’importation non critique des idées étrangères. Il est proche du savant d'al-Azhar Mustafa al-Maraghi[4].
Son essai La Pensée islamique moderne et son lien avec la colonisation occidentale, publié en 1957, rencontre un fort succès, au point où il est épuisé l'année même de sa parution[3].
Œuvres principales
- Al-Dīn wa al-Dawla min Tawjih al-Qur’ān (La religion et l’État à la lumière du Coran)
- Al-Islām fī al-Wāqi‘ al-Iydiyūlūjī al-Mu‘āṣir (L’islam dans l’idéologie contemporaine)
- Ṭabaqiyyat al-Mujtama‘ al-Ūrūbbī wa In‘ikās Āthārihā‘ …
- Manhaj al-Qur’ān fī Taṭwīr al-Mujtama‘
- Tahāfut al-Fikr al-Mādī al-Tārīkhī
- Min Mafāhīm al-Qur’ān fī al-‘Aqīda wa al-Sharī‘a
- Al-Mujtama‘ al-Ḥaḍārī wa Taḥaddiyātih
- Al-Islām fī Ḥayāt al-Muslim
- Ḥayātī fī Raḥāb al-Azhar (autobiographie)
- Al-Fikr al-Islāmī al-Ḥadīth wa Ṣilatih bi al-Isti‘mār al-Gharbī (La Pensée islamique moderne et son lien avec la colonisation occidentale)
- Al-Ikhā’ al-Dīnī wa Majma‘ al-Adyān wa Mawqif al-Islām