Les munjado, ces paravents calligraphiés[3], montrent, de manière ostentatoire, l'appartenance au milieu des lettrés. Ces caractères reflètent l'idéologie confucéenne des vertus, grands principes de la morale yangban, l'idéologie servant ici de motif décoratif, à laquelle se mêle le souci de se protéger du « mauvais augure », un souci auspicieux venu du taoïsme. Le jeu sur les caractères est de tradition ancienne en Chine, mais la Corée a fait une spécialité caractéristique d'un courant de cet art populaire que l'on appelle minhwa. Les caractères sont agrémentés de motifs secondaires qui introduisent des éléments d'humour en relation avec les connotations du calligramme. Ils apportent de la couleur et renforcent l'aspect décoratif de l'ensemble[1].
Les motifs calligraphiques et les objets du lettré (chaek'kori) sont les peintures les plus représentatives de la production ornementale de l'époque Joseon[4].
Parmi les vertus, il peut y avoir une des huit vertus (八德) confucéennes. Chaque caractère évoque une vertu.
- 忠 (zhōng), fidèle, dévoué ;
- 孝 (xiào), piété filiale ;
- 仁 (rén), l'humanité, la bienveillance ;
- 爱 (ài), l'amour, l'affection ;
- 信 (xìn), la confiance ;
- 义 (yì), la justice ;
- 和 (hé), la gentillesse ;
- 平 (píng), la quiétude.
On peut également y trouver.
- 悌 (tì), l'amour et le respect pour les frères ainés ;
- 恕 (shù), la tolérance ;
- 智 (zhì), la sagesse ;
- 礼/禮 (lǐ), la politesse, la courtoisie.
Des munjado datant de la dynastie Yi et de la dynastie Joseon ont été retrouvés.